CHAPITRE VIII
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Après cette entrevue, le comte de Homes, avec l’autorisation de la régente, quitta Bruxelles pour retourner dans son château de Weert (1).
Les autres seigneurs du conseil d’État délibérèrent le 9 sur les moyens d’obvier aux prêches et de contenir les confédérés, Le comte d’Egmont déclara hautement que si le roi eût fait des concessions, la situation ne se fut pas empirée; et que ce qui pouvait servir dans le moment actuel deviendrait inutile dans quinze jours. Dût la régente encourir l’indignation du roi, elle devait assembler les États-Généraux et sommer ensuite les confédérés, en invoquant leur requête, d’empêcher les prêches pendant que les États prépareraient une ordonnance. Le peuple reprendrait ses travaux; le commerce refleurirait; les desseins hostiles ou cauteleux des Français et autres seraient neutralisés. Mais si la régente, par crainte, ou pour attendre la résolution du souverain, n’osait prendre l’initiative qu’il lui conseillait, tout serait perdu, religion et pays, avec danger pour les autres possessions du roi. Le prince d’Orange, prenant la parole après le comte d’Egmont, opina dans le même sens (2).
Le comte dit aussi h la régente que, si l’on ne convoquait pas les États, ils s'assembleraient de leur propre autorité, pour trouver quelque remède aux maux présents du pays et pour prévenir sa perte. Marguerite répondit qu’elle représenterait au roi les inconvénients qui pourraient survenir, si les États- Généraux n’étaient pas assemblés, et qu’elle le supplierait de faire connaître ses intentions sur ce point dans le plus bref délai.
Là-dessus le comte d’Egmont et les autres seigneurs du conseil déclarèrent qu’ils attendraient la réponse de ce courrier seulement pendant vingt-cinqjours; encore prétendaient-ils que dix-huit jours suffisaient, à savoir : sept pour l’aller, sept pour le retour, et quatre pour la délibération du roi.
( 1) Déduction de l'innocence de messire Philippe, baron de Montmorency , comte de Homes, etc., p. 88.
(2) ftotules du Conseil d’État (séance du 9 juillet). — La duchesse de Parme au roi, 18 juillet, dans la Correspondance de Philippe U, 1. 1", p. 432.
166 LE COMTE D’EGMONT ET LE COMTE DE lIOnNES.
Dans une lettre ostensible, la régente feignit de se rallier à l’opinion exprimée avec tant de force par le comte d’Egmont et le prince d’Orange. Mais dans une lettre confidentielle du 18 juillet, elle prétendit que le but de ceux qui demandaient l’assemblée des États était d’obtenir la liberté de conscience et le pardon général. On voudrait aussi, ajouta-t-elle, que les États se rendissent garants des promesses du roi et enfin qu’ils fissent avec les confédérés une ligue perpétuelle pour se soutenir les uns les autres ( 1 ). C'était indisposer de nouveau Philippe II et l’empêcher de faire des concessions franches et sérieuses.
(1) La duchesse de Parme au roi, 19 juillet 1566, dans la Correspondance de Marguerite d'Autriche, etc., p. 91. — Lettre confidentielle du 1 R juillet dans la Correspondance de Philippe II, 1. 1", p. 432.