‹ Le comte d'Egmont et le comte de Hornes (1522-1568) d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 87 sur 187 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

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d’Egmont de se rendre en Flandre pour porter remède au mal. Le 29 juillet, pendant la nuit, les magistrats d’Ypres envoyèrent à Bruxelles de nouveaux députés : ils étaient chargés de faire connaître à la régente et au comte d’Egmonl que des bandes considérables de sectaires armés marchaient vers la ville avec l’intention de l’envahir. Marguerite, au lieu d’envoyer aussitôt des forces suffisantes dans le chef-lieu de la West-Flandre ou de permettre au comte d’Egmont de s’y rendre sans retard, se borne à écrire, le 30 juillet, aux échevins d’Ypres, qu’elle fait partir douze hallebardiers pour assister le haut bailli (1).

Ce fut seulement le 4 août que Marguerite de Parme, après avoir reçu une requête pressante des quatre membres de Flandre, promit formellement d’autoriser le comte d’Egmont à se rendre dans son gouvernement dès que les affaires de la cour permettraient son éloignement. Toujours retenu par la régente, le comte ne put arriver à Gand que le 9 août dans l’après-midi. Il était chargé d’empêcher les prêches, de désarmer les sectaires, de rétablir l’autorité de la justice, et, pour remplircette mission, il ne pouvait avoir recours qu’à la persuasion, ou à l’influence qu’il exerçait sur le peuple, car la régente n'avait point mis des hommes de guerre à sa disposition (2). En arrivant à Gand, il se fit rendre compte aussitôt par le magistrat de l’état de la ville. Il constata que le nombre des sectaires était si grand qu'il n’y avait d’autre moyen de les contenir que de se fier à la fidélité et à la loyauté de la bourgeoisie; elle était disposée à employer tous ses efforts pour maintenir l’ordre dans la commune, sans vouloir néanmoins empêcher les prêches. Le comte demanda que ces renseignements fussent consignés dans un rapport et envoyés sans retard à la régente pour qu’elle avisât. Le magistrat obéit (3).

(1) Justification du magistrat d’Yprcs, MS. (Arch. d’Ypres.)

(i) Voir la requêtcdesquatremembresdc Flandre et l’apostille de la régente dans l'appendice de la Notice historique et descriptive des archives de la ville de Gand, par M. Gacliard, p. 116. — Les instructions de la régente sont insérées dans la Correspondance de Philippe 11, t. II, p. 579.

(3) Verslag van ’t magistraetvan Gent, etc. (du 30 juin 1566 au 30 avril 1567), passim. Ce document important a été publié par M. Kervyn de Volkaersbcke. — Voir aussi Vlaemsche kronyk, etc. (15 juillet 1566 au 15 juin 1585.)

LE COMTE d'iGMONT. 12

LF. COMTE d’F-GMONT ET LE COMTE DE IIORNES.

Le gouverneur de la Flandre était impatient de se trouver à Bruges, car le bruit était répandu que le lendemain vingt ou trente mille sectaires, accourus de tous côtés, s’assembleraient sous les murs de cette ville (1). Le comte d’Egmont, étant donc accouru à Bruges, écrivit le 10 à la régente qu’il y avait eu hors de la ville des prêches où avaient assisté quatre h cinq mille personnes. Cette multitude voulait s’emparer des églises de Sainte- Catherine et de la Sainte-Croix hors des murs; mais comme ces temples étaient fermés, les religionnaires durent se contenter de l'enceinte extérieure. Les prêches continuèrent le 11 sur le cimetière de l’église de la Sainte-Croix. Le comte, qui n’avait point de troupes, était obligé de tolérer ces manifestations. Cependant il envoya sur le cimetière l’un des bourgmestres avec deux gentilshommes de sa maison pour faire connaître ù la multitude qu’il n’était pas vrai, comme on en répandait le bruit, que les prêches eussent lieu en Flandre avec sou assentiment (2).

De Bruges, le comte d’Egmont se rend à Ypres où il arrive le 13 avec son train ordinaire et sans troupes. 11 délibère aussitôt avec les échevins sur les mesures à prendre pour le maintien de l’ordre. Le lendemain, il fait, au son de la cloche, convoquer le peuple sur le marché; il est présent avec le magistrat, le haut bailli et quelques gentilshommes. Plus de six mille auditeurs l’entourent. 11 leur fait promettre par serment de maintenir une ordonnance dont lecture est donnée à la brétèque. Cette ordonnance, publiée au nom du gouverneur de la Flandre et du magistrat d’Ypres, défend tant aux bourgeois qu’aux étrangers de sortir de la ville ou d’y entrer en grande troupe et de porter d’autres armes que l’épée et le poignard. Dans le cas où des prêches illicites auraient lieu, les portes de la ville resteraient fermées, de manière ù empêcher l’entrée ou la sortie par troupes. Cette ordonnance

(1) Le comte d’Egmont à la duchesse de Parme, Gand, 9 août 156G (Correspondance de Philippe II, t. II, p. 378.)

(ï) Le comte d'Egmont h la duchesse de Parme, Bruges, 10 cl 11 août 1ÏÎG6. ( Correspondance de Philippe II, l. 1", p. 443 et 414.)

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