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Les relations extérieures et le gouvernement du comté

1. — Henri était encore mineur à la mort de son père; né en 1156 ou 1157, il avait alors treize ou quatorze ans. La comtesse Agnès exerça la régence d’une main ferme. C'était un caractère, vraie fille de ces comtes de Champagne qui étaient de rudes batailleurs. Ambitieuse pour ses fils, elle défendra leurs droits avec acharnement et mettra tout en œuvre pour reprendre ce que les comtes de Bar ont dû laisser échapper au cours des règnes précédents.

A la mort de Renaut IL, le comté fut partagé. Deux de ses fils étaient d'Église, mais le frère cadet d'Henri restait à pourvoir, On lui donna la châtellenie de Briey, l'avouerie

(1) G. Renard, Le château de Bar, p. 48.

‘2) Elle fonde cette année-là la collégiale de Ligny, Duchesne, Hist. de Bar, pr. p. 18, et assiste à l’intronisation d’Etienne, abbé de Saint Vanne. Cf. Gesta, ép. Vird. SS. X, p. 519. Cf. Clouet, Hist. de Verdun, & AL p:, 445:

(3) Obituaire de Chartres, édit. cit., p. 81 B et 176 D.

(4) Compte de J. B. de Carpentin, chanoine fabricien de Ligny en 1751. Arch. communales de Ligny-en-Barrois.

(5) De Maillet, Essai chronologique sur l'hist. du Barrois, ann. 1197.

de. Gorze et peut-être les terres du Nordgau alsacien qui demeuraient encore barroises. Henri eut le comté et les territoires de l’Argonne; sa mort prématurée rendra d’ailleurs le partage momentané.

Agnès Commença par attaquer l'abbaye de Saint-Mihiel; nous avons une lettre d'Arnold, archevêque de Trèves à l'évêque de Toul et à l'évêque de Verdun leur enjoignant de faire rendre à l’abbaye les terres que le comte de Bar a prises à celle-ci pour les inféoder. Cette lettre n’est pas datée, mais elle n'est ni antérieure à 1172 ni postérieure à 11794). Le fait est confirmé par un acte sans date d'Henri I‘, par lequel celui-ci donne en réparatién des maux quil a infligés à l’abbaye, quinze livres dont treize pour Saint-Mihiel et deux pour son prieuré de Bar À. La comtesse répara elle aussi ses torts en donnant les dîimes de Tyrei, les revenus du tonlieu de Saint-Mihiel et soixante sous sur celui de Ligny ().

Vers 1172, l’ambitieuse comtesse de Bar réclama de l'évêque de Verdun, Arnoul de Chiny(, cousin de son mari pour son fils Henri le comté épiscopal que ses ancêtres avaient possédé. C’eût été rendre héréditaire cette charge que Renaut ne possèdait plus qu'en viager. L'évêque Arnoul refusa donc, pensant que le privilège accordé par l'empereur Frédéric à son prédécesseur était une sauvegarde suffisante W). :

La comtesse envahit aussitôt l'évêché. Trop faible pour se défendre et sachant l'Empereur trop occupé dans sa

(1) Cart. de Saint Mihiel, éd. A. Lesort, n°117. — Gallia Christiana XIE, p. 573 qui date par erreur de 1157. — Avec ces terres le comte de Bar a constitué douze fiefs.

(2) Cart. de Saint-Mihiel, éd. cit., n° 123. — Orig. A. M. H. Saint- Mihiel A!. — Cet acte est très probablement de la fin du règne, avant le départ d'Henri pour la croisade; en effet la nièce d'Henri, fille de Thibaut est déjà mariée, au moment où cet acte est rédigé, avec le futur duc de Lorraine Ferry II fils de Ferry de Bitche.

3) Dom Calmet, I, pr. p. 477.

4) Élu en 1172, mort en 1181.

( ( (5) Wassebourg, Antiquités de la Gaulle Belgicque, f° 322 et sq.

querelle avec la papauté pour qu'il pût le secourir, Arnoul de Chiny s'en tint aux armes ecclésiastiques. Il avertit, excommunia ses adversaires, leur appliquant même l’excommunication majeure dont les évêques de Verdun pouvaient, selon l’assertion probablement fausse de Wassebourg, user en vertu de privilèges spéciaux à eux concédés par Nicolas IT et Honorius II). Mais rien n'y fit. Durant cinq ans, les Barrisiens parcoururent les terres de l'évêché, brülant les villages, pillant les églises, tuant les paysans et les bourgeois (2). L'évêque résistait; il refusa à Pierre de Brixey, élu abbé de Saint-Vanne, la prise de possession de sa charge et ce uniquement, parce que Pierre étant sujet du comte de Bar, l'évêque craignait qu'une fois maître de l’abbaye verdunoise, l'abbé n’aidât le comte à pénétrer dans la ville épiscopale 6).

Le comte de Bar et sa mère cédèrent enfin devant l'excommunication. Ils consentirent à se rendre à une assemblée de seigneurs du Barrois et du Verdunois convoquée au cloître de la cathédrale de Verdun pour juger le différend. Il y avait là Jacque d'Avesne (4), Gobert d'Apremont, Savary de Belrain, les membres de la familia du châtelain de Bar, Geoffroy, Philippe, Baudoin, Gilbert, Regalin, le châtelain Thierry de Mousson, Renaut, Isembard et Hugue de Renès 5), Olry d'Hattonchatel et son frère Garnier de Sampigny (6), Gautier de Muraut (7), Erard d'Ornes (8), Albert de Clermont (). En leur présence, le comte et sa mère pro-

(1) Wassebourg, loc. cit.

(2) Clouet, Hist. de Verdun, t. I, p. 298 et sq. — Berthollet, Hist. du Luxembourg, t. IV, p. 193.

(3) Gesta, ép. Vird. SS. X, p. 519.

(4) Nord, chef-lieu d'arrondissement. — Il se croisa avec le comte de Bar.

(5) Reynel, Haute-Marne, Chaumont, Andelot.

(6) Cf. Bull. Soc. Lettres Bar-le-Duc, 1914, n° 2. (7) Commune de Damvillers.

(8) Meuse, Verdun, Charny.

(9) Les châtelains d'Ornes, Muraut et Clermont étaient les trois principaux vassaux de l'évêché de Verdun.

mettent à Arnoul après avoir, d’un cœur contrit et d’un esprit humilié, demandé l'absolution des crimes et incendies d’églises qu'eux et leurs hommes ont commis sur les terres de l'évêché et du chapitre, de donner pour dédommager ce dernier une rente annuelle de quarante sous sur les alleux de Bar (). Si cette rente n’est pas payée au jour convenu, le comte et sa mère retomberont, comme si de rien nétait, sous le coup de l’excommunication(?. L'acte est daté du 15 juin, mais ne porte pas d'indication d'année (3). Dom Calmet l'attribue à 1179; nous croyons qu'il faut ramener la date de l'acte à deux ans plus tôt. En effet, en 1177, le comte Henri signe un acte d’Arnoul de Verdun par lequel celui-ci confirme la donation que Raoul de Clermont a faite à l’abbaye de Lisle-en-Barrois de ses biens à Hattonmesnil et Yvraumont (). Il est certain que si le comte de Bar se trouve en ce moment auprès de l’évêque, c'est que les hostilités sont terminées.

En résumé, le comte Henri a repris contre Verdun la politique de son grand père Renaut I‘ : reconstituer l’avouerie telle qu'elle existait au temps de Godefroy de Bouillon, mettre la main sur le Verdunoïis de façon à unir toutes leurs possessions. Ce but, les comtes de Bar ne l’atteindront pas par la violence. Thiebaut II n’y parviendra que par la diplomatie, en faisant de Verdun son débiteur et son protégé — et en partie seulement et trop tard — parce que le roi de France, à ce moment-là, frappera aux portes de Bar et de Verdun (°. |

(1) Rentes perçues sur les revenus de Souilly et de Revigny. Cf. Wassebourg, Antiquités de la Gaulle Belgicque, f° 325.

(2) & De perpetratis damnis et ecclesiarum incendiis.. pœnitentes et corde contrito et spiritu humiliato super his absolutionem petentes... et sic absoluti ex sententia excommunicationis fuimus ea conditione ut si præfata pecunia. die statuto soluta non fuerit iterum ex concessione nostra. excommunicationis sententiæ subJjiciamus ».

(3) Copie B. N. Coll. Moreau 77 f0 174. — Dom Calmet. II, pr. p. 382.

(4) Commune de Lisle-en-Barrois. A. M. H. fonds de Lisle. — Henri souscrit aussi une autre donation de Raoul de Clermont à l'abbaye de la Chalade. B. N. Coll. Moreau 73, {0 76.

(5) Cf. Ch. Aimond, Les relations de la France et du Verdunois,ch.T et IT.

Du moins, Henri et sa mère n'avaient pas cédé sans compensation et cette fois-ci, comme au temps de Renaut [*, c'est encore l’Argonne qui paie les frais de la guerre. Henri obtient la garde de l’abbaye de Beaulieu qui sépare son comté de ses possessions du Clermontois(1). La charte porte que le comte de Bar prend sous sa sauvegarde l’abbaye avec tous ses biens meubles, immeubles, vassaux et sujets, promettant pour le bien de son âme et le repos de celles de ses ancêtres, de la défendre et de la protéger. Cette garde entre les mains d'Henri équivalait à une véritable prise de possession et le comté de Beaulieu n'était pas à dédaigner. A cheval sur l’Argonne, il touchait aux rives de l'Aisne et l’Aire, il complétait le Barrois sur la frontière de Champagne avec Sommaisne(?), Pretz(?), Evres(?), Foucaucourt(?)}, Triaucourt (2), Sénard ), Brizeaux (?), Fleury-sur-Aire (@), Lavoye (?), Charmontois l'Abbé 4), Eclaires (4), le Chemin (#. Sur cette marche champenoise, la politique des comtes de Bar tend à augmenter et à unir toutes leurs possessions. Sans le vouloir peut-ètre, ils séparent du comté de Champagne l'évêché de Verdun, qui dans quelques années ne sera plus que le suzerain nominal de l’Argonne. En 1183, Henri ajoute encore la garde de l’abbaye de la Chalade, au nord de ses territoires clermontois (5). Un demi-siècle encore et l'évêché de Verdun ne sera plus qu'une île perdue au milieu des possessions barroises.

2. — Au sud du Barrois, Henri posséda pendant quelques années la vicomté de l'évêché de Langres. Cette vicomté

(1) A. Meurthe-et-Moselle, B. 481, f° 1. — Roussel, Hist. de Verdun, I, pr. p-18.— Cette charte n’est pas datée, Roussel lui donne la date de 1172, toute fantaisiste. En réalité, elle n'est pas antérieure à 1178, parce que Lanzon, abbé de Saint-Mihiel, qui figure comme témoin a succédé au plus tôt cette année-là à Manegaud. Cf. A. Lesort, Cart. de Saint-Mihiel, p. 318, note 2. — Les autres témoins : Gautier, abbé de Lisle, Geoffroy de Bar, Geoffroy de Vienne, Garnier de Beaumont, ne nous sont d'aucune utilité.

(2) Meuse, Bar-le Duc, Triaucourt.

(3) Meuse, Bar-le-Duc, Triaucourt.

(4) Marne, Sainte-Menehould, Dommartin-sur-Yèvre.

5) Gallia Christiana, XI, p. 1320.

LE COMTÉ DE BAR DE 1150 a 1189. 191

appartenait jadis à Guy de Sauz qui la céda au duc de Bourgogne, lequel à son tour l’inféoda au comte de Bar, Henri. L'oncle du duc Hugue de Bourgogne, Gautier, ayant été élu à l'évêché de Langres, Hugue songea à remettreentre ses mains la vicomté de l'évêché. En 1179, avec la permission d'Henri et de ses trois frères Renaut, Hugueet Thiébaut et de Guy de Sauz, il fait don de cette vicomté en aumône à l'évêché pour que l’évêque en dispose à son gré (1), Le don ne fut pas gratuit, du moins de la part du comte de Bar qui, ne se croyant pas obligé comme son cousin de faire une aumône, se fit payer sa renonciation en bonnes espèces. Le comte de Bar reconnaît en effet que l’évêque lui a donné pour acheter son désintéressement la somme énorme de cinq cent cinquante livres, à prendre sur les revenus des foires de Troyes ?.

Le duc de Lorraine, Mathieu 1%, mourut le 13 mai 1176 (3). Nous avons noté que sous son long règne les rapports de la Lorraine et du Barrois furent à peu près nuls ou tout au moins pacifiques. Son fils Simon II lui succéda sans contestation, mais non sans ennui quant à l'apanage de ses frères. Mathieu laissait outre Simon et son frère . Thierry, évêque élu de Metz depuis 1173 (4), deux autres fils, Ferry et Mathieu. Leur mère, l’ambitieuse Berthe de Souabe, sœur de l'empereur Frédéric Barberousse essaya de remplir le rôle de régente que l’âge de son fils ne justifiait pas. Simon n'ayant supporté que peu de temps la tutelle de sa mère, celle-ci poussa contre son fils aîné ses fils cadets Ferry et Mathieu (5); il semble bien que les deux partis aient cherché l’un et l’autre l'appui de Ia maison de Bar. Les luttes de Ferry, comte de Bitche et proche voisin

(1) A. Haute-Marne, G. 64. — Duchesne, Hist. de la Maison de Bar, pr. p. 19, Cf. Rozerot, Répertoire historique de la Haute-Marne, n° 574.

(2) Duchesne, op. cit., pr. p. 20. — Rozerot, op. cit., n° 575.

(3) E. Duvernoy, Le duc de Lorraine Mathieu Ie", p. 150.

(4) Thierry placé par Barberousse à Metz à la place de Fréderic de Pluyose ne fut jamais sacré ni même reconnu par le pape. Il fut destitué en 1179 et Fréderic de Pluyose rétabli.

(5) Cf. E. Duvernoy, op. cit., p. 15-16.

du sire de Briey, intéressent surtout Thiébaut de Bar et nous les raconterons au chapitre suivant. Par contre, le second frère du duc de Lorraine, Mathieu, eut aux environs de 1176 affaire avec le comte de Bar. Mathieu avait épousé l’héritière du comté de Toul; il essaya d'agrandir son domaine ‘aux dépens de l'évêché et surtout du chapitre de la cathédrale dont il ravagea les terres. Le comte de Bar et son cousin, Simon de Commercy intervinrent et imposèrent au comte de Toul un traité par lequel ce dernier s'engageait à réparer les dommages (1).

Pour défendre son évêché contre les entreprises de Mathieu, l'évêque Pierre de Brixey se résolut à reconstruire le château de Liverdun (?) détruit depuis longtemps et pour cela, il fit appel au comte de Bar, puisque les prédécesseurs - du comte avaientété les plus fidèles alliés des évêques de Toul. Le comte consent à rebâtir le château et à le défendre en cas de siège. Il pourra même, au cas où ses hommes ne seraient pas en nombre, emmener avec lui des soldats que l'évêque paiera. De même le comte pourra se servir du chàteau pour combattre ses propres ennemis, à la condition de le rendre une fois la guerre finie. Enfin, ni le comte, ni l'évêque ne pourront faire la paix l’un sans l’autre avec l’adversaire, contre qui on se sera servi du château de Liverdun (). À la même époque sans doute, le comte et l'évêque font un accord à propos des droits de passage des bateaux entre Pompey et le pont de Liverdun que le comte prétendait lui appartenir. Henri renonce à ce péage moyennant une rente de soixante sous toulois, que l'évêque paiera sur les revenus de l'archidiaconé de Prény (#. Ces importants accords règlent une question de frontière, qui était depuis toujours en litige entre Bar et Toul au point où le comté et l'évêché atteignent ensemble le duché de Lorraine.

(1) Abbé Clouet, Histoire de Verdun, t. I, p. 304.

(2) Meurthe-et-Moselle, Toul, Domèvre.

(3) B. N. Coll. Lor. 718 f° 150, mss. fr. 11.853 f’ 168. F. de Pange, Le comte Ferry de Bitche, p. 73 et sq.

(4) Sans date B. N., mss. f. 11853, fo 168.

La reconstruction du château de Liverdun n’alla pas sans de vigoureuses protestations de la part de l'évêché de Verdun, dont la châtellenie de Dieulouard était toute voisine, et de la part du duc Simon. Verdun s’apaisa sur la promesse que le château ne recevrait aucun proscrit verdunois {!). Quant au duc de Lorraine, force lui fut de s’incliner lorsque l'empereur Frédéric eût approuvé la reconstruction et permis à l'évêque de Toul de battre monnaie à Liverdun (2)

L'acte impérial est daté de Besançon, le 14 septembre 1178 (). Le comte de Bar est témoin, ainsi que Thierry de Metz et Louis de Ferrette. C'est un des très rares diplômes de Frédéric où figure le comte de Bar, Henri I*°. C’est à cette diète de Besançon où paraissent les archevêques de Reims, de Besançon, de Trèves, l'évêque de Genève, le duc de Bourgogne, le comte Henri de Champagne et Eudes, le burgrave de Magdebourg, les comtes de Ferrette et de Zæringhen, les seigneurs de Commercy, Belfort et Vignory, les châtelains barrisiens de Vienne, Bar et Mousson, le comte de Brienne, que fut conclu l'accord par lequel Amance et sa châtellenie rentrèrent dans le comté de Bar.

Nous avons noté ailleurs qu'Amance était passé dans la famille de Ferrette (*). Le premier comte, Frédéric, ou le second, Louis, en avait fait hommage au comte de Bourgogne

- à une époque et pour une cause que nous ignorons. En 1148, la branche aînée de la maison comtale de Bourgogne s'éteignit en la personne du comte Renaut III, neveu de la comtesse Ermentrude de Bar, mère de Frédéric de Ferrette F). Renaut IN ne laissait qu'une fille qui épousa Frédéric Barberousse. Donc, à la diète de Besançon, le comte Henri

() P. Benoit Picart, Hist. de Toul, p. 423.

(2) Cet acte fait supposer à M. de Pange, Le comte” te” Ferry” de Bitche, p. 58, que Berthe de Souabe ne fut pas étrangère à là reconstruetion du château de Liverdun contre son fils aîné.

(3) Dom Calmet, t. Il, pr.,.p. 364, avec la date erronée de 1168. La véritable date a été rétablie par Stumpf : Kaiserurkunden, n° 4267.

(4) Cf. plus haut, p. 120.

(5) Paul Fournier, Le Royaume d'Arles et de Vienne, Paris, 1891, in-8°, p. 20 et sq.

M. GrospinieR De MaTons. l 13

de Bar reconnaît (!) que l'Empereur Frédéric et sa femme Béatrice lui ont donné; avec le consentement du comte Louis de Férrette présent à l’acte, ce qu’ils avaient à Amance. Le comte de Bar tiendra en bénéfice du-comte ae Bourgogne tout ce qu’il pourra acquérir dans le bourg et le château d'Amance (2). L'Empereur ou ses héritiers, par contre, ne pourront rien acquérir à Amance qui puisse nuire au comte de Bar. En retour, le comte Henri fait hommage à l'impératrice, comtesse de Bourgogne, de son château et de sa chàtellenie de Mousson 6). Enfin, en troisième lieu, l'empereur donne à son épouse, l'hommage qu'Henri lui doit pour Briey (. Ainsi, désormais, le comte de Bar doit rendre hommage pour les châteaux d'Amance, de Mousson et de Briey, à l’impératrice ou à son héritier, le comte de Bourgogne, et doit les leur prêter en cas de besoin. Nul autre que le comte de Bar, ne peut, sans sa permission, construire des châteaux à proximité et notamment entre Metz et Mousson. |

Le principal fait à retenir de cet acte, c'est la rentrée d'Amance dans le comté de Bar; quant à l'hommage pour le château de Mousson, nous ne voyons, nulle part, qu'il ait été rendu. Cependant, le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, héritier de la Franche-Comté, après la défaite de Bulgnéville au xv° siècle, réclamera du duc de Bar et de Lorraine, René I°, l'hommage pour le marquisat de Pont-à-Mousson, d'Amance et de Briey (5). Pour Briey, du moins, le comte de Bourgogne reçut quelques hommages (5). Les héritiers de

(1) « L'acte est édité dans E. Pérard, Recueil de plusieurs pièces curieuses servant à l'histoire de Bourgogne, Paris, 1664, in-f°, de la plus lamentable façon. La date de l’année est exactement donnée, celle du jour porte € Vigesimo secundo Kalendis Octobris ». Sans doute, sur l’acte original, cette date devait être écrite en chiffres, l'éditeur aura lu € XXII » au lieu de € XVII », soit le 15 septembre.

(2) Qu'il faut reconnaître dans « Emanriam ».

(3) Qu'il faut reconnaître dans € Minilium ».

(4) Écrit tantôt € Briech » tantôt « Byieich ».

(5) Dom Calmet, livre 28, ch. 31. — Clouet, Hist. de Verdun, I, Ph 993 et n. 2.

(6) Notamment en octobre 1222. B. N., fr. 11853, fo 255.

Béatrice finiront par y renoncer et ils achèteront par là, en 1225, l'appui du comte de Bar contre les cadets de la maison de Bourgogne (1).

Sur le gouvernement intérieur du comté de Bar pendant le règne d'Henri, nous savons peu de chose. Il fut fait chevalier en 1175, et cette année-là ®), il confirme le don que son père Renaut a fait à l'abbaye de Lisle-en-Barrois de tous les pâturages de Louppy-le-Château. C’est la première mention de chevalerie que nous ayons pour un comte de Bar (3). Henri n'a pas été marié. Dans sa généalogie des comtes de Bar, Dom Calmet dit qu'Henri ne fut pas marié (4). Cependant, au cours de son histoire, il note que « Jeanne de Dreux, sa veuve, fit sa résidence ordinaire du château du Putil et que la comtesse Agnès, sa belle-mère, y vécut avec elle, accompagnée de quelques dames dévotes qui y pratiquèrent, en commun, les exercices de la vie religieuse (5) ». Dom Calmet, comme la plupart des historiens anciens qui se sont occupés du comté de Bar, a copié, en la circonstance, François de Rozières (6) qui, naturellement, a été chercher la femme d'Henri I‘, Jeanne de Dreux, dans son imagination, en lui donnant, avec le nom de famille de la femme de Henri II, six enfants (1). I] n’y aurait pas lieu d'insister sur cette bévue, si elle était restée au compte du seul Rozières.

)B.N., fr, 11853, f° 255.

) A. M. H. Lisle-en-Barrois, carton Louppy.

) « Anno primo militiae suae » dit la charte en forme de notice. ) Dom Calmet, I, Introduction.

(6) François de Rozières, Stemmatum Lotharingiæ ac Barri ducum tomi septem, Paris, 1580, in-8°.

(7) Nous avons systématiquement écarté toutes les données fournies par de Rozières, de même que tous les documents qu’il publie et qui sont autant de faux. Atitre d'exemple ici, voici comment François de Rozières énumère les enfants d'Henri Ier : € Thiébaut (frère d'Henri), Henri (?), Renaut (son autre frère), Thierry, évêque de Metz (oncle d'Henri), Sybille, épouse d’abord d'Henri de Salm, ensuite de Louis de Chiny, (confusion avec Marguerite, nièce d'Henri et fille de Thiébaut, qui épousa Henri de Salm et Jeanne, petite nièce d'Henri et fille d'Henri II qui épousa

Ç. — Les premières relations avec la France.

. 1. Le comte de Bar et Philippe Auguste. — 2. La croisade et la mort d'Henri Ier.

1. — Il n’y a pas de trace qu'Henri ait été en rapport avec son oncle le roi Louis VII En revanche avec le règne de Philippe Auguste commencent les relations suivies du comté de Bar et du royaume. À partir de ce moment, insensiblement, les comtes se séparent de l’Empire et de la Lorraine dont ils seront parfois les plus dangereux ennemis pour entrer dans l'alliance française. L'évènement était fatal et prévu; trop de liens de sympathie, de langue, de coutume unissaient le Barroïs à la France. Nous avons déjà vu que spontanément, à la seconde croisade, les Barrisiens, fidèles sujets de l'Empereur pourtant, se réunirent aux troupes du roi de France, uniquement par sympathie. Cependant le double mariage d'Agnès et d'Adèle de Champagne avec le roi de France et le comte de Bar a précipité les évènements. Alliance dangereuse, car le royaume ne tardera pas à absorber le comté si puissant qu'il soit et en moins de cent vingt ans le roi en obtiendra l'hommage.

Le comte Henri assista le 1% novembre 1179 au sacre de son cousin, Philippe Auguste, que Louis VIT paralysé venait d'associer au trône (1). Le comte de Flandre, Philippe d’Alsace, et le comte de Hainaut, Baudoin V, s'y trouvaient également 2). Le prélat consécrateur, Guillaume de Champagne, archevêque de Reims, était d’ailleurs l'oncle commun du roi et du comte de Bar. Après la cérémonie, les invités furent conviés à un grand tournoi entre Rethel et Château- Porcien. Le comte de Bar y fut vaincu par Baudoin de Hainaut qui l’emmena avec lui et ne le relàcha qu'à Valen-

Ferry de Salm, puis Louis de Chiny) Marguerite, épouse du comte de Luxembourg (petite nièce d'Henri et fille d'Henri ID). (1) À. Luchaire dans Hist. de France de Lavisse, t. WT, 1re partie

Drive (2) Chroniques de Haynaut, t. I, 1. XVI, c. 5.

ciennes, sans doute contre rançon comme c'était l'usage (1).

Cette bonne entente entre le comte et le roi ne subsista que quelques mois. Philippe s'était aperçu très tôt que sa mère, Adèle de Champagne, aussi dominatrice que sa sœur, la comtesse de Bar, téndait avec l’aide de sa famille à gouverner à sa place. Le jeune roi, peu soucieux de tomber sous cette tutuelle, chercha un appui auprès du comte de Flandre dont il épousa la nièce Elisabeth, fille de Baudoin de Hainaut à qui son oncle donna en dot l'Artois. La reine mère tenta alors de jeter contre son fils rebelle le roi Henri d'Angleterre. N'ayant pu y réussir, elle se retira à Provins et y appela ses parents, ses amis ou simplement les mécontents, ceux qui, pensant trouver un enfant à dépouiller, s'apercevaient qu'ils avaient devant eux, dans cet enfant, le plus énergique et le plus diplomate des rois. Le comte de Flandre, qui avait espéré en échange de sa nièce et de l’Artois la tutelle du jeune roi, s’allie à Adèle et aux seigneurs rebelles (2. Henri fut sans doute entraîné dans cette conspiration par sa mère, Agnès; toujours est-il qu'il se trouve à Provins avec les conjurés le 13 mai 1181 6). Il y a là, autour d'Adèle, ses frères, les comtes Thiébaut de Blois cet Etienne de Sancerre, leurs neveux, le comte de Bar et le duc de Bourgogne, le comte de Flandre et le comte de Hainaut, la comtesse de Champagne, Marie de France. On y négocie le mariage de Baudoin VI, fils du comte de Hainaut, avec Marie de Champagne et celui d'Henri I de Champagne avec Yolande de Haïnaut qui n'eut pas lieu; mais surtout on y convient des moyens à prendre pour lutter contre le roi de France (4.

Nous ne savons quelle aide le comte de Bar apporta à sa tante dans cette affaire; il est probable cependant qu'il prit

(1) A. Luchaire, op, cit., p. 367 et Chroniques de Haynaut, loc. cit.

(2) Sur toute cette question, cf. d'Arbois de Jubainville, Hist. des ducs et comtes de Champagne, t. IV, p. 1-142; E. Petit, Hist. des ducs deBourgogne de la maison capétienne, Paris 1891, in-8°, t. III.

(3) D'Arbois de Jubainville, Hist. des ducs et comtes de Champagne, LUN Mp: 0:

(4) D’Arbois de Jubainville, op. cit., p.19.

part à la lutte contre Philippe Auguste, car, sa mère obtint, sans doute en récompense de ses services, le tiers de la vicomté de Troyes à titre viager et vingt livres de rente annuelle pour en disposer à son gré (1). De 1181 à 1185, Philippe Auguste s'emploie à dissoudre la coalition formée contre lui; nous ignorons le rôle du comte de Bar pendant cette période; mais il est douteux qu'il se soit réconcilié avec le roi de France avant la croisade.

2. — On sait quels événements malheureux pour les chrétiens d'Orient allaient forcer Philippe Auguste, presque malgré lui, à prendre la croix. Le sultan eyyoubite d'Egypte, Saleh ed Din (Saladin) s'était emparé en 1187 de Jérusalem sur le roi Guy de Lusignan. Cette nouvelle souleva une émotion considérable dans toute la chrétienté et devait produire de nouveau un de ces mouvements d'enthousiasme populaire, auxquels les souverains ne peuvent résister ®). Le 21 janvier 1188, Philippe Auguste rencontra proche Gisors le roi d'Angleterre, Richard Cœur de Lion, et dans cette entrevue solennelle tous deux promirent de s'embarquer pour la Terre Sainte. Le comte Henri de Bar accompagnait le roi de France à Gisors; il jura, lui aussi, de partir pour Jérusalem (3). L'Empereur Frédéric Barberousse de son côté prit la croix sans retard et traversa l'Europe pour aller mourir dans les eaux glacées du Selef.

Avant son départ le comte Henri donne à l’abbaye de Trois-Fontaines le passage gratuit au péage de Pont-à- Mousson pour les religieux et leurs biens (4), des biens importants aux abbayes de Saint-Mihiel 5), d'Évaux (6 et de

(1) Feoda Campaniae, n° 60, édit. A. Longnon. Doc. inéd. — La vicomté de Troyes fut donnée en 1188 par le comte Henri de Champagne à Catherine-Agnès de Bar.

(2) A. Luchaire dans Hist. de France de Lavisse, t. III, {re partie, D'00:

(3) Rigord, De gestis Ph. Aug. Hist. des Gaules, t. XVII, p. 25.

(4) A. Marne, H. Trois-Fontaines. Henri avait déjà donné à cette abbaye en 1181 le fiefde Villers-aux-Chênes.

(5) Surles marchés de Bar. Cari. de Saint-Mihiel, édit. A. Lesort, n° 123.

(6) Divers biens situés à Tréveray. A. M. H. Evaux, D. 51.

Sainte-Marie-aux-Bois (1). Divers obstacles, les uns volontaires, les autres imprévus, empêchèrent durant deux ans le départ du roi d'Angleterre et celui du roi de France @). Henri n'eut pas la patience de les attendre; il s'embarqua avec ses deux cousins, le duc de Bourgogne et le comte de Champagne, dans le courant de l’été 1189. Ses voisins, l'évêque de Toul, Pierre de Brixey, le comte Louis de Chiny 6), Geoffroy de Joinville et ses deux fils Geoffroy et Simon (4), ainsi que le comte Hugue de Vaudémont P), partaient ou étaient déjà partis (6).

(1) Dom Calmet, t. I, pr., p. 388 avec la date erronée de 1180. Le comte Henri donne à l’abbaye de Sainte-Marie-aux-Bois (Vilcey-s.-Trey, Meurtheet-Moselle, Toul, Thiaucourt), la curie de Blanzey (commune-de Bouxièresaux-Chênes, Nancy).

(2) A. Luchaire, op. cit., p, 102 et sq.

3) Clouet, Hist. de Verdun,+. I, p. 312.

4) F. Delaborde, Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville, p. 35. 5) Dom Calmet I, Introduction, p. ccr.

(6) Henri Ier dans une charte datée de Messine en décembre 1190 se porte garant de diverses sommes empruntées par ses compagnons lorrains, champenois et bourguignons à des Gênois. Il donné en gage les produits des foires de Bar. Cet acte se trouve confirmé par une charte datée d'août 1191, par lequel Renaut de Chérisy, fils d’un des emprunteurs, reconnait la dette de son père mort et donne en garantie le duc de Bourgogne à la place du comte de Bar également décédé (Revue d’Austrasie, 6e année, n° 8, août 1842). M. Firmin Comte dans Bull. Soc. L. Bar-le-Duc, 1903, p- xx tient ces deux chartes pour fausses. Il en donne pour principale raison qu'au mois de décembre 1190, Henri était mort depuis octobre. Nous avons d’abord pensé que la première de ces chartes pouvait être datée en style pisan, auquel cas il fallait la ramener à 1189, mais alors il n’y avait pas de raison de ne pas ramener également à ce style la seconde charte, ce qui n’est pas possible; car, alors, elle serait antérieure de deux mois à la mort du comte de Bar. Il est certain que M. Firmin Comte a raison. Le faussaire — trèShabile — quitravaillait pour la gloire des familles citées en l’acte a précisément choisi cette date de décembre 1190 parce qu'il a supposé que le comte faisait partie de la suite du roi de France, qui se trouvait à Messine à ce moment là — ainsi que le frère du comte, Renaud de Bar, évêque de Chartres. — Enfin, les revenus des foires de Bar en un an — et la somme doit être payée en un an — sont une bien faible garantie pour une dette de deux cent quarante onces d’or et six cent quarante marcs d'argent.

Henri de Bar arriva donc en Palestine à la fin de 1189 ou au début de 1190. Les chrétiens étaient alors occupés à faire le siège d’Acre, siège qui traînait en longueur à cause des multiples divisions qui jetaient les uns contre les autres les chefs de l’armée chrétienne. Raoul de Dicet nous a laissé le dénombrement de l’armée et de sa disposition; on y rencontre toutes les nations de l'Occident : devant le mont Musard, les Gênois, les hospitaliers de Saint-Jean, Conrad, marquis de Montferrat et comte de Tyr, l'adversaire du roi de Jérusalem Guy de Lusignan, le comte Henri de Champagne, Guy de Dampierre, le comte Henri de Bar, le comte de Chalon, Robert de Dreux, l'évêque de Beauvais, l’archevêque de Besançon. Le comte Thibaut de Blois occupe la plaine avec le comte de Clermont en Beauvaisis, Hugue de Gournay, Florent de Hangest, le comte de Ferrare et les Florentins, l'évêque de Salisbury et les Anglais, le dapifer de Flandre, Jean de Nesles, Eude de Ham et les Flamands, l’évêque de Cambrai, le comte de Tournai; ensuite le roi de Jérusalem et ses frères Geoffroy et Aimard, les chevaliers du Temple et Jacques d'Avesnes, le landgrave Louis de Thuringe, le comte de Gueldre, les Allemands et les Daces, les Teutons et les Frisons et le duc de Souabe; enfin, sur la colline de Turan qui fait face au Mont Musard, le patriarche, les évêques d’Ascalon et de Bethléem, le vicomte de Châtellerault, Renaud de Sidon, l'archevêque de Pise, les Pisans et les Lombards (1). C'est cette armée que Saladin harcelait au dehors tandis que la ville résistait, alimentée assez facilement d’ailleurs par la flotte musulmane. Il n’est guère possible de suivre les opérations autour d’Acre au cours de cette année 1190. Ce ne sont que des escarmouches entre assiégeants d’une part, assiégés ou contre assiégeants de l’autre.

Le 4 octobre 1190, une de ces étranges batailles fut livrée, qui montre le peu de discipline des Croisés avant que l’arrivée de Philippe eût mis un peu d'ordre dans cette armée

(1) Raoul de Dicet. De Imaginibus Historiarum, Hist. des Gaules, t. XVI p. 636 et sq.

disparate. Par feinte probablement, Saladin avait fait abandonner son camp; à cette vue, les chrétiens descendirent des collines environnantes et se précipitèrent sur les tentes vides, pour se livrer au pillage, le comte de Bar lui-même s’engouffre dans celle de Saladin. Pendant ée temps, la garnison d'Acre s'emparait des positions laissées libres par les Chrétiens ; ceux-ci se trouvèrent pris entre deux feux et la milice du Temple fut presque entièrement détruite. Pour comble de malheur, les Allemands qui poursuivaient un cheval échappé furent pris pour des fuyards: leur course sema la panique et le pillage se termina dans une fuite ; éperdue que seule l’arrivée de Geoffroy de Lusignan avec des renforts empêcha de se changer en déroute (l). Le comte de Bar reçut probablement une blessure mortelle dans cette affaire, car, il expira quinze jours après, le 19 octobre (1). Il eut le temps de faire son testament et de donner aux Templiers, pour le repos de son âme et de celle de ses compagnons tombés devant Acre, quinze livres sur les péages de Bar pour l'entretien d’un chevalier en Terre Sainte %. Henri était donc mort depuis six mois quand Philippe Auguste et Renaud de Chartres (* débarquèrent à Saint-Jean d’Acre, le 20 avril 1191 ©. Richard Cœur de Lion n'y arriva qu'à la

(1) Anonyme dans Gesta Dei per Francos de Bongars, p. 1165 et sq. Gautier Vinesauf dans Michaud. Hist. des Croisades. Bibl., 2e partie, p. 672. Izz ed Din ibn el Athir dans Hist. des Croisades, Hist. Orientaux, t. IL, p. 11 et sq. et p. 30 et sq.

(2) Parmi lesquels l’évêque de Toul, Pierre de Brixey, le comte de Chiny, le comte de Loos, le comte de Blois, Raoul de Clermont en Beauvaisis dernier de sa race, Raoul de Marle, Barthélemy de Vignory et son fils Guy. Geoffroy de Joinville était mort au mois d'août précédent. Cf. Aubry de Trois-Fontaines. Chr. an. 1191.

(3) A. M. B. 228, f° 131 et 132. Confirmé en 1192 par Thiébaut, comte de Bar puis par l’évêque de Toul Eude.

(4) Benoit de Peterborough. Vita Heinrici II, Angliae Regis. Hist. des Gaules, t. XVII, p. 504.

(5) C'est donc à tort que Clouet, Hist. de Verdun, t, IL p. 312 croit que « Henri demeura après le retour des Français à l'armée de Richard Cœur de Lion, fut tué dans une bataille et inhumé au monastère Saint- Jérôme de Bethléem ».

fin de mai, ayant conquis entre temps ile de Chypre (1).

(1) Wassebourg, Antiquités de la Gaulle Belgicque, f° 334 et sq. a bâti sur la croisade du comte Henri tout un roman où il n’y a pas une ligne exacte : ( Le navire où estoit le comte de Bar fut par fortune et impétuosité de mer, transporté jusqu'au port de l'Isle de Cypre, ou les gens du païs l’arrestèrent, menans le dict comte de Bar et les siens, au prince et gouverneur lors occupant l’isle, lequel par tirannie et entre prise l’usurpoit.… Ce gouverneur de Cypre combien qu'il feust chrétien arrestoit touteffois ce qu'il povoit prendre qu'il disoit estre de bonne guerre : par ce moyen il déteint le dit comte de Bar espérant bien en avoir grosse rançon ». — Cette prise du comte de Bar estpour Wassebourg à l'origine de la conquête de Chypre. « La cause qui meut le roy Richard à prendre son chemin en. Cypre fut, que luy estant en Sicile eust advertissement de la prise du comte de Bar, Henry, son parent, que le prince de Cypre avoit arresté et detenoit ». L'île fut donc conquise et & par ce moyen fut délivré Henry, comte de Bar » qui (recogneut depuis en maintes sortes le bénéfice qu'il luy avait faict, et ne l’abandonna oncques tandis qu'il guerroya les Infidelles en la Terre Saincte ». Ceci explique l’essertion de Clouet qui a puisé chez Wassebourg. D’après ce dernier le comte de Bar fut tué dans une bataille.

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