‹ Le comte d'Egmont et le comte de Hornes (1522-1568) d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 111 sur 187 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Termonde, mais elle jugea que c’était un parti arrêté dans son esprit (1).

Le jeudi, 3 octobre, vers dix heures du matin, le comte d’Egmont arriva dans la ville de Termonde, où l’attendaient le prince d’Orange et le comte de Hontes. Il témoigna quelque surprise de voir avec le prince Louis de Nassau, son frère, ainsi que le comte d’Hoogstraeten , suivis de plusieurs gentilshommes engagés dans la confédération. Il déclara même plus tard que, s’il avait prévu la présence de ces derniers, il ne serait pas venu, pour prévenir les propos du public et aussi parce qu’il ne se souciait pas de se trouver alors en grandes compagnies (2). Le comte de Hornes ne s’était non plus attendu à rencontrer à Termonde le comte de Hoogstraelen, son beaufrère. Comme il lui marquait son étonnement, Hoogstraeten repartit qu'il était venu pour le voir et pour lui faire part des affaires dans lesquelles il avait été employé. Le comte de Hornes, très aigri, s’écria : « Heureux ceux qui, dans les circonstances présentes, ne sont mêlés à aucunes négociations! » Il conseilla à son beau-frère de se retirer dans sa maison et déclara, que, pour lui, il était décidé à ne plus intervenir dans les affaires de Tournai (3).

Tous les personnages venus à Termonde, s’étant réunis dans une chambre, le comte de Hornes, pour justifier son mécontentement, montra les lettres qu’il avait reçues de la régente relativement aux affaires de Tournai. Il se plaignait surtout de la méfiance injurieuse dont il était l’objet, puisque, sans égard pour l’autorité dont il avait été revêtu, Moulbais refusait de lui obéir et avait reçu des ordres particuliers concernant la garde du château de Tournai.

Le comte d’Egmont n’avait pas non plus à se louer des procédés de la régente à son égard. Elle n’avait pas ratifié l’am-

(1) La duchesse de Parme au roi, 15 octobre 1566 ( Correspondance de Philippe If, t. I", p. 474).

(î) Défense personnelle du comte d’Egmont. Procès , p. 140.

(3) Réponse personnelle de Ph. de Montmorency , comte de Mornes, etc. Supplément aux guerres civiles, t. II, p. 170.

nistie générale proposée par le gouverneur de la Flandre ; elle n’avait pas voulu consentir à ce qu’il fut pardonné généralement h ceux qui avaient pris les armes, saccagé les églises et commis des sacrilèges; elle promettait seulement de se montrer indulgente k l’égard de ceux qui, s’étant laissé abuser et séduire, se repentiraient et viendraient demander pardon, en considérant encore 1 âge et le sexe (1).

Les seigneurs délibérèrent ensuite sur la lettre écrite d’Espagne par le baron de Montigny. L’ambassadeur de la régente et du conseil d’Ëtat des Pays-Bas déplorait les désordres dont ces provinces étaient devenues le théâtre depuis son départ et conjurait son frère d'user de toute son influence afin de remédier k cet état des choses. Les seigneurs présents témoignèrent vivement le désir de s’employer pour rétablir l’ordre; mais ils ne voyaient d’autre remède efficace que la présence du roi ou l’assemblée des États-Généraux (2).

Le prince d’Orange et le comte d’Egmont produisirent une copie delà dépêche attribuée à don Francès de Alava, ambassadeur de Philippe II k Paris, et adressée, sous la date présumée du 29 août, k la régente des Pays-Bas. Tout en conseillant k la sœur de Philippe II de dissimuler, don Francès ne lui laissait pas ignorer que le roi ferait châtier, comme ils le méritaient, les trois seigneurs qui faisaient si bonne mine. Authentique ou non, cette dépêche concordait trop avec toutes les nouvelles

(I) La duchesse de Parme au roi, Ï7 septembre 1.7G6. Correspondance de Philippe II, t. 1", p. 4G6.

(î) Défense personnelle du comte d’Kgmont, etc. Procès, p. 111. — Réponse personnelle du comte de Ilorncs, dans le Supplément aux guerres civiles, t. I", p. 16G-170. — Déduction de l'innocence, etc., p. 1 15. — « Le prince d’Orange et le comte de Ilornes, dit Renon de France, sollicitèrent et importunèrent beaucoup le S’ comte d’Egmont de pouvoir entrer en quelque convocation laquelle il leur accorda en la ville de Bruxelles ; car sur toutes choses desiroient le gagner et le tirer à leur parti pour sa réputation, valeur et expérience au fait de la guerre, sous espoir qu’il scroit suivi de tous les bons soldats et capitaines. F.nfln lui envoyèrent copie d’une lettre du S' de Montigny écrite au comte de nomes, son frère, et à vive instance l’attirèrent à Termonde où l’original fut exhibé... » Histoire des causes delà désunion, etc., MS., 1” partie, chap. XL.

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