CHAPITRE V
Marguerite de Parme so rapproche secrètement des adversaires du cardinal de Granvelle. — Elle envoie son secrétaire en Espagne pour demander l'éloignement du ministre impopulaire. — Sentiments catholiques du comte d’Egmont. — Philippe II consulte le duc d’Albe sur la proposition de la duchesse de Parme. — Le duc d’Alhe conseille aussi de gagner le comte d’Egmont et de dissimuler, sauf à châtier plus tard les principaux antagonistes de la politique espagnole. — Conférences des trois seigneurs à Eindhoven. — Ils reviennent à Bruxelles et cherchent à se concilier les députés des États des provinces réunis dans celle ville. — Conférence de la régente avec le comte d’Egmoni. — Celui-ci se plaint des imputations calomnieuses dont il est l'objet et de la partialité du roi. — Les adversaires du cardinal adoptent une livrée commune. —Le comte d’Egmont reste à Bruxelles, tandis que ses amis se retirent de la cour.— Nouvelles plaintes du comte d’Egmont à propos des insinuations méchantes propagées contre lui en Espagne et à Naples ; la régente le dissoado de se rendre à l’étranger.— Granvelle insiste pour que le comte d’Egmont soit détaché de la ligue par l’appât de faveurs exceptionnelles.— Correspondance caractéristique entre Philippe 11 et le duc d’Albe.— Le roi adresse à la régente deux lettres différentes pour le comte d’Egmonl. — Dépêche secrète par laquelle le cardinal de Granvelle est invité à se retirer momentanément dans la Franche-Comté. — La régente, contrairement à l’avis de Granvelle, no remet pas au comte d'Egmont la lettre par laquelle le roi l’invite de nouveau à se rendro en Espagne. — Duplicité de Philippe 11. — Courte et sèche réponse du roi à la troisième requête du comte d’Egmont et de ses amis. — Irritation croissante contre Granvelle. — La régente l’engage à ne plus différer son départ. — Il sort de Bruxelles. — Le comte d’Egmont et ses amis reviennent au conseil d’Etat. — Le comte d’Egmont annonce cette détermination au roi. — Réponse de Philippe II. — Autre lettre adressée au comte de Homes. — Protestations de la duchesse de Parme. — Méfiance du comte d’Egmont.
Marguerite de Parme qui, pendant longtemps, avait soutenu énergiquement le cardinal de Granvelle, s’était peu à peu, mais en secret, rangée du côté de ses adversaires. Peut-être l’orgueil de la fille de Charles-Quints’était-il révolté contre la supposition qu’elle était placée sous la tutelle du cardinal. Le 13 août 1563, elle avait envoyé Tomas Armenteros, son secrétaire, en Espagne, en apparence pour rendre compte au roi de la pénurie du tré-