CHAPITRE VIII
Le Compromit. — Le comte d’Egmont à Itrcda et à Vianen.— Réunion des grands au cbiteau de Hoogstraelen. — Conduite du comte d’Egmont et du comte de Hornet avant la présentation de la requête des confédérés. — Avis et conseils donnés par le comte d'Egmont i la régente et au roi. — Irritation du parti espagnol contre le comte d'Egmont. — Plaintes du comte de Hornes. — Assemblée des gouverneurs des provinces et des chevaliers de la Toison d'or. — Opinions émises dans cettn réunion par les comtes d'Egmonl et de Ho.nes. — Le comte d’Egmonl demande l'abolition de l'Inquisition et la modération des placards contre les dissidents.— Conférences secrètes du comte de Hornes avec le prince d'Orange et lecomtedeMansfeldt. — Les confédérés présentent leur requête à la régente.— Le comte d'Egmont, le comte de Hornes et le prince d'Orange au banquet des gveux. — Le comte d’Egmont congédie un gentilhomme de sa maison qui avait pris part à la présenlalioo de la requête. — Le comte d’Egmonl refuse de retourner en Espagne. — Le comte de Hornes et le prince d'Orange veulent quitter la cour. — Le marquis de Berghes et le baron de Montigny consentent i se rendre en Espagne pour exposer au roi la situation des affaires. — Opinions des comtes d'Egmont et de Hornes sur la nécessité de réunir les États-Géncraux, sur la prédominance du conseil d’État, l'abolition de l'Inquisition, la modération des placards, etc. — La régente, selon les instruc’ lions du roi, s'efforce de faire renoncer le comte de Hornes à ses projets de retraite. — Les comtes d'Egmont et de Hornes assistent i un banquet donné en la maison de ville d’Anvers. — L'abbé de Saint-Bernard. — Astuce de Philippe II dans ses entretiens avec Monligny. — Les prêches. — Le comte d'Egmont refuse de prendre les armes avant que les concessions demandées par le conseil d’État soient faites. — Le comte de Hornes retourne à Weert après avoir insisté pour que les États-Généraux soient convoqués. — Le comte d'Egmont réclame également la convocation immédiate des États-Généraux. — Dissimulation de la régente.
Jusqu’aux extrémités des Pays-Bas, on avait frémi en apprenant que Philippe II prescrivait la rigoureuse exécution des placards et le maintien de l’Inquisition, qui devait encore redoubler de sévérité. Mais les protestants menacés des plus horribles supplices et les hommes courageux qu’indignait la cruelle inflexibilité du roi ne se livrèrent point ù des lamentations stériles. Aux graves représentations des membres les plus