CHAPITRE. XIV
Le conseil des Troubles est charge d’instruire le procès des comtes d'Egraont et de Homes.— Le licencié Juan Vargas ; le docteur Louis del Rio ; l’avocat Claude Bélin. — Étroite captivité des deux comtes au château de Gand. — Plaintes adressées par Sabine de Bavière à Philippe II.
— Inflexibilité du roi. — Vaine intervention de l’empereur Maximilien II. — Le roi enjoint an duc d’Alhe d’accélérer le procès. — Départ de Marguerite de Parme; sa conduite â l'égard des seigneurs prisonniers. — Interrogatoires du comte de Hornes.— Alonse de Laloo, secrétaire du comte de Homes, infidèle à son maître. — Interrogatoires du comte d’Egmont. — Sabine de Bavière et les comtesses do Hornes invoquent en vain les privilèges do l’ordre de la Toison d’or. — Le comte d’Egmont nomme le duc d’Albe son procureur pour qu’il le fasse jouir de ces privilèges. — Philippe II enjoint à son lieutenant do no pas en tenir compte. — Acte d’accusation rédigé par le procureur général du conseil des Troubles. — Mémoire de défense dn comte de Hornes. — Protestations et défense du comte d’Egraont. — Belle conduite de Sabine de Bavière et de Landas, procureur judiciaire du comte d’Kgmont. — Les États' de Brabant prient le duc d'AIbo de faire juger le comte d’Egmont par le conseil souverain de ce duché comme baron deGaesbeek. — Lecomte de Ligne intercède pour que le comte d’Egmont puisse se promener dans le jardin do château de Gand. — Mémoire dos avocats dn comte d’Egmont.
— L’accusé est déclaré forclos. — Los droits du comte de Hornes sont également méconnus; vaines démarches de sa mère et de Provyns, son procureur. — Obstination cruelle de Philippe II.
Le duc d’Albe, après avoir fait conduire illégalement hors du Brabant les comtes d’Egmont et de Hornes, résolut aussi, pour se conformer aux instructions du roi, de soustraire ces illustres prisonniers à leurs juges naturels. Philippe II avait attribué à son lieutenant « la connaissance des crimes et excès commis durant les troubles » avec le pouvoir de se faire assister de tels personnages qu’il jugerait convenir (1). Usant largement de cette
(1) Renon de France, MS., 1" partie, chap. XIV.