‹ Le Comté de Bar des Origines au Traité de BrugesChapitre 24 sur 57 · Cependant la paix qu'on venait de conclure ne devait · texte numérisé non relu

Cependant la paix qu'on venait de conclure ne devait

(1) Pendant son séjour à Melun, le comte de Bar souscrit la lettre de Saint-Louis sur les juifs, conf. Chantereau-Lefebvre, Traité des fiefs, II, p- 209, et demande à l'évêque de Paris de lui fournir un chapelain, B. N. fr. 11853, f° 13 et 14.

(2) La somme est payable en mai, à la foire de Provins. D’Arbois de Jubainville, Hist. des comtes de Champagne, Cat. des actes, n° 2074.

(3) Conrad n'accepta pas cette solution et continua la guerre contre le comte de Bar. Il ne fit la paix que sous Thiébaut Il à qui il quitta enfin Pierrepont et Riste avec toutes leurs dépendances pour lesquelles « li cuens Henri lui avoit fait tort » moyennant trois cents livres de terre. 1er juin 1242. Cf. plus loin, B. N. fr. 11853, f° 83 ve.

(4) Laprévôte, Notice sur Mirecourt, Mem. Soc. Arch. Lorr. XXVII, p. 36 et sq. — Le Mercier de Morière, Cat. des actes de Mathieu IT, p. 34. — Le comte de Toul recouvra Mirecourt par la suite,

(5) B.N, fr. 11853, f° 27,

(6) B. N. fr. 11853, f° 94.

pas plus durer que les précédentes. Le comte de Bar et le duc de Lorraine s'unirent pourtant un instant pour porter secours à l'évêque de Metz, Jean d’Apremont, contre ses sujets. Les bourgeois de Metz venaient, en effet, poussés par . Simon de Linange, prétendant par sa femme (Gertrude de Dagsbourg au comté épiscopal (1), de se révolter contre leur évêque et de commettre de nombreux dégâts dans les terres du paraige de Port Saillis resté fidèle (). Les trois princes mirent le siège devant la ville, mais échouërent. C’est alors que le comte de Bar quitta brusquement le parti de l’évêque pour entrer dans celui des bourgeois. Aubry de Trois-Fontaines met cette conversion sur le compte de l’or des Messins (3), La vérité est plus honorable pour Henri IL. Il avait changé de parti pour suivre l’ordre de l'Empereur Frédéric, favorable aux Messins. L'empereur lui avait demandé expressément son concours ainsi qu'en fait foi la lettre qu'il écrivait à Louis IX, lui faisant connaître qu'il avait prié le comte de Bar de secourir Metz contre l'évêque et lui demandant de favoriser l'entreprise du comte (4. L'autorisation ou tout au moins la neutralité de Saint Louis fut obtenue en janvier 1233, alors que depuis trois mois déjà, le 5 octobre 1232, le comte de Bar avait promis aux Messins de faire la guerre au duc de Lorraine et à l’évêque Jean d'Apremont et de ne conclure ni trêve ni paix sans leur consentement li).

(1) Le Mercier de Morière, op. cit., p. 35.

(2) Gesta ep. Mettensium SS. X p. 541.

(3) Aubry de Trois Fontaines an. 1232. « Comes Barri episcopum de seruit et mediante pecunia Mettensibus quos impugnabat reconciliatis et eis associatus, multa castra urbi contraria dejecit, episcopum et ducem Matteum nepotem suum impugnavit, donec dux ipse relicto episcopo de necessitate reconciliatus est avunculo etita factus est Metensium adjutor. »

(4) Huillard Breholles, Hist. dipl. Frédéric II, t. IV p.595. — D'Arbois de Jubainville, Hist. des comtes de Champagne. Cat. des actes n° 2224 — «Mandavimus dilecto filio Barrensi comiti et eumdem rogavimus ut amore nostri memoratis civibus Metensibus assisteret et ipsecontra dictum episcopum pro viribus adjuvaret.» Saint-Louis répondit en janvier 1233 par une lettre où il enjoint au comte de Champagne de s'abstenir d'aider l’évêque de Metz contre Henri de Bar et les Messins. B. N. Cinq Cents de Colbert 56, fo 26.

(5) Dom Tabouillot, Hist. de Metz, t. III pr. p.188.

Nous manquons de détails précis sur cette guerre. Aubry de Trois-Fontaines parle simplement de la destruction de plusieurs châteaux contraires à la cité. Nous en sommes réduits aux renseignements nombreux, mais douteux, fournis par Louis de Haraucourt et par Florentin Thierrat et reproduits par Dom Calmet (let par Digot.(?) D'après eux le comte de Bar aurait brûlé Florange, Virey et Neufchatel (3). D'autre part Mathieu brüla Pont à Mousson et vint assiéger le château de Foug. Mais le comte de Bar l'obligea à lever le siège, le poursuivit et le battit dans le vallon de Champigneulles; les troupes lorraines trouvèrent à grand peine un refuge à Gondreville. Aucun de ces faits malheureusement n'est connu par les chroniques contemporaines, sauf la destruction de Neufchâtel (4. Ce qui est certain, c'est que Mathieu ravagea les terres de l’abbaye de Gorze dontle comte de Bar était voué )et qu'il réussit à se faire rendre hommage pour le château de Montéclair, situé proche de la frontière du Barrois par le châtelain Simon de Clefmont après les comtes de Bourgogne et de Champagne (6) On se rappelle que ce château avait été construit par le comte de Champagne contre la Lorraine en 1218. Cependant, une fois encore, grâce à l'intervention du duc de Bourgogne, les deux belligérants consentirent à la paix. Elle fut conclue au mois d'août 1233 (7). Mathieu doit rendre au comte de Bar tout

(1) Dom Calmet, t. II livre 23.

(2) Digot, Hist. de Lorraine t. Il p. 61 et sq.

(3) Ce dernier lieu doit être Neufchatel devant Metz comme l’a démontré Le Mercier de Morière, Cat. des actes de Mathieu IT, p. 37, note 4 et non Neufchateau comme le veut Louis de Haraucourt.

(4) Duchesne, Hist. de la Maison de Bar, pr. p. 26. Chron. de Saint- Vincent de Metz. Ù

(5) A. Meurthe-et-Moselle, B. 508, n° 131. Edit. Le Mercier de Morière, Cat. des actes de Mathieu II, n° 271 et XXIII. Mathieu s'engage envers le sous-voué Gobert d'Apremont à rendre les prises faites pendant la guerre.

(6)'A. Lesort, Les chartes du Clermontois, n° XIII. Acte du 10 juillet 1233, |

(7) B. N. Lorr. 719, f° 160. M. Le Mercier de Morière, op. cit., p. 88, n'a

connu ce traité que par la courte analyse de Dom Calmet.

ce qui appartient à celui-ci dans la châtellenie d’Amance ; quant aux fossés de cette ville construits par le duc de Lorraine et dont il a été déjà question au traité de Melun, s'ils ont été faits avant que le comte de Bar se soit retiré de l'hommage du duc dans la ville de Troyes, ils seront maintenus, sinon ils seront comblés. Le château de Fontenoy qui appartient au comte de Toul restera fief du comte de Bar !!}, qui en rendra hommage au duc de Lorraine. Pour le reste, on s'en tiendra aux termes du traité de Melun. Afin d'éviter de nouveaux conflits à main armée, le duc de Bourgogne décide que les différends entre le comte de Bar et le duc de Lorraine seront désormais soumis au jugement de deux arbitres : Guillaume de Leyr 2) et Guery de Preny (8) et en cas de désaccord entre eux à un tiers arbitre, Erard de Chassenay (#, que nous connaissons déjà. Il résulte des termes de ce traité que les deux princes étaient en désaccord surtout pour Amance et que le duc de Lorraine prétendait qu'il n'avait élevé de fortifications dans cette ville que parce que le comte de Bar avait quitté son hommage, ce qui lui reste à prouver. En tous cas, Henri IT agrandit son domaine de Fontenoy que ses successeurs garderont jusqu'en 1245 5" Cet acte se trouve complété par diverses chartes. En juillet 1233, afin d’indemniser l’abbaye de Gorze des pertes subies par elle durant cette guerre, Henri promet que dès qu'il aura fait la paix avec le duc de Lorraine, il lui donnera les centaines d'Arnaville (6) et de Rezonville (1) et le 26 décembre, après la paix, Mathieu confirme cette donation et promet de

(1) Fontenoy avait été assiégé en 1230 lors de la guerre précédente par le duc de Lorraine, aidé d'Haimon de Faucogney contre Ferry de Toul. À. M. B. 256, f° 287. | | (2) Meurthe-et-Moselle, Nancy, Nomeny; Guillaume est appellé Garnier de Lay dans Dom Calmet.

(3) Appelé Werric de Prisney dans Dom Calmet.

(4) Appelé Errard de Chatenoy dans Dom Calmet.

(5) Dom Calmet, t. IL, pr., p. 459.

(6) Meurthe-et-Moselle, Toul, Thiaucourt.

(7) Moselle, Metz, Gorze. Cart. de Gorze, édit A. d'Herbomez.

ne jamais rien réclamer de ces centaines (1). Il reconnaît en outre qu'il n’a aucun droit sur l’abbaye ®). Enfin, le comte de Bar déclare que son vassal Gille de Rodemack s’est porté garant pour lui vis-à-vis de Mathieu de cent marcs d'argent (8). À la même époque, le beau-frère du duc Mathieu, le sire de Choiseul, qui sans doute, s’est déclaré contre son suzerain, lecomte de Bar, en faveur de son parent, faitla paix avec Henri, reprend de lui le fief de Melay (# et autorise son vassal, Guillaume de Baudignécourt, à reprendre cette ville du comte de Bar

Reconciliés, Mathieu et Henri embrassant la cause des Messins combattirent de concert Jean d’Apremont, qui, abandonné de tous en Lorraine, s’en alla chercher des secours de l’autre côté du Rhin. Cependant la médiation de Roger de Mercy, évêque de Toul, réconcilia l’année suivante l'évêque et ses sujets et mit fin à la guerre (6).

Nous avons à partir de cette année 1223 et jusqu'au départ d'Henri II pour la croisade bien peu de renseignements sur ses rapports avec le duché de Lorraine. Ils durent être par la suite aussi pacifiques qu'ils avaient été tendus jusque là (1). Ils sont marqués par un évènement capital, la rentrée de la châtellenie de Stenay dans le

(1) Cart. de Gorze, cit.

(2) Cart. de Gorze, cit.

(3) Septembre 1233. Berthollet, Hist. de Luxembourg, t. V, pr., p. 9. Gille de Rodemach (Moselle, Thionville, Cattenom) était vassal du comte pour Tinquemal (octobre 1216, hommage). B. N. fr., 11853, f° 202.

(4) Commune de Reynel. Haute-Marne, Chaumont, Andelot. Novembre 1233 B. N. fr., 11853, f° 247.

(5) B. N. fr., 11853, fo 247.

(6) Aubry de Trois Fontaines an 1234 : «Mettensesetiam cumcomitae Barri et Metensi episcopo Deo dante reconciliati sunt episcopo mediante Rogerio Tullensi ». À noter que le même chroniqueur rapporte à l’année 1233 que le comte et son oncle assiégèrent avec les Messins le castrum épiscopal de Saint-Germain sous Metz.

(7) Henri se porte garant pour Mathieu pour 400 livres dues à un bourgeois de Verdun, Robert de Champ. A. M. B. 256, f° 255. Le 9 mars 1239 Mathieu confirme un acte d'Henri. Hugo. Ann. Ord. Prem. I,

Barrois (1). Avec Briey que possédait Henri, Etain qu'il acquit, Dun dont il s'empara, la châtellenie de Stenay complétait ses possessions autour de Verdun, qui n’échappera guère à son influence, et de Metz (}, On sait que Stenay avait fait partie de la dot d'Agnès de Bar, mère du duc de Lorraine, Mathieu. A sa mort, Agnès l'avait léguée par testament à son troisième fils Renaud (3), à qui la châtellenie appartenait au moment où Mathieu l’inféoda au comte de Bar. Le 1° août 1238, le comte Henri de Bar reprend donc en fief de son neveu la maison qu’il possède dans le château de Spitzemberg (4, le ban de Laveline (5), dont la garde est confiée à la famille de Haute Pierre (6) et surtout Bourmont, Lamarche, Liffol « près de Neufchâtel » (1), Foug et la rivière de Moselle entre la Roche de Reuez (8) et l'embouchure du Rupt de Mad près d’Arnaville, En retour de cette reprise, le duc lui donne en fief la châtellenie de Stenay et l’avouerie de Beaumont (9. Le comte de Bar s'engage à ne laisser construire aucune forteresse sur les terres du duc, ni entre le château ducal de Longwy et Stenay, ni entre Bourmont et Chatenois, ni entre Lamarche et Neufchâteau. Pour dédommager son frère Renaut, le duc lui cède la seigneurie de Bitche (10). Quelque soit l'hommage

(1) À, M. B. 256, f° 321. Edit. par M. Firmin Comte dans Mém. S. L. de Bar-le-Duc,1900, p. 256. Le Mercier de Morière n’a pas connu cet acte qui est inséré dans un vidimus de 1256. C’est à cause de cette date qu'il a probablement échappé à l'historien de Mathieu II, le règne'de celui-ci se terminant en 1251.

(2) Cf. plus loin, p. 280.

) ) ) Vosges, arrondissement et canton Saint-Dié. ) Commune de Moyenmoutier. Vosges, Saint-Dié, Senones. ) Vosges, arrondissement et canton Neufchâteau. ) Auj. Haut de Rupt près de Pont à Mousson.

(9) Soit Meuse, Verdun, Charny, soit, comme le veut M. Firmin Comte, Ardennes, canton de Mouzay.

(10) 23 août 1238. Mathieu assigne en douaire à sa femme Catherine, Longwy, en échange de Bitche cédé à Renaut. Dom Calmet II, pr. p.452. Berthollet, Hist. de Luxembourg, V, pr. p.13.

que le comte de Bar devait rendre au duc pour les localités précitées, on comprend qu'il n’ait pas hésité à acquérir à si bon compte un castrum aussi important et qui, plus qu'Amance, était nécessaire à l'extension du comté de Bar et indispensable à la politique des comtes dans le nord de leurs états. D'ailleurs pour Stenay comme pour Amance, ils n'avaient pas cédé tous leurs droits et avant la reprise de cette ville, le comte de Bar y était voué du prieuré de Saint- Willibrord 4). L'acquisition de Stenay fut complétée par celle des fiefs de Delut 2 en novembre 1238 () et de Boville (# en juin 1239 (5), qui firent rentrer l'importante maison de Mussey 6) dans la mouvance du Barroïis.

4. — Les comtes de Bar possédaient proche de Stenay la suzeraineté après l'évêché de Verdun des châteaux épiscopaux de Muraut (1) et de Dun. Or Henri, trois ans avant de récupérer Stenay, avait complétement évincé l'évêque de ce dernier castrum, en se faisant prêter par le châtelain Gobert d’Apremont (8), moyennant une inféodation de terre à Vertuzey (9), hommage avant tous hommes quels qu'ils soient. Gobert s'engage à recevoir à Dun les hommes du comte et à l’en aider contre tous. L'acte est du mois d'avril 1235 (10). L'évêque de Verdun, Raoul de Thourotte, dont il n’est fait aucune

(1)B. N. 11853, fr, 202.

(2) Meuse, Montmédy, Damvillers.

(3) B. N. fr. 11853, f° 142.

(4) Bonviller, Meurthe-et-Moselle, Briey, Audun-le-Roman.

(5) B. N. fr. 11853. fo 142.

(6) Commune de Longuyon.

(7) Robert, évêque de Verdun, reconnaît, en 1214, que Simon de Muraut est homme lige du comte après l’évêque pour le château de Muraut (commune de Damvillérs) et non Murvaux (canton de Dun) comme le croit M. A. Lesort, Chartes du Clermontois, n° VII.

(8) Gobert d'Apremont doit à Briey 13 mois de garde, dont un doit être fait par Barthélemy de Briey pour le compte de Gobert. Reconnaissance de juillet 1238 et avril 1235 B. N. fr., 11853, f° 57.

(9) B. N. mss. fr. 11853, fo 57. Gobert acquiert une augmentation de fief à Vertuzey, mais cède ses droits à Thiaucourt et s'engage à n’y jamais rien acquérir. rs

(10) B. N. fr. 11853, f' 57, vo.

mention dans l'acte protesta vigoureusement et cita Gobert à comparaître devant sa cour. Chose inouïe, Gobert nie les faits qui lui sont reprochés; il jure non seulement qu'il n’a pas repris Dun en fief du comte de Bar et ne s’est pas déclaré son homme lige, mais qu'il doit l'hommage et le service à l'évêque de Verdun bien plus qu’à tout autre, l'évêque de Metz excepté. Ce nouvel acte est du mois de ‘juin 1235 (1), La même année sans date de mois, Gobert d'Apremont reconnaît enfin sa faute; contredisant l'acte précédent, il affirme que l'hommage a bien été prêté au comte de Bar pour Dun, non par lui, mais par son fils Geoffroy, que Geoffroy avait refusé cet hommage, mais que lui, Gobert, l'y avait forcé par ses menaces et même par ses coups (2). Que de plus, il a contraint son épouse, mère de Geoffroy, à lui donner un parchemin en blanc revêtu de son sceau, sur lequel, il a écrit ce qu'il a voulu, elle même l'ignorant 6), Les deux actes (4) insérés au cartulaire de l'évêché et reproduits par Clouet semblent suspects. Le second surtout est étrange et déroutant; nous voyons d'autant moins Gobert d’Apremont s'accuser de voies de fait sur son fils, de faux et d'usage de faux, de félonie enfin, que Dun demeurera fief du comte de Bar avant tous ®). Si Gobert avait eu l’attitude que les actes du cartulaire lui prêtent, l'hommage de Dun au Barrois eut été nul. Cependant la protestation de Raoul reste probable, puisque le successeur du comte Henri attendra la mort de l’évêque pour régler définitivement la question.

(1) Bibl. Verdun Cart. Évéché, n° 98, cité par Clouet, Hist. de Verdun, IT, p. 387.

(2) « Universis autem facio quod idem Joffridus, filius meus, hoc fuit coactus et ad id faciendum quamvi se nolente, a me minis et verberibus

compulsus ».

(3) « Coegi etiam matrem suam, uxorem meam ad hoc quod concessit mihi unum pergamenum sine scriptura, sigillo suo sigillatum in quo feci scribi et poni ipse quid quod volui, ipsa ignorante ».

(4) Bibl. Verdun, Cart. Évéché, n° 97. Clouet, Hist. de Verdun, NH, p. 388.

(5) Geoffroy et sa mère rendent hommage pour Dun comme l'a fait

Gobert le 26 décembre 1241 et le 22 juillet 1245. B. N. fr. 11853,

fo 58.

Au sud-est de l'évêché, vers les terres sammielloises, Henri fait rentrer dans son hommage un vassal de l'évêché de Verdun, le sire de Maizey (1). En août 1221, Gérard de Maizey vend au comte de Bar ce qu'il a à Hs. (2), Ambly (2) et la moitié des eaux de Maizey G). Il s'engage à mettre tout en œuvre pour, avec le eee du comte de Salm, faire passer sous la suzeraineté du comte de Bar Pierre de Lignères et Garnier de Rembercourt-sur-Mad (4. En mars 1237, le fils de Gérard, Robert de Maizey, rend hommage au comte pour Rembercourt-sur-Mad et Rarécourt (), et doit trois mois de garde au château de St-Mihiel. Nous savons que l’évêque de Verdun protesta aussi contre ces hommages, puisque les premiers actes de son successeur ont pour but de mettre fin à ces protestations (6).

Mais la plus importante des acquisitions d'Henri dans les parages de Verdun fut celle de la terre d'Étain, qui allait lui permettre d'étendre jusqu'aux portes mêmes de la cité épiscopale sa seigneurie de Briey. Etain et le ban d'Etain avaient longtemps appartenu à l'église Saint-Eucaire de Trèves. Cetteabbayeéloignée avait cédé ses droits en 1221 à la Collégiale Sainte-Madeleine de Verdun (6) Celle-ci trop pauvre

(1) Meuse, Commercy, Saint-Mihiel.

(2) Meuse, arrondissement et canton de Verdun.

(3) B. N., fr. 11.853, fo120.

(4) dec Verdun, Clermont. B. N.,fr. 11.853, f° 121.

(5) Cf. plus loin, 1. IT, ch. Ier.

(6) Il n’est guère possible de savoir quelle était l'étendue de la terre d'Étain au début du xme siècle. D'après une donation (suspecte) faite en 707 par Lutoin archevêque de Trèves à Saint Eucaire la terre d'Étain est comprise entre Longeau (commune Amel, Meuse, Montmédy, Spincourt), au nord, Warcq (canton d’ Étain) au sud et Hermeville (même canton) à l'est. D'après le dénombrement publié par Ch. Aimond, Mem. Soc. L, Bar-le-Duc, 1914, p. 46, la prévoté d’ Étain comprenait : Étain, Rouvres. Moranville, Châtillon, Gussainvilleet son écart Saint-Maurice, Moulainville Lanhères (canton d'Étain) —Pareid, Villers, Harville, M oulotte. Maizeray (canton de Fresnes-en-Woëvre)— Douaumont, Beaumont, Charny (canton de Charny) — Spincourt, Senon, Amel, Gouraincourt, Baroncourt (commune de Bouvigny) Moraignes (commune de Billy), Eton (arrondissement de Montmédy, canton de Spincourt) — Béchamp (Meurthe

et surtout trop peu puissante pour défendre une possession aussi importante la vendit au comte Henri II le 18 août 1224 (1), Un nouvel accord du 6 mai 1228 règle les conditions de cette vente (@). Les chanoines se réservent le droit de nomination à la cure d'Étain, toutes les dimes de la ville, une grange, le cens dû jadis à Saint-Eucaire, le cens du moulinet des prés de Foameix ), l’exemption d'amende pourles dégâts commis par leurs bestiaux, l’usage des bois pour l'église d'Étain, leur cloître, leur église et leurs moulins de Verdun. Tout le reste appartient au comte de Bar, comme seigneur de Briey, à la condition de ne jamais mettre Etain en d'autres mains qu’en celles de ses successeurs, seigneurs de Briey. En retour, le comte s'engage à garder et à protéger la collégiale et ses biens et lui donne les dîmes de Laimont (4) et de Longeville 5). La terre d’Étain atteignait d’un côté les Hauts de Meuse proche Verdun, de l’autre la châtellenie de Briey achevant de réunir celle-ci à Dun et à Stenay et complétant ainsi au nord l'union des possessions orientales et occidentales du comté de Bar. Au sud, elle atteignait les terres de Saint-Mihiel. Quand Thiébaut II aura achevé la réunion de l’Argonne, il ne restera plus au Verdunois d’autre voisin que le comte de Bar (6). En 1219, l’abbaye verdunoise

et Moselle Briey, Conflans). — Sur les origines de la terre d'Étain et sa vente par Saint-Eucaire, Cf. Roussel, Hist. de Verdun, p. 163 et nos

(1) A. M. Coll. Buvignier, Layette Étain, f° 71 — A.M. G. Madeleine Layette 1 — Arch. N. J. 978, n° 9,

(2) B. N. fr. 11853. f° 164, v°.

(3) Canton d'Étain. — En octobre 1228, Henri déclare que les hommes de Foameix doivent payer entre les mains de son villicus d’Etain en faveur de l’église Sainte-Madeleine huit sous à la Saint-Remi sur les moulins et les prés de Foameix — Orig. A. M. Coll. Buvignier, Layette, Étain.

(4) Meuse, Bar-le Duc, Revigny.

(5) Meuse, arrondissement et canton de Bar-le-Duc.

(6) Notamment par l'acquisition de la châtellenie de Buzancy en 1275. B. N. fr. 11853 f° 24 (hommage du sire de Buzancy au comte de Bar Cf. plus loin p. 316, et Ch. Aimond, Les relations de la France et du Verdunois, p. 43.

de Saint Paul avait déclaré accompagner le comte dans les revenus de Courouvre (1) et de Courcelles ().

5. — Dans les dernières années de son règne le comte Henri n'eut plus aucune difficulté avec Raoul de Thourotte ni avec l'évêque de Metz, Jean d’Apremont. Par contre, il eut encore après le traité de Melun de nombreux démêlés avec Thibaut de Champagne. Veuf en 1231 de sa seconde femme, Agnès de Beaujeu, Thibaut se fiançca l’année suivante à Yolande de Bretagne, fille de Pierre Mauclerc et nièce du comte de Bar; mais le pape et le roi s'étant opposés à ce mariage, Thibaut rompit sa promesse et épousa Marguerite, fille d'Archambault de Bourbon. La maison de Dreux et avec elle le comte de Bar considérèrent cette façon d'agir comme une injure et, toujours sous prétexte de soutenir les droits d’Alix de Chypre, ils reprirent la guerre contre Thibaut. Le pape Grégoire IX intervint et le 26 avril 1233, il adressa au comte de Bar-le-Duc, comme aussi à Jean de Chalon et au duc Mathieu de Lorraine, une bulle leur enjoignant, de ne pas quitter l'hommage du comte de Champagne pour qui que ce soit ().

Nous ne savons pas quelle fut l'attitude d'Henri; cependant

il dut y avoir quelques hostilités, car, lorsque la paix fut faite en 1235, par l'intervention du duc Hugue de Bourgogne, Thibaut promit de ne plus rien réclamer du fief du comte de Grandpré, qui est homme lige du comte de Bar avant tous autres. Ce que certifie le duc de Bourgogne 6). En mai 1236, le comte de Champagne renouvelle personnellement la même promesse (. D'autre part le comte de Bar s'engage à remettre dans les prisons du comte de Champagne le maire de Saint-Thiébaut qui avait été longtemps

(1) Meuse, Commercy, Pierrefitte.

(2) D’Arbois de Jubainville, Hist, des comtes de Champagne, Cat. des actes, n° 2248. -

(3) Orig. B.N. mss. Lorr. 184 # 2. — Cf. D. Morice, Histoire de Bretagne, tome I, 895. — A. de Barthélemy — Les comtes de Grandpré, p. 30. RE

(4) B.N. fr. 11853, f° 24.

détenu par les Champenois dans le château de Montéclair et ce, dans les quinze jours qui suivront la mise en demeure par Pierre de Jaucourt ou par son mandataire (1). Sans doute qu'Henri Il avait délivré cet homme au cours des hostilités.

Le comte de Grandpré avait d’ailleurs témoigné quelque hostilité à son suzerain. Le 20 mars 1235, il renonça à toutes les réclamations qu'il avait formulées contre le comte de Bar. Celui-ci par contre augmenta son fief des bois de Varennes, des vignes d'Apremont (2, Coursaucourt ®) et Vauzelles (4), des arrières-fiefs d'Itier du Châtelet 5) et de Jean de Termes (6) à Montblainville (1), des terres de Romagne ( et de la garde de Cierges ($). Par contre, en décembre 1236, le comte de Grandpré cède à Henri Il tous les fiefs que Raoul de Clermont tenait de lui dans le comté de Beaulieu, sauf les hommes de l’abbaye à Jubécourt et à Ville-sur-Cousance (%). Un autre vassal du comte de Bar, Pierre, fils de Liébaut de Bauffremont, qui avait combattu son suzerain fait la paix aveclui le 19 octobre 1236, promet de lui prêter son château contre tous et de lui rendre hommage pour Loisy et Vaux (10).

Thibaut de Champagne se débarrassa d’Alix de Chypre, comme il s'était débarrassé d'Errard de Brienne, en lui payant une forte indemnité. Il s'engagea à lui verser une rente annuelle de deux mille livres sa vie durant et une somme de

1) Chantereau-Lefebvre, Traité des fiefs II, p. 219.

/ 1) (2) Ardennes, Vouziers, Grandpré.

(3) Nous n'avons pu identifier ce nom.

(4) « Le vinage des le pont et le wei de Vauzelles » peut-être la côte sur le ruisseau de Vervaux, commune d’Apremont. (5) Ardennes, Rethel, Juniville.

6) Ardennes, Vouziers, Grandpré.

(7) Meuse, Verdun, Varenues.

(8) Meuse, Montmédy, Montfaucon. B. N., fr. 11853, f° 31, fr. 4881, 102229,

(9) B. N., fr. 11853, f 31.

(10) Doc. inédits de l'Histoire des Vosges, IV, p. 349.

quarante mille livres une fois payée (1). Ces quarante mille livres furent données par le roi de France, contre quoi le comte de Champagne doit reprendre de lui les comtés de Blois, de Sancerre, de Chartres et la vicomté de Châteaudun. Durant que les négociations se traitaient par mandataire, Thibaut était allé prendre possession de son royaume de Navarre à lui échu par héritage de sa mère. Dès qu'il fut de retour, sincèrement ou non, il s’empressa de contester la vente et prétendit que la mouvance avait été simplement engagée, que les quarante mille livres une fois payées, il reprendrait ses comtés hypothéqués en franc alleu. Malkeureusement pour lui, le roi avait fait une trop bonne affaire et la réclamation de Thibaut ne fut pas, admise (?).

Il se prépara alors à la guerre. C'était un mariage quiavait tout brouillé; Thibaut pensa tout réparer par un nouvean mariage, et puisqu'il ne s'était pas allié lui-même à la maison de Dreux, il lui donna sa fille, Le 14 avril 1236, il fiançait Blanche de Champagne, promise auparavant à l'héritier de Castille, à Jean, fils de Pierre Mauclerc, lui promettant après sa mort le royaume de Navarre, même s’il avait un héritier mâle. Cet engagement fut pris à Château-Thierry, en présence du comte de Bar, du duc de Bourgogne, des comtes de Mâcon, de Saint-Pol et de Soissons, de Thomas et Enguerrand de Coucy, du comte de Grandpré, d'Errard de Chassenay, Simon de Chateauvillain, Raoul de Choiseul, Roger de Rozay, Gérard de Durnay, des évêques de Reims, Châlons, Sens et Langres (3). Il semble que le principal négociateur du mariage ait été le comte de Bar qui s'engagea vis-à-vis de Thibaut, pour le cas où Jean mourrait sans hoir de Blanche, ou si leurs hoirs ne vivaient pas, à lui faire rendre le royaume de Navarre et ce dans les quarante jours, faute de quoi il se livrerait comme otage ou perdrait les fiefs mouvants de Champagne. L'acte — daté d'avril

(1) Joinville, ch. 87. Aubry de Trois-Fontaines, SS. XXIII, p. 938. (2) Elie Berger, Hist. de Blanche de Castille, p. 247. (3) Duchesne, Hist. de la Maison de Dreux, pr. 331.

1236 — engage également les héritiers d'Henri vis-à-vis des héritiers de Thibaut (1).

Ce mariage, contracté sansla permission du roi, déchaîna la guerre contre Thibaut. Louis IX s’apprêtait à marcher contre son vassal rebelle lorsque le pape.intervint (2). Thibaut et plusieurs de ses alliés avaient en effet promis de partir pour la croisade et Grégoire IX craignait que la guerre ne retardât l'expédition. Le roi consentit donc à recevoir la soumission de Thibaut qui perdit les comtés engagés et avec eux les châteaux de Bray-sur-Seine et de Montereau ().

Le comte de Bar et le comte de Champagne restèrent-ils en bons termes jusqu'à leur départ pour la croisade? Il est permis d'en douter, puisque le 1° mai 1239, Thibaut IV force son vassal Jean de Joinville à promettre de ne pas s’unir par mariage à la maison de'Bar (4). Quelles en sont les raisons? Nous l'ignorons. Toutefois la question de l’Argonne pourrait encore bien y être pour quelque chose. Sur cette frontière, en mars 1238, Anseau de Dampierre et Henri II promettent de ne pas se retenir leurs hommes (5); le comte de Bar accorde également cette promesse à Geoffroy de Louppy pour Louppy-le-Château (6) et Villotte (6) en juin 1238 (7). Geoffroy de Louppy, vassal direct du Barrois, devient le vassal de la Champagne, réserve faite de la fidélité au Barrois (8). Ce qui pouvait surtout porter ombrage à Thibaut c'était l'influence prise par Henri, après Grandpré, sur Rethel et

(1) B. N., fr. 4847, fo 283. Ve. de Colbert, 434, f° 66.

(2) D'Arbois de Jubainville, Hist. des comtes de Champagne, Cat., n°5 2419, 2426, 2427. Potthast : Regesta 10207.

(3) Elie Berger, op. cit., p. 251.

(4) Hist. des Gaules, XX, p. 305. N. de Wailly. Bibl. Ecole des Ch., 6° série, III, p. 558. Même promesse de Béatrice de Vaucouleurs ; même de Jean de Joinville. Delaborde, Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville, n° 296. D'Arbois de Jubainville, Hist. des comtes de Champagne, Cat., n° 2503/04. Chantereau-Lefebvre, Traité des fiefs, II, p. 225.

(5) B. N. fr. 11853, f° 81°,

(6) Meuse, Bar-le-Duc, Vaubecourt.

(7) A. Meurthe-et-Moselle, :B. 371.

(8) Hommages de juillet 1223 et juin 1226. Chantereau Lefebvre, op. cit., IL, p. 143 et 171. Mai 1232, Cat. d’Arbois de Jubainville, n° 2124.

sur l'important fief de Hans{1). En juin 1238, Ade, comtesse de Soissons et dame de Hans, demande au comte de Bar la ratification de l'acte par lequel Jacque de Hans, son fils, dote sa femme Heluis, fille de Gilles de Barbancçon, d’une partie de sa terre et reconnaît qu'Henri est son suzerain (?). L'année suivante Jacque cède à son neveu, le comte Henri V de Grandpré, la garde de Servon (6) et celle de Chevières (*) contre celle Mouron (5), qui est dans la suzeraineté du comte de Bar ©

Au nord du Barrois, + comte Henri resta oies en excellents termes avec son vassal le comte de Chiny. En mai 1219, Louis de Chiny prend pour arbitre le duc de Lorraine, afin de régler les différends qu'il a avec les seigneurs de Chauvency, mais il obtient le consentement du comte de Bar qui notifie l'arbitrage (f). Après la mort de Louis, son gendre Arnoul comte de Loos et de Chiny rend hommage; cet hommage ne diffère pas de celui de 1204: Chiny est vassal du comte de Bar, rendable à grande et petite force chaque fois que besoin sera; les chevaliers et bourgeois de la châtellenie doivent la même fidélité. La reconnaissance d’Arnoul est faite à Mousson en octobre 1227 (): sa femme Jeanne, fille de Louis, rend également hommage dans un acte séparé(8) et le renouvelle en avril 1228 9). En mars 1222, Hugue de Marlière (10) vassal du comte de Chiny reprend du comte de Bar dix livres de terre et promet d’aug-

(1) Comprenait. Hauzy, Malmy, Virginy, Courtémont, Dommartin, Sommebionne et Hans, Cf. A. Lesort, Chartes du Clermontois, n° 72. (2) B. N. fr., 11853 f° 177. A. de Barthélemy. Les comtes de Grandpré,

(3) Marne, Sainte-Menehould, Ville-sur-Tourbe.

(4) Ardennes, Vouziers, Grandpré.

(5) Orig. B. N. mss Lorr. 199, n° 6.

(6) A. M. B. 256, fo 299. Firmin Comte. Mém. Soc Bar-le-Duc, 1900,

7) B. N. fr. 11853, f 136. Würth-Paquet, op. cit., n° 113. 8) B. N. fr. 11853, £° 137. B. N. Lorr. 186, f° 31.

9) B.N. fr. 11853, © 137. Wurth-Paquet, op. cit., n° 116.

10) Ardennes, arrondissement et canton Sedan.

menter son fief lorsqu'il aura hérité de son beau-père Renaud de Donchery (1). En mars 1231, un autre vassal de Chiny, Robert de Werlin, reprend de Henri II Linay et Blagny (2). En mai 1230, Gille de Roufort recoit dix livres de terres à Varennes pour sa fidélité, après l'évêque A Liége, le comte de Luxembourg et le comte de Chiny (@). Enfin, en novembre 1135, Henri de Houfalize déclare ne pouvoir retenir à Bovignes (#) et Bertrameix les hommes du comte Henri Ü).

Le comte de Bar n'avait pas non plus négligé ses affaires du côté de la Bourgogne. Il y avait acquis la terre de Conflans. En janvier 1229, Girard de Fontaine (6) déclare qu'il est homme-lige du comte pour Conflans (7) mais que sa mère relève de Guillaume de Vergy (8); en novembre 12314, Girard de Fontaine vend définitivement cette terre de Conflans au comte de Bar pour mille livres (9) et cette vente est approuvée en mars 1238 par Guillaume de Vergy et sa femme Clémence (10), En avril 1237, Simon de Cirfontaine (11) rend hommage pour Masières (1?) et déclare, que son héritier qui aura Jonvelle (1?) sera l’homme-lige du comte de Bar (8). Ajoutons que, le 24 juillet 1234, l'évêque et le vicomte de Besançon avaient reconnu que les fils de Pierre l'Angres avaient vendu au comte de Bar leurs droits dans le château de Châtillon (4).

(2) Ft Sedan, Carignan. B. N. fr. 11853, f° 93. ) B. N. fr. 11853, f° 172.

) Bouvigny; Meuse, Canton de Spincourt.

) B. N. Lorr. 718, f° 192. — B. N. fr. 11853, f° 49.

) Fontaine-les-Luxeuil, Haute-Saône, Lure, Luxeuil. ) Conflans-sur-Lanterne, même canton.

B. N. fr. 11853, f° 250.

B°N:fr. 11853; 12250.

) Ibidem.

) Haute-Saône, Vesoul, Vauvillers,

) Haute-Saône, Vesoul, Jussey.

. N. fr. 11853. f° 251,

(8) (9) (10 (11 (12 (13 (14) B. N. fr. 11853, f° 254.

M. Grosoinier De Matos. 19

C. — Donations et fondations, Croisade de Henri II. Sa postérité.

1. Donations et fondations, — 2. Croisade et mort de Henri II. 3. Le mariage de Henri II. — 4. Les enfants de Henri I.

1. — Comme tous ses ancêtres, Henri I fut profondément religieux; il donna volontiers aux monastères de ses états. S'il eut une prédilection marquée pour les cisterciennes de l'abbaye de Sainte-Hoïlde, qu'il avait fondée ainsi que Beauchamp, il n’oublia pas les vieilles abbayes dont il avait la souveraineté ou la garde : Saint-Mihiel et Gorze.

Il approuve les donations faites à Saint-Mihiel en mars 1217 par Pierre de Bourmont des dimes de Levoncourt (1) le 15 juillet 1225 par Hugue d’Amel de la ville de Rupt ), en octobre 1228 par Richer de Kœur, des dimes des Kœurs et de Han -sur -Meuse 6), en décembre de la même année par Renaud de Dompierre (4) et son frère des biens ‘aux Kœurs et du bois de Rovenal pour l'entretien des moulins de Pichaumeix, Bislée et Morvaux ), en janvier 1231, par Garnier, chatelain de Mousson, de quarante livres sur le péage de Saint-Mihiel (6) et par Martin, curé de Bourmont, d'une vigne à Bourmont ().

Le comte de Bar donne lui-même en avril 1221, onze deniers au prieuré de Haréville payables moitié le 24 juin, moitié le 25 décembre sur les moulins, fours et péages du village (8), en décembre 1234 pour le repos de l’âme de ses

(1) A. M. H., Saint-Mihiel, 4 k.

(2) À. M. H., Saint-Mihiel, 40!. Cart. J?, f° 29.

(3) À. M. H., Saint-Mihiel, 4q°.

(4) Dompierre-aux-Bois, Meuse, Commercy, Vigneulles, ainsi que l'indique le texte &« Domnus Petrus in Boscho » et non Dampierre-en-Astenois comme le croit A. de Barthelemy, Le comté d’'Astenois, p. 37.

(5) A. M. H,, Saint-Mihiel, 4q%. — Cart. J?, fo 169 et 277.

(6) A. M. H., Saint-Mihiel, 3 BT. — Cart. J?, fo 25. — L'acte de Garnier

est de 1226 (mêmes cotes).

(7) À. M. H., Saint-Mihiel, 5 P?.

(8) A -M. en Saint-Mihiel, 5 PS, f 1 (Petit Chartrier de Haréville).

ancêtres, les dimes de Bannoncourt(f), en mars 1235, les dîimes de Massonges ®) au prieuré de Bar (?, enfin en juin 1239 au moment de son départ pour la croisade, le four banal de Saint-Mihiel pour le repos de son âme (4. Par contre, l'abbaye lui cède en juin 1220, les dimes de Vaubecourt contre une rente de quinze muids de blé ) et en mars 1232 les bois situés entre Chardogne(6), Behonne(6), Vavincourt (6) et Fains, sauf le droit d'usage du prieuré de Bar (1). Le comte approuve certains achats faits par l’abbaye en juillet 1215 de biens à Mandres (), à Thierry de Puxe (?), en octobre 1221 des dimes de Salmagne (1) et Levoncourt à Hugue d'Amel (1) et à son suzerain Baudoin de Belrain (?). Il approuve également les .inféodations faites par l'abbé en janvier 1217 à Arnoul de Loupmont (13), En novembre 1227, le comte et l'abbé font faire à frais communs des fours à Haréville, Perriers et Genville, ils doivent en partager les revenus (14). Tous ces actes montrent bien que l'union de Saint-Mihiel au comté de Bar était toujours aussi étroite. La vente même du château par Renaut [* qui semblait avoir rendu une certaine indépendance à l’abbaye ne devait plus guère avoir. d'effet, puisque nous voyons en mars 1237, Robert de Maizey déclarer en rendant hommage au comte pour Rembercourt-sur-Mad et

1) Meuse, Commercy, Pierrefitte. — A. M. H., Saint-Mihiel, 3 T*. 2) Commune de Behonne, Meuse, Bar-le-Duc, Vavincourt. 3) A. M. H., Saint-Mihiel. Cart. J?, f° 286.

4) À. M. H., Saint-Mihiel, 2 Z1. - 5) A. M. H., Saint Mihiel, 4 H.

6) Meuse, Bar-le-Duc, Vavincourt.

7) A. M. H., Saint-Mihiel, 6 Z®. — Dom de l'Isle, Hist. de ro de Saint-Mihiel, p. 13’.

(8) Commune de Châtillon-sous-les-Côtes, Meuse, Verdun, Etain. (9) Meurthe-et-Moselle. Briey, Conflans. À. M. H., Saint-Mihiel. Cart. JR (10) Meuse, Bar-le-Duc, Ligny.

(11) Meuse, Montmédy, Spincourt.

(12) A. M. H., Saint-Mihiel, Cart. J?, f 283. (13) Meuse, Commercy, Saint-Mihiel. — A. M. H., Saint-Mihiel SS7. (14) A. M.H,, Saint-Mihiel, 506. —- B. N.fr. 11853, f° 118 r°.

Rarécourt-sous-Clermont qu'il doit trois mois de garde en ce château (1).

On sait par ailleurs, que Henri II donna à l’abbaye de Gorze les centaines d’Arnaville et de Rezonville. Il n’hésita pas en 1220, étant gêné à la suite de sa guerre contre le duc de Lorraine, à emprunter à ces deux abbayes une somme de douze cents livres messins dont six cents à Saint-Mihiel qui prend en gage les revenus des moulins de Bar et ceux des péages de Bar et de Saint-Mihiel () et six cents à Gorze garantis par les dîimes de Tyrey () et par Pierre de Bourmont, vassal du comte (4), L'abbaye de Gorze est, elle aussi, sous la dépendance étroite du comte de Bar; elle ne peut faire aucun accord avec le sous-voué Gobert d'Apremont sans la permission d'Henri II 6).

Le 23 juin 1221, le comte de Bar devint gardien de l'abbaye de Neuvillers (6); en juillet 1236, il prit sous sa protection celle de Flabémont (7 et déclara qu'il l’aiderait, en l'accompagnant, à jouir en paix des fiefs de Frasne (8). Enfin le 16 mars 1239, le chapitre de Metz déclare être dans la garde du comte depuis longtemps pour ses biens de Pont-à- Mousson, et qu'il y restera (9).

Les abbayes cisterciennes plus récentes dans le Barrois ont moins intéressé le comte Henri II. Il donna aux moines de Saint-Benoiït en 1218 un pré à Hadonwille (0), eten juin 1239, les dîimes de Novéant-en-Haye (11) à la condition que

(LL B°N. fr. 11853, 101.

(2) A. M. H,, Saint-Mihiel At.

(3) Disparu. -- Catalogue de la collection Marchand, n° 92 a. 4) Disparu. — Catalogue de la collection Marchand, n° 92 b. 5) B:N'fr: 11853; F° 121

CL B-NACUMTI 2197.

7) Commune de Tignecourt, Vosges, Neufchâteau, Lamarche. 8) B. N.fr. 11853, f° 251.

(10) Meuse, Commercy, Vigneulles. — L'acte est signalé par un inventaire mss. des Archives de la Meuse sous la cote H. saint Benoît D'3, mais il est en déficit aux cartons; il a dû disparaître lors de l'affaire Marchand.

(11) Noviant-aux-Près, Meurthe-et-Moselle, Toul, Domèvre.

l'abbaye fournisse les hosties nécessaires aux diocèses de Metz, Toulet Verdun (1). En 1219, il donne au monastère d'Evaux cent livres sur les marchés de Ligny (2). Pour La Chalade, il confirme, en août 1223, une donation de Nicolas de Vilosnes %. Il approuve pour Lisle-en-Barrois les donations faites par Geoffroy de Louppy des dimes de Louppy et par Illicie de Beauzée de blé à Seraucourt () et en 1233 un accord entre l’abbé et Raoul, voué de Chaumont (6).

Henri IT fonda l’abbaye de Saintc- Hoilde ! 7) proche de Bar, pour des religieuses cisterciennes. Nous ne savons quelles circonstances amenèrent cette fondation. D’après une tradition rapportée par Dom Calmet et par Clouet (8), Agnès de Champagne, veuve du comte de Bar Renaut II se serait retirée en son château du Putil pour y vivre avec sa belle-fille Jeanne de Dreux, une vie pieuse et austère et elle aurait fait porter là une relique insigne de Sainte-Houd, sœur de Sainte Menehould , à elle donnée par le comte Henri II de Champagne. D'autres solitaires seraient venues se joindre aux pieuses femmes et la petite communauté aurait pris la règle cistercienne en 1215, pour obéir aux prescriptions du Concile de Latran qui ordonnait à toute maison religieuse de se placer sous une règle connue et déterminée. Ni Jeanne de Dreux sûrement (9%), ni le château du Putil probablement n’ont existé. Bien que nous ne possédions plus le texte même

(1) A. M. H., Saint-Benoit q5. — Copie : B. N. fr. 11853, f° 124. — Lorr. 288, f° 266. x

(2) A. M. H., Evaux, layette E°.

en Meuse, Montmédy, Dun. — A. Lesort, Les chartes du Ce onoie

la )'A. M. H., Cart. de Lisle.

(5) Meuse, Bar-le-Duc, Triaucourt. — A. M. H., Cart. de Lisle. (6) Meuse, Bar-le-Duc, Vaubecourt. — A. M.H., Cart. de Lisle. (7) Commune de Bussy-la-Côte, Meuse, Bar-le-Duc, Revigny. Cf. Jacob, Cart. de l’abbaye Sainte-Hoïldc, Bar-le-Duc, 1881, in 8°. — . Labourasse, L'abbaye de Sainte-Hoïlde, Mém. Soc. arch. Lorr., 1895; Bister, Chronique de Sainte-Hoïlde, Mém. Soc. L. Bar-le-Duc, 1908. ) Clouet, Hist. de Verdun, t. I, p. 303.

) Cf. précédemment, p. 195.

de l'acte de cette fondation, il faut l’attribuer tout entière au éomte Henri Il; la bulle confirmative de Grégoire IX du 12 juin 1236 (1) est formelle : le lieu où est bâti le monastère avec toutes ses dépendances, labours, prés et bois a été donné en pieuse -libéralité par le comte Henri, fondateur du monastère (2. Deux actes antérieurs permettent de préciser la date : la fondation eut lieu entre février 1229 où Garnier, châtelain de Bar vend au comte le domaine de « Saint-Huont » contre une rente de blé sur les moulins de Laheycourt (%) et octobre où le comte permet à l’abbaye d'acheter à He de Septiniaco (4) les dimes de Neuvillesur-Orne (). La bulle de Grégoire IX nous fait connaître les biens que e moniales doivent à la libéralité du comte : en rentes annuelles quinze mesures de froment sur les moulins de Bar, vingt-cinq d'avoine à Laheycourt et à Auzécourt (6), quarante livres fors sur le tonlieu de Bar, cinquante mesures de vin sur les vignes, le moulin banal de Laheycourt avec défense à quiconque d'en construire un autre dans le voisinage entre Louppy-le-Château et Auzécourt, le breuil de Laheycourt et les cens en poules que ce village devait au eomte. En outre, trois mesures de froment données à Laiïimont (7) par Pierre de Bourmont, une maison et une vigne à Bar par Guiard, chanoïne de Saint-Maxe, un rez de froment à Boncourt (8) par Jacque d'Orne, les dîmes de Resson (), Sauvoy(10)}, Neuville et Seraucourt (11) et Ville-

(1) Dom Calmet, II, pr., p. 450.

(2) « Locum ipsum in quo monasterium situm estcum omnibus pertinenciis suis. quæ nobilis vir Henricus comes Barrensis fundator ipsius monasterii.. donavit ».

(3) Meuse, Bar-le-Duc, Vaubecourt. A. M. H., Saint-Mihiel, 4 H.

(4) Non identifié.

(5) Jacob, Cart. de Sainte-Hoïlde, n° 84.

(6) Meuse, Bar-le-Duc, Vaubecourt.

(7) Meuse, Bar-le-Duc, Revigny.

(8) Meuse, arrondissement et canton de Commercy.

(9) Meuse, Bar-le-Duc, Vavincourt.

(10) Meuse, Commercy, Void.

(11) Meuse, Bar-le-Duc, Triaucourt.

devant-Belrain. A cette confirmation de biens étaient joints un certain nombre de privilègés comme d'élire l’abbesse et de pouvoir appeler, quand l'ordinaire défaillait, n'importé quel évêque pour voiler les professes. Cette abbaye fut la préférée du comte Henri Il; au moment de partir pour la croisade, il accumule les AE EE de dons : celui de Simon de Neufville à Neuville (1), des frères de Laimont à Fontenoy (À) ÿ Vassincourt (), de Joëte de Dieulouart à er pe . Henri donne limb le vieil étang de Neuville () et à fie à Varney (6), enfin sur le chemin de la croisade en septembre, il octroie à l’abbaye le droit d'acquérir des fiefs et arrière-fiefs dans ses domaines (1).

En 1219, Henri fonde sur le territoire de Clermont-en- Argonne, à Beauchamp, un re pour les rs réguliers du Val des Écoliers (8); le 8 mai 1225 (® ), il confirme cette donation et donne outre le terrain du prieuré, deux étangs, un moulin, quinze rez de froment à Auzéville, une vigne à Bar avec les serfs, l'usage des bois de Clermont, vingt livres provenesiens sur les péages de Clermont et de Varennes, la cire sauvage des bois de Varennes pour le luminaire de l'Église, ce que Richard de Haucourt (0) tient du comte à Autrécourt (11) des pâturages pour quarante vaches, cent porcs, cinquante brebis et le moulin d'Avocourt (1?) sur le ruisseau de Buanthe (13).

Le comte Henri II introduisit dans le Barroïs deux ordres

1) Jacob, Cart. de Sainte-Hoïlde, n° 92.

2) Commune de Laimont.

(3) Meuse, Bar-le-Duc, Revigny. Jacob, op. cit., n° 76.

(4) Jacob, op. cit., n° 89.

(5) Jacob, op. cit., n° 78.

(6) Meuse, Bar-le-Duc, Revigny. Jacob, op. cit., n° 79.

(7) Jacob, op. cit., n°5 23 et 57.

(8) Roussel, Hist. de Verdun, II.

(9) Dom Calmet, t. II, pr., p. 435.

(10) Commune de Malancourt, Meuse, Verdun, Varennes.

(11) Meuse, Bar-le-Duc, Triaucourt.

(12) Meuse, Verdun, Varennes.

(13) Affluent r. droite de l’Aire, arrose Cheppy et Baulny même canton.

nouveaux nés à la fin du xu° siècle : celui des frères de la Trinité et celui des hospitaliers de Saint-Antoine. Les Trinitaires, dont l’origine remontait à Jean de Mattha et à Félix de Valois en 1198 et dont le but était de racheter les” captifs chrétiens tombés aux mains des Sarrazins obtinrent en 1238 et 1239 la fondation d'un couvent de leur ordre à Lamarche. Henri leur donne l’église de Lamarche, des terres, divers usages du four, du breuil et des forêts et les dîimes de Morimont (1); mais, outre l’église paroïssiale de Lamarche, les frères sont tenus de desservir la chapelle du château (2. Les Antonistes fondés à la fin du xn° siècle dans le Dauphiné furent introduits à Pont-à-Mousson en 1217; Henri leur donna la maison que sa grand-mère Agnès avait fait bâtir au Pont, l'usage des boïs et des pâturages à la condition qu'ils desservent l'hôpital de la ville et prennent soin des pauvres selon les règles de leur ordre ().

Il faut enfin noter l'autorisation donnée par le comte de Bar à l’abbaye de Chatrices (4) de construire un pont « super aquam Eguye 5) » en 1216 et la confirmation d'un don fait à l'abbaye de Jand’heurs par Adam de Beauzée des dimes de Saint-Hilaire (5) en mars 1237 (6).

2.— Comme son oncle et homonyme Henri I, le comte Henri Il devait mourir à la croisade. D'après Clouet, il aurait pris la croix dès 1237 durant un voyage à Rome (7), sur lequel nous n'avons retrouvé aucune mention, mais qui a pu être accompli vers la fin de cette année; car nous ne possédons aucun acte du comte de Bar entre août 1237 et mars 1238. Au mois de février 1238, le pape Grégoire IX

(1) Commune de Colombey-les-Choiseul, Haute-Marne, Chaumont, Clefmont.

(2) P. Benoit-Picart, Pouillé du diocèse de Toul, 1, p. 312.

(3) Arch. Meurthe-et-Moselle, H. 1658, fo 1.

(4) Marne, arrondissement et canton de Sainte-Menehould. Abbaye fondée par les Augustins en 1145.

(5) Rivière de l'Aisne sur laquelle se trouve l’abbaye, B. N. fr. 11853 RATS

(6) Labourasse, L'abbaye de Jand'heurs, p. 164.

(7) Clouet, Hist. de Verdun, I, p. 420.

LE RÈGNE DE HENRI Hi (1214-1240). 297

écrit à l'archevêque de Reims de donner au comte de Bar une partie des aumônes recueillies dans son diocèse comme rachat de vœux (t). De son côté, Thibaut de Champagne devenu roi de Navarre s'était préparé, plusieurs années déjà auparavant, au voyage de Terre Sainte. Aux deux comtes se joignirent le duc Hugue de Bourgogne, Pierre Mauclerc, qui avait cédé à son fils Jean le comté de Bretagne, Amaury de Montfort, Jean de Dreux, comte de Mâcon, le comte de Forez et de Nevers, Henri de Grandpré: Louis de Sancerre, Guillaume de Joigny, Simon de Clefmont, sire d'Aïlly, Raoul d’Aïlly, frère de Simon, Robert de Bove, Raoul de Soissons, le vicomte Richard de Beaumont et des seigneurs de moindre importance : Mathieu de Montmorency, sire de Marly, le Bouteillier de Senlis, Guillaume IL, le poëte Philippe de Nanteuil, Gille d’Acy, Robert Malet, sire de Granville, Guy Mauvoisin, sire de Rosny, Simon de Clefmont (2. Les croisés furent longs à se donner un chef, hésitant entre l'Empereur Frédéric qui finalement refusa et le roi de Navarre qui accepta; longs aussi à décider un plan de campagne; Grégoire IX voulait qu'on secourût le chancelant Empire Latin de Constantinople, les croisés préférèrent aller directement en Terre Sainte. Comme ils ne se pressaient pas de partir, le Pape, en mars 1239, leur écrivit une lettre ferme les priant de quitter leur demeure à la Saint-Jean suivante ). Henri . obéit; il mit ordre à ses affaires ainsi que l'indique le nombre assez grand des actes datés de juin et quitta Bar le samedi avant la Saint-Jean, 18 juin 1239 (4), laissant la

(1) Édit. par Clouet, loc. cit.

(2) D’Arbois de Jubainville, Hist. des comtes de Champagne, t. IV, p. 310 et sq.

(3) Raynaldi, XIII, 539-540.

(4) C’est la date donnée par le testament d'Henri IT, simple donation sans intérêt politique, Orig. B. N. Coll. Lorr., 348, n° 8 en très mauvais état; publié avec toutes les lacunes qui le rendent illisible par N. de Wailly, Not. des mss., t. XXVIIT, n° 17. Ce document existe en copie complète, B. N. Coll. Lorr., 199, n° 5.

régence à son fils Thiébaut et à sa femme Philippe (). Il y eut encore des retards et Henri ne s'embarqua à Aïgues- Mortes ou à Marseille (2) qu'en septembre. Nous possédons en effet deux actes de donations, l’un du mois d'août pour les Trinitaires de Lamarche (6), l’autre du mois de septembre pour Sainte-Hoïlde (#) qui ont certainement dû être donnés en France W®). Les croisés débarquèrent à Saint-Jean d’Acre et ne se mirent en route pour Jaffa que le 2 novembre; Pierre Mauclerc avait mis son temps à profit en s'emparant d'un assez gros butin sur les Sarrasins de Damas. Jaloux de son succès, le comte de Bar, le duc de Bourgogne et Amaury de Montfort voulurent limiter, malgré l'ordre formel du comte de Champagne, chef nominal des croisés. À vrai dire, dans cette étrange croisade chacun tirait à sa guise et le roi de Navarre n'était obéi de personne. Les trois princes se dirigèrent vers Gaza; ils furent surpris en route, en plein désert, ayant du sable jusqu'aux genoux par le Kaimakam égyptien de Gaza et sa suite; le duc de Bourgogne parvint à s'échapper. Amaury de Montfort fut fait prisonnier et emmené en Egypte, « li quens de Bar ne revint pas » (6), on ne retrouva même pas son cadavre (7). Ceci se passait le surlendemain de la Saint-Martin, soit le

) Qui tous deux approuvent le testament en juillet. ) M. S. Torsellus, Secreta fidelium crucis, livre I, ch. xv. )Benoit-Picard, Pouillé du diocèse de Toul, I, p. 312.

(4) A. Jacob, Cart. de Sainte-Hoïlde, n°s 23 et 54.

(5) Clouet donne comme date de l'embarquement le mois d’août. Cf. Clouet, Hist. de Verdun, t. II, p. 420. Cf. d'Arbois de Jubainville, loc. cit.

(6) Chron. Champenoise de Saint-Magloire éd. Barbazan, t. II, p. 227.

(7) Guillaume de Nangis, t. I, p. 287; Chron. Rotomagensis, Hist. des Gaules, XXIH, p. 388; Chron. Fiscannensis ‘Caenobr, ibidem, p. 429, L'estoire de Eracles Empereur, Hist. des Croisades, Il; p. 414-415. Le mss. de Rothelin, Hist. des Croisades, 11, p. 538-546 donne à peu près tout le détail de la bataille, il a ëété résumé par M. d’Arboiïs de Jubainville, Hist. des Comtes de Champagne, t. IV, p. 316 et sq. La chronique d'Amadi, éd. de Mas Latrie, Doc. inéd., p. 185, déclare par erreur que le comte de Bar fut fait prisonnier. Cf. Michaud, Bibl. des Croisades, t. IV, p. 439, une curieuse relation arabe.

13 novembre 1239 (1), C'est le mois indiqué par les nécrologes de Saint-Mihiel (.

Les poètes chantèrent sa mort; Philippe de Nanteuil, son compagnon (3), puis un anonyme qui ne craint pas d'en rendre responsable la jalousie des croisés qui empêcha une action commune : & Ni les bourgs, ni les châteaux ne sont gais, depuis qu'ils savent que le comte de Bar a perdu la vie, victime d'une folle haine. Si nos gens ne se mettent promptement à l'œuvre, tout leur tournera à mal; il y a trop d'envieux qui se réunissent les uns aux autres: ils perdront le fruit de leurs travaux (4). » C’est que peut-être il était poëte lui-même, comme son voisin Thibaut de Navarre : on lui attribue des vers très mordants qu'il n’a sans doute pas écrits P), du moins il a protégé les trouvères, il les a goûtés : « Monseigneur de Bar, qui pris et valor —— maintient chascun jor — doine Dex gloire et honor (6) ». Les mœurs de nos comtes ont changé, le Barrois s’humanise comme la France, nous sommes loin des appréciations que Reiner de Liége formulait sur Thiébaut I°', vingt cinq ans auparavant (1).

3. — Le comte de Bar s'était marié jeune. En 1218, il avait épousé Philippe, fille de Robert, comte de Dreux.

(1) Chron. Sanctae Catarinae, de Monte Rotomagi, Hist. des Gaules, XXII, p.398 : « In crastimo S. Martini hiemalis capti sunt in bello a. Sarracenis comes Montis Fortis et multi ali baroni regni Franciae : comes Barri interfectus et cum eo plures alii ». Le continuateur de Guillaume de Tyr, Doc. inéd., p. 414 et 543 donne le 20 novembre.

(2) A. M. H. Saint-Mihiel, N', du xve siècle indique simplement novembre — N?, du xvue siècle indique le 3 novembre. M. Ch. Aimond, dont l'édition de ces nécrologes doit incessamment paraître, me déclare qu'il ne faut pas se fier aux indications de N?.

(3) Le mss. de Rothelin, ch. xxx. Cf. Paulin Paris, Hist. littér. de la France, XXII, p. 675-676.

(4) Le mss. de Rothelin, ch. xxx1. Cf. Paulin Paris, op. cit., p. 677-

(5) Les chansonniers de Champagne aux Xu° et XI siècles, Reims, 1850, in-8°.

(6) Cf. G. Renard, Le château de Bar autrefoiset aujourd'hui, Bar-le-Duc, 1896, in-8°, p. 54.

(7) Cf. précédemment, p. 232.

Aubry de Trois-Fontaines, place le mariage en 1219 (); l'acte par lequel Robert promet de donner sa fille au comte de Bar est daté du 6 novembre 1218 (2), cependant qu'en cette même année, le comte de Grandpré se porte pleige du comte de Bar pour sa promesse d’épouser Philippe W). Le mariage fut-il célébré en novembre 1218 ou en 1219, comme le veut Aubry, à quelques semaines près, la date importe peu. Ce mariage était particulièrement brillant et sans doute Philippe-Auguste ne fut pas étranger à sa conclusion; il récompensait ainsi un ami fidèle en l’alliant à la maison de France. Robert, le père de Philippe, était l'arrière-petit-fils de Louis le Gros et la maison capétienne ‘de Dreux avait fait noblement sou devoir dans la campagne de Bouvines. Par sa mère Yolande, Philippe appartenait à la maison de Coucy. Ses oncles occupaient les sièges épiscopaux les plus riches du domaine royal, Henri, celui d'Orléans et Philippe, celui de Beauvais (4). Ses frères étaient Pierre Mauclerc, comte de Bretagne, Robert, comte de Braine, l'archevêque de Reims, le comte de Mâcon: son beau-frère, le comte d'Auxonne (5). Robert donnait en dot, à sa fille, la terre de Torcy (6) avec toutes ses dépendances estimée à cinq cents livres provénésiens de revenu annuel, revenu qui devait être complété en cas de déficit, mais dont le surplus, par contre, devait revenir au comte de Dreux ou à ses héritiers. Robert constituait pour garants de sa promesse Gaucher de Châtillon, comte

(1) Aubry de Trois-Fontaines, an. 1219 : («Comes Barri Henricus nuptias suas fecit ducens in uxorem filiam comitis Roberti nomine Philippam »,

(2) BAINS" fre 118593, P 1:

(3) A. de Barthélemy, Les comtes de Grandpré, p. 27.

(4) Celui qui joua un rôle particulièrement important à Bouvines et qui demeure l’une des plus curieuses figures d'évêques chevaliers.

(5) Aubry de Trois-Fontaines, an. 1219, qui donne une longue généalogie de la Maison de Dreux et de ses alliances. A. Du Chesne, Histoire de la maison de Dreux, passim. D'Arbois de Jubainville, Hist. des comtes de Champagne, t. IV, p. 255.

(6) Seine-et-Marne, Meaux, Lagny.

de Saint-Pol (1), Robert, son fils aîné, comte de Braine, ses deux autres fils Philippe, comte de Bretagne et Jean, comte de Mâcon, ses neveux Enguerrand et Thomas de Coucy Étienne de Sancerre et Guy le Bouteillier de Senlis.

Le comte de Bar ne devait pas jouir immédiatement de la terre de Torcy. La même année 1218, Robert de Braine promit de payer au comte de Bar, jusqu'à la mort de son père, le revenu de la terre de Torcy (?. Après la mort du comte de Dreux, Torcy sera mis en la main du comte de Bar. De plus, Pierre de Bretagne et Jean de Mâcon promettent de payer à Henri une rente nt, de deux cents livres tant que leurs parents vivront (3). Robert de Dreux, étant mort quelque temps après, sa veuve Yolande de Coucy s’engagea, en janvier 1220, à payer avant octobre quatre-vingts livres à son gendre (4). Le 14 décembre 1230, l’évêque de Paris obtient la nomination d’un de ses prêtres Arnould, comme chapelain du château de Torcy (). En 1236, le comte règle pour les gens de Torcy et les ne de Saint-Pierre du Fossé, l'usage de la forêt de Roissy (6).

Philippe ne devait pas survivre longtemps à son mari. Le 22 janvier 1242, elle fit son testament, simple donation comme celui de Henri avec les mêmes exécuteurs, l’archidiacre Richer de Toul, le prieur des Dominicains de Metz et le châtelain de Mousson (7). Elle mourut le 17 mars de la même année (8).

(1) Neveu de Robert II de Dreux par sa mère ane fille de Robert Ier et d’Ause de Salisbury.

(2) B. N. Lorr., 719, f° 158. Cet acte est sanctionné par son frère Pierre, orig., B. N. Lorr., 199, f° 2. Étienne de Sancerre se porte caution, Lorr., 719, f° 160.

(3) B. N. Lorr., 719, fo 159. Étienne se porte également pleige, ibid., f° 157 vo.

(4) B. N. Lorr , 719, f° 157 vo.

(5) B. N. fr. 11853, fo 13.

(6) Seine-et-Marne, Meaux, Lagny. A. Du Chesne, Hist. de la maison de Dreux, pr., p. 262.

(7) Dom Calmet, t. II, pr., p. 457.

(8) La date du jour est fournie par l'obituaire de la cathédrale de Chartres : « XVI Calaendis Aprilis Anniversarium Philippae de Brena,

4. — De son mariage avec Philippe de Dreux, le comte Henri II eut cinq enfants : Thiébaut, Henri, Renaut, Marguerite et Jeanne. Thiébaut succéda à son père dans Île comté de Bar, aussitôt après le départ de celui-ci. Henri est le moins connu des frères de Thiébaut; les actes qui font mention de lui sont très rares. Il reçut en héritage dix-huit cents livres de terres à Torcy et à Sormery (t). Son testament, daté de septembre 1249, ne nous apprend rien de lui; c'est une liste de petites donations à des familiers, dont beaucoup de Parisiens (*), ce qui semblerait indiquer qu'il avait vécu à Paris où son père avait une maïson. Il mourut sans doute peu de temps après ce testament. Quant à Renaut, nous aurons occasion de reparler de lui au cours du règne de son frère, dont il devait se montrer l’un des ennemis les plus acharnés. £

Marguerite de Bar devait être l’aînée des deux filles de Henri I, car elle se maria avant sa sœur. Elle fut promise à Henri de Euxembourg, fils de Valeran et d'Ermesinde; cette promesse est datée de juillet 1231 (); le mariage ne devait être célébré que neuf ans plus tard, après la mort du comte de Bar. Henri donne en dot à sa fille la belle châtellenie de Ligny que sa grand’mère Agnès de Champagne avait apportée au comté de Bar. La châtellenie de Ligny vaut sept cents livres de revenu; si elle ne les fournit pas, le comte de Bar complètera; mais le surplus, s’il y en a, lui reviendra. De son côté, Henri de Luxembourg devra asseoir sept cents livres de terre en douaire à sa femme dans des châtellenies qui seront déterminées par des experts. De plus, si Elisabeth, sœur du comte de Bar, vient à mourir

comitisse Barri. » A. Du Chesne, Hist. de la maison de Dreux, pr., p. 263. Celle de l’année est confirmée par un acte du 10 février 1243, où le comte de Luxembourg reconnaît s'être accordé avec son beau frère au sujet de l'héritage paternel et maternel. B. N., fr. 11853, fo 49.

(1) Ce qui résulte des démêlés entre ses frères Thiébaut et Renaud.

(2) Dom Calmet, t. IL, pr., p. 500.

(3) Acte de promesse d'Henri de. Bar. Dom Calmet, t, IL, p. 445. Acte d'Ermesinde de Luxembourg. Berthollet, Hist. de Luxembourg ,t. IV, pr., p. 58.

sans enfant de Valeran le Jeune, les villes de Marville et d'Arrancy qu'elle à reçues en dot reviendront à Marguerite, Au cas où Marguerite décéderait elle-même sans enfant, Ligny, Marville et Arrancy feront immédiatement retour au Barrois. Le comte de Luxembourg recoit Ligny en alleu, mais il ne peut le reprendre en fief d'aucun suzerain : la terre de Ligny est inaliénable (!). Il est en outre stipulé que le mariage ne sera célébré que lorsque Marguerite atteindra l’âge nubile @); la rupture de la promesse donnerait lieu à une réparation pécuniaire. ;

En juillet 1235, Ermesinde de Luxembourg nomma les experts qui, aux termes du précédent traïté, devaient fixer le douaire de Marguerite. C'étaient Henri de Houfalize, Thierry, sénéchal de Thionville, Raoul de Villers, Pierre de Bourmont, Garnier, châtelain de Mousson et Gobert de Wellin®). On pouvait craindre de voir rompre la promesse, puisqu'en 1239, le 1° mai, le comte de Champagne fit jurer à son vassal, Jean de Joinville, de ne pas épouser Marguerite, fille du comte de Bar sans sa permission (‘. Cependant le mariage projeté entre Marguerite et Henri de Luxembourg fut-célébré le 4 juin 1240; loin de rapprocher le Luxembourg et le Barrois, il allait apporter entre eux le germe d’une haine terrible et sanglante que nous raconterons bientôt.

Jeanne de Bar a prêté à beaucoup de confusion. La plus jeune probablement des enfants de Henri II, elle est ignorée de Dom Calmet et de tous ses prédécesseurs ou bien con- fondue avec sa tante Marguerite, fille de Thiébaut I”. Son existence est pourtant facile à suivre à travers les chartes de ses deux maris. Elle épousa en première noces Ferry de Salm, seigneur de Blamont, beau-frère de Marguerite. Ce

(4) « Terram vero supra dictam eidem Henrico facere tenere libere, sicut allodium proprium et sine servitio alieni, propter hoc impendente; et ipse, vel heredes sui, illam de aliquo recipere in feodum non possunt ».

(2) « Et hic Henricus eamdem Margaretam tenetur ducere in uxorem, quam cito ipsa ad aetatem pervenerit competentem ».

(3) Berthollet, Hist. de Luxembourg, t. IV, pr., p. 61.

(4) Cf. plus haut, p. 287, Delaborde, Jean de Joinville et les seigrenrs de Joinville, n° 296.

qui explique l'ignorance de Dom Calmet, c'est que la première femme de Ferry, s’appelait également Jeanne; elle était de la maison de Dombasle. Le mariage de Ferri de Salm avec Jeanne de Bar fut célébré en 1242. Au mois de septembre de cette année, le comte Thiébaut de Bar conclut une alliance offensive et défensive avec Ferry contre tous, sauf l'évêque de Metz. La mort de Jeanne de Bar, est-il stipulé, ne pourra rompre l'alliance (1). Cette clause aurait dùû éclairer Dom Calmet qui publie l'acte, et bien que Jeanne n'y soit pas appelée sœur du comte de Bar, l'historien lorrain aurait pu se demander en quoi la mort de cette princesse pouvait influencer l'alliance des deux seigneurs. Le 25 du même mois, qui est peut être le même jour que celui de l'acte précédent et très probablement celui de la célébration du mariage, Ferry donne en douaire à sa femme, sœur du comte de Bar, dit-il, le château de Salm et après la mort de son père et de sa mère la moitié de son héritage (2). Le sire de Blamont promet aussi de rendre cinq cents livres de terre à Thiébaut.si Jeanne vient à mourir sans héritier 6). Enfin, les parents de Ferry, le comte Henri de Salm et sa femme Joette acceptent ces conditions (4. Il faut noter que Ferry de Salm ne devait plus être jeune lors de son mariage avec Jeanne de Bar, car il était marié avec Jeanne de Dombasle au moins en 1225 5). Il semble cependant que ce soit de la princesse de Bar que naquit son héritier Henri de Blamont (6).

Devenue veuve, Jeanne de Bar se remaria avec Louis V de Chiny, fils d’Arnoul de Looz et de Jeanne, comtesse de Chiny. Le 24 juillet 1257, Arnoul et sa femme prient l’évé-

(1) B.N. fr., 11853, f° 135 v°. Dom Calmet, II, pr., p. 457.

@)2B N° fr. 11853,%195:

(3) Payables à raison de cent livres annuellement. B. N. fr. 11853, fo 135 v°.

(4) B. N. fr. 11853, p. 135.

(5) Le Mercier de Morière, Cat. des actes de Mathieu II, n° 55.

(6) C'est ce qui semble résulter de deux chartes d'Henri de 1263 et 1269. B. N, fr. 11853, f° 134. Toutefois, nous n'osons pas absolument l'affirmer.

que de Verdun de recevoir dans son hommage pour Virton et Laneuveville au Lossignot, leur fils Louis et sa femme, Jeanne de Blamont dont ces biens constituent le douaire (1). En 1258, le 22 juillet, Louis et sa femme donnent à « leur signor et se » Thiébaut, comte de Bar, la moitié du ban de Vaux ®). Louis réclama une dot pour sa femme; le 4 mai 1267, Thiébaut lui donne sept cents livres une fois payées contre les trente cinq livres de revenu qu'il exigeait pour le nue de Jeanne; il y ajoute l'étang situé entre Amel (3) Ornel (). Déjà en 1263, Louis et Jeanne avaient partagé avec leur frère, Étalle (6) par moitié, Orsainfaing, Villers-sur-Semoy, Rulle et Habay-la-Vieille' pour un tiers à Bar et le reste à Chiny (6). En octobre 1277, Jeanne échange avec Thiébaut des biens à Étain contre Espierre (1). Jeanne vivait encore à la mort de Thiébaut, en 1294: elle obtint de son neveu, le comte Henri III de Bar, cinq cents livres (8). Nous ignorons la date de sa mort.

(1) B. N. fr. 11853, f° 136 vo.

(2) B. N. fr. 11853, f° 137 v°.

(3) Meuse, Montmédy, Spincourt.

(4) Meuse, Verdun, Étain, B. N. fr. 11853, fo 140 ve.

(5) Belgique, Luxembourg, Neufchâteau.

(6) B. N. fr. 11853, fo 138 vo.

(7) B. N. fr. 11853, fo 138 r°.

(8) A. Lesort, Chartes du Clermontois, n° 111, p. 61. P. H. Goffinet, Les comtes de Chiny, p. 387 et sq.

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