I. Collection d'autographes de l'auteur
tait reçu avec plus de plaisir à Gore House, par la comtesse de Blessington, que le prince Louis- Napoléon. Malgré cela, poussée à l'éclectisme dans les relations par le désir de recevoir l'hommage des représentants de tous les partis, la comtesse ouvrait ses salons aux politiques de toutes les opinions, ayant pour chacun, après ses tirades, un bon sourire de courtoisie à demi convaincu. Julien Lejeune, vieux conventionnel à houlette, y coudoyait le vicomte d'Arlincourt, légitimiste à terreurs, qui toutefois, dans de petits billets tournés à la Dorât, nommait lady Blessington, à la face d'Anne Radcliffe, son aimable sœur en Apollon et contemplait dans le comte d'Orsay le dieu de la grâce et du goût. Le croirait-on ? l'auteur de ce fameux Solitaire, qui savait tout et qui voyait tout, fut à Londres, quoique ne voyant et ne sachant lui-même que fort peu de chose, l'objet d'une sorte d'incident
LE COMTE D'OUSAY. 121
diplomatique. L'ambassadeur de France, M. de Saime-Aulaire, ayant osé le présenter à la cour, fut menacé des foudres, peu redoutables, il est vrai, du bon roi Louis- Philippe. Le vicomte courut aussitôt se railler du tonnerre du château d'Eu avec sa camarade de Parnasse, et réclama bientôt, dans un style attendri, sa protection et celle de d'Orsay pour un ouvrage vengeur, les Tî^oîs Royaumes, représailles bien oubliées aujourd'hui : « Mille tendresses à mon cher comte d'Orsay, je me recommande à lui aussi pour mettre mes Trois Royaumes à la mode. Tous les journaux qui vous admirent devraient bien m'accorder quelques lignes de bienveillance à votre sollicitation. Laissez tomber quelques rayons de votre gloire sur mon humble ouvrage en ce moment à vos pieds; et sa route sera brillante, et son père vous bénira M )>