CHAPITRE XII. — 156G
tait également l’avis qu’il fallait ériger des châteaux dans quelques villes principales. Il suppliait le roi d’accélérer sa venue : c’était l’unique moyen, selon lui, d’affermir la tranquillité du pays. Dans une autre lettre, datée du 26 juin, il exprimait sa satisfaction d’avoir appris, par des dépêches du mois de mai, que le roi était satisfait de sa conduite en Flandre et à Valenciennes. Il le suppliait de tenir pour certain qu’il ne s’était effectué aucune entreprise contre les rebelles, sans son avis, et que, même dans les plus grandes difficultés, il avait payé de sa personne, comme en pourraient témoigner la régente et ceux du conseil. Si les nécessités du temps l’avaient obligé de procéder selon les circonstances, plus lentement qu’il n’avait paru convenir à quelques-uns, la raison et la loyauté méritaient qu’on en tînt compte. « J’espère en Dieu, ajoutait-il, de pouvoir faire connaître quelque jour, particulièrement à ceux-ci, qu’il a été nécessaire que je ne procédasse autrement, parce que le service de V. M. n’y aurait gagné. » Il priait de nouveau Philippe II de hâter sa venue : « Si les affaires du pays n’y « rendaient ma présence nécessaire, disait-il, je prendrais la « poste pour aller au devant de V. M. et l’accompagner dans « son voyage (1). »
C’était cette assurance, sans cesse répétée, de la venue prochaine du roi qui tranquillisait le comte d’Egmont et le comte de Hornes, qui les encourageait â remplir les devoirs de leurs charges et à recevoir le duc d’Albe comme le représentant du souverain (2). Leurrés et trompés par les démonstrations hypocrites de Philippe II, les deux seigneurs restèrent donc dans le pays et attendirent le duc d’Albe. Alors commença la tragédie prédite par Guillaume le Taciturne.
(1) Correspondance de Philippe 11, 1. 1", p. 553 et 547.
(ît Voir, dans te Supplément aux guerres civiles, t. II, p. 555-556 deux lettres intéressantes, datées du 14 et du 18 juillet, et adressées par le comte de Hornes à Mnntigny. Il veut, en sa qualité d'amiral, conduire le roi dans les Pays-Bas; il n'aura pas de peine à se justifier « des fausses calomnies qne l'on met sus aux gens de bien, etc., etc. »