‹ Le comte d'Egmont et le comte de Hornes (1522-1568) d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 6 sur 187 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

En 1548, Lamoral d’Egmont se trouve avec l’empereur à la célèbre diète d’Augsbourg. L’année suivante , il accompagne Philippe, prince d’Espagne, dans toutes les villes de Hollande et de Zélande, où le fils de Charles-Quint est inauguré comme le futur souverain des dix-sept provinces. Il prend également une part brillante aux fêtes chevaleresques que Marie de Hongrie, régente des Pays-Bas, fit célébrer, en l’honneur de son neveu , k Bruxelles et dans les splendides châteaux de Binche et de Mariemont.

L’inauguration de l’héritier de Charles-Quint exerça plus d’influence encore sur la destinée d’un autre grand seigneur, de ce comte de Hornes, dont le nom est inséparable de celui d’Egmont.

On ignore la date précise de la naissance du comte de Hornes; mais comme il était âgé d’environ cinquante ans lorsqu'il mourut, on peut dire qu’il vit le jour vers 1518. La même difficulté existe pour indiquer d’une manière certaine le lieu de sa naissance. Dans la défense personnelle qu’il opposa plus tard au réquisitoire du Conseil des Troubles, le comte de Hornes se borna à déclarer qu’il était né dans le comté de Flandre (1).

Philippe de Montmorency (c’était là son vrai nom) appartenait, comme le comte d’Egmont, à une maison illustre. Il descendait de Jean de Montmorency qui abandonna Louis XI pour Philippe le Bon et se fixa dans les Pays-Bas où il devint conseiller et chambellan du duc de Bourgogne. Il avait hérité de sa mère la terre de Nevele, en Flandre; sa femme, Gudule Villain, lui apporta en dot le château de Liedekerke; il possédait en outre la terre et seigneurie de Hubermont. Il mourut en 1477 et fut enterré dans l’église de Nevele. Philippe de Montmorency, son fils, devint possesseur des seigneuries de Nevele et de Liedekerke auxquelles il ajouta, par un autre héritage, les terres deHuysse, de Burghl et de Zwyndrecht, sur la rive gauche de l’Escaut. De son mariage avec Marie de Hornes, fille aînée

(!) Dans un autre document, cité plus bas, il est dit formellement : « Vray est qu’il estoit natif de la comté de Flandre. » — On peut supposer qu’il avait vu le jour à Nevele, principale résidence de son père.

de Frédéric de Hornes , seigneur de Montigny en Ostrevant, naquirent deux fils : Joseph et Philippe de Montmorency. Celui-ci, connu sous le nom de seigneur de Hachicourl, devint chevalier de l’ordre de la Toison d’or et chef des finances sous Philippe II. Joseph de Montmorency, l’aîné, hérita des domaines de Nevele, de Huysse, de Burght, de Zvvyndrecht et de Hubermont; en France, il possédait la terre de Saint-Leu, le Plaissis- Bouchard et le quart de la baronnie de Montmorency. En 1523, il épousa Anne d’Egmont, fille aînée de Floris d’Egmont, comte de Buren et de Leerdam, chevalier de la Toison d’or. Encore dans la fleur de l’âge, il mourut, en 1530, à Bologne, où il s’était rendu pour assister au couronnement de Charles-Quint. Anne d’Egmont fit rapporter d’Italie la dépouille mortelle de son mari, qui fut déposée dans l’église du couvent des Frères Mineurs, à Weert. Cette ville et tous les domaines de la maison de Hornes allaient bientôt passer aux Montmorency.

Joseph de Montmorency avait laissé deux fils : Philippe et Floris, si célèbres parmi les victimes de Philippe II , et deux filles : Marie et Éléonore. Ils demeurèrent en la garde d’Anne d’Egmont, leur mère, et sous la tutelle de leur aïeul, le comte de Buren. En 1527, Joseph de Montmorency, leur père, s’était dessaisi de tous les biens qu’il possédait encore en France; redoutant les vicissitudes de la guerre, il vendit et céda irrévocablement au maréchal Anne de Montmorency la seigneurie de Saint-Leu, les Taverny, le Plaissis-Bouchard et la quatrième partie de la baronnie de Montmorency.

Les meilleurs rapports existaient alors entre les Montmorency de France et ceux des Pays-Bas. Floris de Montmorency, fils puîné d'Anne d'Egmont, passa même trois ans dans la maison de son cousin, Annede Montmorency, devenu connétable de France.

Vers la même époque, Philippe de Montmorency, l’aîné de la famille, était déclaré héritier des domaines de la maison de Hornes.

'En 1531, Jean, comte de Hornes et du Saint-Empire, prévôt et chanoine de l’église de Saint-Lambert à Liège, avait perdu son frère aîné. Ne voulant point que le nom de sa maison s’éteignît, Jean de Hornes sollicita de la cour de Rome sa sécularisa-

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