‹ Le comte d'OrsayChapitre 6 sur 18 · I. The Idler in France, p · texte numérisé non relu

I. The Idler in France, p

de l'hôtel dont il eût été, sans la Révolution, le possesseur magnifique, le comte d'Orsay était en ce moment le roi incontesté de la fashion parisienne. Regardant toutes les élégances comme relevant de lui, il fut l'un des premiers protecteurs des courses de chevaux récemment importées en France. Sa casaque verte parut sur tous les hippodromes et des chevaux d'élite, Sflvio et Malvina, Clotilde et FlamingOy la firent souvent triompher. Le 4 mars i83o, par une belle journée de printemps, une course au clocher fut courue pour la première fois dans la commune de Jouy. C'était une fête unique pour les raffinés du sport, et le comte d'Orsay ne pouvait y manquer. Le point de départ était le sommet d'une montagne à gauche de la route de la Boursillière, et le but, l'arcade de la porte de Jouy. Le duc de Guiche remplissait les fonctions de juge; M. Standish, celles de starter. Sept gentlemen pri-

rent part à la course : M. de Normandie, qui la gagna, sur Log-ic; le comte de Pembroke, sur Grasshoppe?^ ; le comte Karolyi montant Skysa^aper ; M. Tomlin montant Black-Smuggler, à M. AUouard; le prince de la Moskowa, sur A^. .. ; M. Canty, sur Baj-Malton, et" le comte Alfred d'Orsay, sur Stag^.

Pendant que d'Orsay paraissait ainsi sur le turf, lady Blessington, au bois de Boulogne, émerveillait tout le Paris d'alors par la tenue de ses équipages. Mais, en femme d'esprit, elle ne se contentait pas d'être regardée; elle se plaisait à regarder aussi et notait ses impressions en descendant de voiture. « C'est à Longchamps, dit-elle dans The Idler in France, que les modes de printemps font leur apparition à Paris et que les modistes lancent les nouveautés qui sont, huit jours après,

I. Calendrier des courses de chevaux, ou Racing calendar français, par T. Bryon, t. I, p. 33 i.

adressées à l'Europe entière. Les carrossiers, les selliers, les marchands de chevaux se préparent aussi pour cela, et, quoique nous soyons loin du temps où l'on déployait ce jour-là un luxe extravagant, l'on y peut encore voir certaines voitures parfaitement bien attelées. Les plus remarquables, aujourd'hui, étaient celle de la princesse Bagration et celle de M. Schickler, dont la femme, idéalement jolie, attirait tous les regards... Les hommes, suivis de grooms à l'anglaise, caracolaient entre les voitures sur des chevaux fringants, et les piétons qui garnissaient les sentiers de chaque côté de l'allée, faisaient à haute voix, et non sans malice, la critique des équipages et de leurs possesseurs ^ w Mais une fête nouvelle, et plus originale que les promenades au bois de Boulogne, excita, cet hiver-là, l'enthousiasme de lady

Page 1