‹ Le comte d'Egmont et le comte de Hornes (1522-1568) d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 119 sur 187 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

veiller au bon ordre, de concert avec le magistrat et le commandant du château. Le magistrat, tout en adhérant à cette résolution, supplia le comtede vouloir, pour le bien de la ville, revenir bientôt à Tournai, d’y revenir môme dans huit jours, si la régente y consentait. Le comte, ayant mandé Moulbais, déclara qu’il laissait d’Escaubecque et de Noyelles en la ville, pour, de concert avec le capitaine du château et le magistrat, faire respecter la transaction conclue entre les deux partis. Il supplia d’Escaubecque, également présent, d’accepter cette charge (1).

Les consaux, s’étant assemblés le 11 octobre, résolurent de s’adresser à la régente pour qu’elle renvoyât le comte de Homes à Tournai. Une grande agitation régnait parmi les réformés, Moulbais refusant de leur promettre que des gens de guerre ne seraient pas introduits dans le château, pendant l’absence du comte. L’alarme augmenta lorsque le bruit se fut répandu que deux mille soldats allaient entrer dans la forteresse pour dompter le peuple. Le comte de Hornes, ne voulant point laisser la multitude dans cette appréhension, manda Moulbais. Il lui signala l’agitation du peuple, puis le requit de donner l’assurance publique que, pendant son absence, il ne souffrirait point que d’autres soldats entrassent dans le château, avant de l’avoir averti et d’avoir reçu une réponse. Moulbais, se conformant aux ordres de la régente, refusa cette promesse. Le comte, très irrité, lui dit alors avec hauteur qu’il pourrait bien, à sa requête, donner ladite promesse au peuple, qu’il en prenait la responsabilité vis-à-vis de la cour, lui, qui était son supérieur, prince, chevalier de l’Ordre et qui avait commission expresse pour la pacification des troubles. Mais Jean du Chasteler refusa obstinément l’assurance demandée; il ajouta même que si la régente lui commandait de mettre des gens de guerre au château, il les y mettrait. Alors le comte, exaspéré, résolut de différer son départ, et il envoya aussitôt un courrier à la régente afin de lui faire connaître le refus de

(1) Mémoires de Pasquier de Le Barre, t. 1", p. 194-195.

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Moulbais. En attendant la résolution de la duchesse de Parme, il se retira au château d'Antoing (1).

La réponse de la régente lui parvint le 14. Marguerite de Parme continuait d’insister pour que le comte revint immédiatement à Bruxelles. Elle disait ensuite que l’assurance qu'il désirait du seigneur de Moulbais ne lui semblait pas nécessaire: car si ceux de la ville se tenaient en repos, ils n’avaient rien à craindre du capitaine du château. Tout ce qu’elle pouvait concéder, c’était la promesse qu’elle ne mettrait ni n’enverrait de nouveaux gens de guerre dans la forteresse pendant les quatre ou six jours qu’elle conférerait avec le comte h Bruxelles, (2).

Le 13, le comte de Homes manda au château d’Antoing le capitaine du château de Tournai, quelques membres principaux du magistrat, quelques marchands et d’autres représentants de la nouvelle religion. Il leur dit que, obligé de se rendre aux invitations réitérées de la régente, il devait partir sans plus de retard. Il fit alors promettre à Moulbais, suivant les lettres écrites par la gouvernante, que, durant son absence, la garnison du château n’entreprendrait rien contre ceux de la ville. II partit ensuite pour Bruxelles, après avoir fait aux réformés une concession qui fut plus tard transformée en crime. Ils l’avaient prié de les autoriser à tenir leurs prêches dans la Halle aux draps, sur le Marché, durant la saison d’hiver, et pendant que l’on construisait le temple protestant hors de la porte Cocquerel. Le comte y consentit, malgré l’opposition du magistrat; il y consentit provisoirement, de peur que, le mauvais temps et la pluie survenant, le peuple ne s’emparât de quelque église dans la ville. Mais il mit pour condition expresse à cette autorisation que si la régente ne la confirmait point, les réformés seraient obligés de renoncer immédiatement à l’occupation de la Halle. On lui sut aussi très mauvais gré de

(1) Le comte de Homes à la régente, Il octobre 1366, dans le Supplément aux guerres civiles, t. II, p. 463. Voir aussi Mémoires de Pasquier de Le Barre, 1. 1", p. 201-203.

(2) La gouvernante des Pays-Bas au comte de Homes, dans le Supplément aux guerres civiles, t. II, p. 486.

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