‹ Le comte d'Egmont et le comte de Hornes (1522-1568) d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 64 sur 187 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

La duchesse de Parme recommanda vivement au roi la réclamation du comte de Hornes; elle aussi donnait à entendre que ce seigneur n’était plus en état, si l'on ne venait à son aide, de vivre honorablement en public (1). Mais, h en juger par la conduite constante de Philippe II à l’égard du comte de Hornes, il ne désirait rien plus que la ruine complète de ce seigneur; car il croyait de son intérêt d’abaisser tour h tour les grands des Pays-Bas qui ne lui étaient pas servilement attachés.

Le comte d’Egmont, quel que fût son déplaisir, ne cessait de donner des preuves de loyauté. Il inspectait alors les places de son gouvernement pour les mettre en garde contre toute surprise. Il n’avait rien omis, manda-t-il à la régente, de ce qui pouvait se faire en tenant compte du mauvais payement des soldats qui se trouvaient dans ces villes frontières. « Mais, certes, ajouiait-il, les choses ne peuvent plus durer ainsi, sans la perte et la ruine des affaires et de l’État (2). » Il avertit le roi lui-même du mécontentement général qu’il avait constaté. Il l’assurait d’ailleurs qu’il ferait ce'quela loyauté lui prescrivait (3).

Cette conduite du comte d’Egmont irritait l’impatience des bouillants gentilshommes qui détestaient l’Espagnol, abhorraient l’Inquisition, penchaient même pour les doctrines de Calvin et mettaient leur confiance dans l’épée du vainqueur de Gravelines. Ceux-ci auraient voulu lui voir une attitude plus résolue et le pousser à la tête du parti de l’action.

(1) Correspondance de Philippe II, t. I", p. 386 et 388.

(3) Le comte d’Egmont à la duchesse de Parme, d’Anloing, 1 1 janvier 1 S66 , dans les Analectes belgiques de M. Gachard, p. 470.

(3) Le comte d F-gmoat au roi, Bruxelles, îî janvier 1 SGG. (Correspondance de Philippe II, 1. 1", p. 393.) — L’archevêque de Cambrai , s’entretenant avec Morillon à l’abbaye de S‘. Amand, lui raconta comment Noisthove, porteenseigne de la compagnie d’ordonnances du comte d’Egmont, s’était comporté à l’abbaye de Cambron : « Mectant avec ses compaignons leurs arque- ■ buses bandées dessus sur la table de l’abbé, duraul le souper, et luy « tournant son chapeau à l’entour de la tète en présence de M. de Boussu, « disant : « Maistre moyne, tu nous payeras nos arrérages, et après nous « viendrons quérir le demeurant, et ne serons deux ans sans avoir un « chef... « Morillon au cardinal de Granvelle, 8 novembre 1663, dans les Papiers d'Êtat, t. IX, p. 663.

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