En 1037, Béatrice fut donnée en mariage par Con
(1) Outrancourt, Parey (Vosges, Neufchâteau, Bulgnéville) — Homécourt, Viocourt, Landaville (Vosges, Neufchâteau, Chatenois) — et Frain (canton de Lamarche).
(2) Chron. Sancti Michaëlis, ch. 30 « Abbas, concilio cum aulicis habito, puellas adiit ut memores sint animarum patris et matris precatur ».
(3) Haréville (Haute-Marne, Chaumont, Bourmont) n’est pas dans le Xaintois, mais dans le Soulossois,
rad à Boniface, marquis de Toscane beaucoup plus âgé qu'elle (1), mais qui avait été l’allié fidèle de l'Empereur dans la lutte pour la succession de Bourgogne (1). Le mariage eût lieu en Italie pendant le séjour de Conrad (?). Béatrice apportait en dot à son mari tous les alleux barrisiens situés dans le nord de la Haute-Lorraine: les villes de Stenay et de Mouzay, peut-être les terres de Juvigny, Longjlier, Orval et surtout la vaste châtellenie de Briey dont la prévôté comprit par la suite plus de soixante-dix villages. Après la mort de Boniface survenue en 1052, Béatrice tournée contre la maison impériale se remaria avec son cousin Godefroy le Barbu, fils de Gothelon, auquel elle avait probablement . été primitivement destinée (3).
La date du mariage de Sophie n’est pas aussi bien connue : celle de 1027 proposée par de Maillet (4) et celle de 1032 proposée par M. Léon Germain ®) sonttoutes deux inacceptables, puisque Frédéric ne mourut qu'en 1033 et que ses filles ne furent certainement pas mariées avant sa mort. Comme Béatrice était l’aînée (6), il est plus que probable que Sophie ne se maria qu'après elle et après le retour de l'Empereur en Allemagne entre avril et septembre 1038 (1. Elle épousa Louis connu sous le nom de Louis de Mousson )
3. — Les origines de Louis sont longtemps demeurées une énigme. Îl était donné à M. Vanderkindere (*) de la dévoiler et son système, repris et complété par M. R. Parisot” est aujourd'hui définitivement établi (10). Louis est tout
(1) R. Poupardin, Le Royaume de Bourgogne, p. 166. (2) Laurent de Liège, SS. X, p.492.
(3) Clouet, Hist. de Verdun, t. I, p.59.
(4) de Maillet, Essai chronologique sur l'Histoire du Barrois, en 1027. (5) Écho de l'Est, 6 décembre 1890, article sur Mousson. (6) Elle est toujours nommée la première dans les chartes. (7) Bresslau, Konrad I], t. 1, p. 320.
(8) Laurent de Liège, SS. X, p. 492.
(9) Vanderkindere. La formation des principautés belges au moyen âge.
(10) R. Parisot, Les Origines de la Haute-Lorraine, p. 231 et sq. — Pour de Maillet, Essai chronologique, p. 10, Louis est le fils d’un comte Louis de Montbéliard et d’une certaine Adélaïde. — D'après P. A. Gran-
simplement un comte du comté de Bar, d’une famille de fonctionnaires des ducs de Haute-Lorraine. Ferry de Mosellane et ses deux successeurs pour s’aider dans le gouvernement de leur duché, vaste autant qu’exposé ettroublé, avaient sous leurs ordres un certain nombre de comtes et de vicomtes même dans leurs propres alleux, les uns descendaient peutêtre des anciens comtes carolingiens et n'étaient que les vassaux du duc; les autres, peut-être tous, avaient été nommés par lui. Louis est le descendant de ces comtes plus spécialement préposés à la garde des comtés de Bar et de Scarpone. Les souscriptions d’une charte de 1019 nous indiquent cette descendance (1). « S. Riquini Comitis, S. Ludovicis Comitis patris ejus, item Ludovici filii ejus. S. Theodorici fratris ejus ». Louis est doncle fils d'un comte Ricuin nommé en 1028 comme comte de Scarpone (?). Ricuin est lui-même le fils d’un comte Louis. C’est ce comte Louis qui est cité comive possédant le comté de Bar en 1022 dans la charte de dénombrement des biens de la collégiale Saint- Maxe de Bar-le-Duc (3. Le comte Louis, grand'père du mari de Sophie serait lui-même le fils d’un comte Thierry
didier, Œuvres historiques inédites, t. 1, p. 326-327; Louis est le fils du comte Hugues II du Nordgau et l'oncle du pape Léon IX. — Pour M. Viellard, Documents pour servir à l'histoire du territoire de Belfort, Introduction, p. 14 et sq. Louis serait un comte de Chiny. Otton Ie' de Chiny mort vers 1003 aurait eu pour fils Louis Ie” de Chiny, mort en 1028 et enterré dans l’abbaye de Saint-Vannes. Ce Louis, époux d’Adélaïde, aurait eu pour fils Ricuin, comte de Xaintois, Louis II de Chiny et Thierry époux d’Hildegarde, ce dernier serait le père de Louis de Mousson. Pour les trois derniers, Viellard s’est appuyé sur la charte citée ci-après qui a servi de base au système de MM. Vanderkindere et R. Parisot.
(1) Gallia, Christ, XIII, p. 462. — Transaction entre Berthold, évêque de Toul et le chevalier Olry.
(2) P. Benoit Picart, Hist. de Toul, p. XXVII. Diplôme impérial pour le monastère de Gillamont «Castrum quod dicitur Deus Louwart (Dieulouard) in pago scarpone, in comitatu Richiani ».
(3) S. XV, p. 982 et Dom Calmet, t.'I, pr., p. 599. — Surladate de cette charte et sur les variations auxquelles elle a donné lieu. Cf. R. Parisot, Les origines de la Haute-Lorraine, p. 231, 232.
« comes de comitatu Barrense », époux de Sconehilde, lequel est déjà cité en 1002 (1).
Le mariage de Sophie paraît donc au premier abord loin d'être aussi brillant que celui de sa sœur Béatrice; « il eut du moins pour résultat de prévenir la dislocation (du comté de Bar) et d'en consolider l'existence » ().
Ce n’est sans doute pas le seul avantage qu'en retira le comté et Louis, croyons-nous, ne fut pas sans apporter de nouveaux biens aux domaines de son épouse. En effet, une charte de sa fille Mathilde, donnée vers 1090 pour l'abbaye Sainte-Croix de Wolfenheim nous fait connaître la mère du comte Louis, elle s'appelait Hildegarde, elle était probablement de la puissante maison des comtes du Nordgau Alsacien, la sœur peut-être du pape Léon IX, évêque de Toul ). Elle apportait en tous cas à la maison de Bar de nombreux
(1) Cart. de Saint-Mihiel, édit., Lesort, n°S 31 et 32; R. Parisot, op. cit., p. 526. Nous avons ainsi le tableau généalogique suivant :
Thierry, comte du comté de Bar, époux de Sconehilde (1002 et 1006).
| Louis Ier, comte de Bar (1019 et 1022).
| L'ÉTRER R EP PTS SE U D OR ECTS | Ricuin, comte de Scarpone. Thierry entre 1019-1033. Louis II, époux de Sophie.
Thierry paraît avec un certain Liebaut de Bar entre 1024-1033 (Cart. de Saint-Mihiel, n° 33).
- (2) R. Parisot, op. cit., p. 234.
(3) Schoepflin Als., Dipl. II, p. 477 & Hugo (père de Léon IX) attavus meus dum construeret hunc locum (Sainte-Croix de Wolfenheim).. Unde ego Mathildis... ad memoriam hujus rei propria manu scripti. Ad Herlischesheim quod comitissa Hildegardis pro anima filii sui Lodovrici tradidit... Ad Dambach quantum mater mea pro anima patris mei dedit ». La seule difficulté, c'est le sens du mot & attavus meus » Mathilde ayant épousé Hugues ITT, comte du Norgau, Hugues, père de Léon IX et fondateur de Sainte-Croix est aussi l’attavus de son mari. Désigne-t-elle son arrière-grand'père ou l'arrière-grand’père de son mari seulement. Dans le premier cas, celui qu’elle aurait épousé serait son cousin issu de germain, ce qui n'a rien d'impossible. Ce qur est certain, c’est que la mère de Louis
s'appelait Hildegarde et qu'elle était de famille alsacienne (ce qu'a bien vu Viellard, op. cit., p. 12 et sq).
biens en Alsace, la belle châtellenie de Lützelbourg{) avec Phalsbourg et Lixheim et des fiefs aux environs d’Haguenau (?). F PET
Une chose étonne cependant, c’est l'absence de Louis dans la guerre contre Eudes de Blois, qui pourtant intéresse directement ses possessions, bien qu'à cette époque il ne soit pas encore marié. On ne le trouve nulle part cité, dans aucune chronique. Il était certainement en état de porter les armes. Figurant pour la première fois en 1019, il avait entre 1034 et 1037 de vingt à trente ans. Peut-être avait-il suivi l’emperèur en Italie. Toujours est-il que cette absence reste inexpliquée, d'autant que dans les luttes prochaines contre les rebelles de Bourgogne et Godefroy, fils de Gothelon, Louis sera l'un des plus fermes champions de la cause impériale.
(1) Lorraine (Canton de Phalsburg).
(2) Sophie donne à Sainte-Glossinde de Metz des bois dans la forêt d'Ingweiller (probablement Ingweiller proche Haguenau) A. Lesort, Cart. de Saint-Mihiel, n° 44 — et les dîmes de Dambach à l’abbaye de Sainte- Croix (Dambach, Basse-Alsace, canton de Schlestadt) — Thierry II fonde l’abbaye de Sainte-Walpurge (au nord d'Haguenau) et celle de Bibliesheim (canton d'Haguenau). Cf. plus loin, Renaud intervient dans un accord entre Marmoutier et Sindelesherg (arrondissement de Saverne) en 1120, il représente en 1155 l’abbaye de Neubourg (commune de Dauendorf, canton Haguenau) et lui donne par testament des biens à Selhofen (commune de Rothbach, canton de Niederbronn). Schæpflin, op. cit.,
n°s 283 et 317.
ARE RER se