ER CN ARS
De A. N. J. 911, n° 19, Analyse Delaborde, op. cit., n° 685. B. N. fr. 11853, f° 98.
BON fr 011853122109:
A. M. H. Evaux, Cartulatre, f 95.
Sn
Noir 853083; MN rmITe53 HeN86; . M. H. Jovilliers, Cartulaire.
. N: fr. 11853, 1° 218.
LR X)
BEN tr: 11853, fo 226.
A. Vosges, H. Mureau, Cartulaire, t. I, f° 227. B. N. fr. 11853, .f° 226.
rentes (1) et le même mois il acquérait du prieuré de Saint- Blin, dépendant de Saint-Bénigne de Dijon, Offroicourt et Soulaucourt pour trente cinq livres de rentes (2).
Le 14 avril 1259, le comte de Bar fonde la chapelle Sainte- Elisabeth à l'autel de Saint-Martin dans la cathédrale de Verdun pour le repos de l’âme de ses parents et il la dote de biens à Aubréville (3); le 12 octobre 1259, le comte de Bar fonde à Lamothe de Saint-Hilairemont un chapitre de chanoines auquel il donne cent deux livres sur le tonlieu et le péage; il devait y avoir treize prébendes et le Chapitre reçut les mêmes statuts que celui de Saint-Maxe de Bar (4), le même mois, Thiébaut établit sur les mêmes bases une collégiale à Bourmont (5); en avril 1264, il autorise les Trinitaires de Lamarche à habiter sa maison (6); enfin, en 1260, il fonde à Pont-à-Mousson la collégiale Sainte-Croix (), qu'en 1272, il dote de deux chapellenies dont les revenus seront pris sur les terrages et vinages de Pont-à-Mousson (8).
Le comte de Bar avait fait son testament le 11 avril 1282. Il y déclare qu'il veut que ses dettes et les dommages qu'il a pu faire soient payés par ses héritiers. Ceux-ci sont tenus aussi de payer les dommages faits aux églises, mais seulement depuis 1261, car, en cette année-là le pape l’a quitté et absous de ce qu'il devait. Il doit en particulier sept mille livres de fors; si on ne trouve pas à qui il les doit, on devra les donner aux pauvres de sa terre, à celui qu'il a le plus grevé ou au plus besogneux. Il y a là un mélange d'intérêt et de scrupule auquel nous ont habitué les gens de son époque. Il faudra payer à Sainte-Hoilde le reliquat des douze cents livres promises par le comte Henri II et des trois cents livres données par la comtesse Philippe. On
(D'IBAN Ar 11858, 12234
C)B:N: fr. 11853, f°.228.
(3) B. N. Coll. Lorr , 267, n° 2, orig.
(4) Dom Calmet II, pr., p. 483.
(5) Rozerot, Rép. hist. de la Haute-Marne, n° 1323.
(6) B.N., fr. 11853, f 234.
(7) De Maillet, Mémoires alphabéthiques, Pont-à-Mousson. (8) Lepage, Communes de la Meurthe : Pont-à-Mousson.
devra payer à Citeaux cent dix livres, aux pauvres quinze livres promises. également par Philippe, exécuter les clauses du testament d'Henri, frère du comte et d'Eudes du Chaïigne envers ceux d’Astenay, pourvoir sur les revenus des moulins de Pont-à-Mousson ou de la ville neuve du Pont aux chapelains de Notre-Dame et de Sainte-Croix, vendre les chevaux, robes, couvertures, literie et meubles de l’hôtel pour les hôpitaux de la terre de Bar. Afin de payer toutes les donations et dettes de son père, de sa mère et de son frère Henri, il remet entre les mains de ses exécuteurs testamentaires, sa vaisselle d'or et d'argent, ses joyaux, ses bois de Mousson, de Francheville et d'Étain, l'étang d'Étain et si les biens de Lorraine ne suffisaient pas, mille livres de revenus annuels pendant dix ans à prendre dans la terre de Puisaye. Le tout doit fournir dix neuf mille trois cents livres, montant des restitutions à faire. Au cas où cette somme serait dépassée, le surplus sera donné aux pauvres; si elle n’est pas atteinte, le déficit sera comblé par une rente annuelle à prendre sur les possessions du comte en Lorraine (1). La comtesse de Bar et ses fils Henri et Thiébaut jurent, en présence de l’évêque de Verdun, d’exécuter le testament et de déposer les sommes recueillies jusqu’à leur répartition entre les mains de l’abbé de Saint-Mihiel (?).
2. — Nous avons vu qu'à la mort de ses parents, Renaut frère du comte de Bar, avait recu la terre de Sormery provenant de Thiébaut I‘ et celles de Tardenois et de Torcy appartenant à Philippe; nous avons également noté les arrangements par lesquels, après la mort de Renaut, ces biens revinrent au comte de Bar qui, dès lors, les administra directement. Dans la terre de Torcy, en avril 1271, le prieur de Notre-Dame de Gournay ) renonce au droit
(1) Les exécuteurs testamentaires sont l'abbé de Saint-Paul de Verdun, la comtesse Jeanne de Bar, Guy de Toucy, seigneur de Bazarne, Thierry d’Auxelle, le châtelain de Bar, Thierry Danjeu, de Bar et la comtesse Jeanne.
(2j Dom Calmet, t. IL, pr., p. 518-519.
(3) Seine-et-Oise, Pontoise, Le Raincy.
d'usage dans la forêt de Roissy (!) qui appartient en partie au comte de Bar (2). Cette forêt de Roissy fut partagée le 21 mars 1275 entre Amaury de Meulan ), sire de la Queue(, Robert d’Arcy(5), sire de Gutebeuf, Guillaume des Essarts (6), sire d'Ambleville (6), Aubert de Longeval, sire de Croissy (?) et le comte de Bar. Ce dernier y a six cent cinquante arpents (8), Au mois d'août de la même année, Aubert de Longeval-Croissy donne quittance au comte de Bar de ce que celui-ci lui devait (9). Le 25 juin 1276, les habitants de Torcy quittent au comte de Bar leur droit d'usage dans la forêt de Roissy(19), Le 17 septembre 1277, Guillaume de Graice (11) donna quittance au comte de Bar de quatre cents livres que celui-ci lui devait ("?). |
Pour la terre de Sormery, le comte apposa son sceau en octobre 1249 à un acte de son frère Renaut approuvant un don fait par Milon Tracier au couvent de Pontigny (13). Thiébaut achète le 16 juin 1278 les biens de Claude de Sormery pour dix huit livres (14),le 3 mars 1284 ceux de Jean fils de Guillaume des Bordes pour une rente de quarante livres (5), enfin, en juin 1288, le visiteur général de l’ordre du Temple, Guillaume de Vichier autorise Henri de Soupir, comman-
1) Seine-et-Marne, Melun, Tournan.
2) B.N., fr. 11853, f° 14.
3) Seine-et-Oise, Versailles, chef-lieu de canton. 4) Seine-et-Oise, Corbeil, Boissy-Saint-Léger. 5) Commune de Chaumes, Seine-et-Marne, Melun. Tournan. 6) Les Essarts. Commune de Chaussy et Ambleville, Seine-et-Oise, tes, Magny-en-Vexin.
Seine-et-Marne, Meaux, Lagny.
B. N., fr. 11853, fo 14.
DONS tr 898" 1089; ) B. N., fr. 11863, f° 15.
) Gretz, Seine-et-Marne, Melun, Tournan.
) BENfr et 11853 PUIS, 13) Yonne, Auxerre, Ligny-le-Chatel. À Duchesne, Hist. de la maison de Bar, pr., p. 30.
(14) A. Lesort, Chartes du Clermontois, n° 80. (15) A. Lesort, op. cit., n° 41. Les Bordes, Yonne, Joigny, Villeneuve.
an (7) (8) (9) (10 (11 (12 (
deur de Coulours (!) à s'entendre avec le comte de Bar au sujet de leurs propriétés de Sormery ().
Nous avons vu que Thiébaut avait été marié deux fois. Quand Jeanne de Dampierre-Flandre épousa le comte de Bar le 3 mai 1243, elle était veuve du comte de Rethel, Hugue III, mort l'année précédente (3). Nous nous sommes longuement étendu ailleurs sur ce mariage; Jeanne de Flandre vécut peu de temps et mourut sans laisser d'enfant à Thiébaut. Un arrangement avait été conclu à propos de son douaire entre le comte Jean de Rethel et Thiébaut, le : 31 août 1245 (4); il semble bien que l’année suivante le comte de Bar était déjà veuf et remarié. Il épousa Jeanne de Toucy ®) d’une famille vassale des comtes de Nevers. En septembre 1246, nons voyons déjà le comte de Bar agir comme seigneur de Toucy en accordant entre eux les gens de cette ville et le monastère de Gournay, à propos des vaines pâtures du bois Boulay (6). Jeanne de Toucy, était la fille de Jean de Toucy, seigneur de Puisaye. La mère de Jeanne, Emma de Laval avait été mariée deux fois avant de devenir la femme de Jean de Toucy, d’abord à Robert, comte d'Alençon dontelle n'eut pas d'enfants, puis à Mathrïeu de Montmorency, connétable de France dont elle eut Hauvise, femme de Jacque de Château-Gonthier et Guy de Montmorency, seigneur de Laval (1). Ce dernier fit son testament à Lyon en 1265 et légua à sa sœur, la comtesse de Bar, cent quarante livres de rente à prendre en sa terre de France ($).
Jeanne apportait à son mari la terre de Toucy ou de Puisaye dont les actes postérieurs nous font connaître l’importance. Elle comprend, la ville et la châtellenie de Saint-
Yonne, Joigny, Cerisiers.
A. Lesort, op. cit., p. 83.
) Cf. plus haut, p.319.
) Yonne, Auxerre, chef-lieu de canton.
) A. Duchesne, Hist. de la maison de Bar, pr., p. 29. ) A. Duchesne, op. cit., pr., p. 39.
) A. Duchesne, op. cit., pr., p. 35.
Fargeau (1), Saint-Martin-des-Champs (1), Septfonds (t), Mezilles (1), Rochers (2), Saint-Privé 6), les terres, villes et châtellenies de Toucy, de Fontaines (4, de Perreuse 5) et la ville de Laval (6. En avril 1264, Guy de Toucy, seigneur de Bazarnes (7) et de Pierreperthuis ($) promet à ses bourgeois de Vermenton (* de faire ratifier par le comte de Bar la vente des franchises qu'il vient de leur octroyer (10). A partir de 1266 nous trouvons une organisation régulière de la terre de Toucy; le comte y est représenté par un gardien ou commandant de la terre, Macé de Ratilly (1) et par un sergent. Le gardien approuve en 1266 la vente que fait de ses possessions à Toucy, Gautier de Neuville (12). L'administration de la terre appartient à ce gardien qui est assisté d'un bailli. Le bailli est en 1267 un certain Pierre de Bar, sans doute de la famille du châtelain qui, avec l'approbation de Thiébaut, achète en avril 1266 les biens de la veuve de Gautier de Neuville, Isabelle de Joigny (1%. En février 1268, le comte de Bar achète le bois Boulay au sujet duquel il y avait eu contestation en 1246 44. En juin 1271, le comte de Bar rend hommage pour Toucy à l’évêque d'Auxerre de qui ce fief dépendait et il déclare devoir porter l’évêque le jour de son intronisation (15). Le 3 juillet, il achète avecle consentement
(1) Yonne, Joigny, chef-lieu de canton de Saint-Fargeau. (2) Commune de Mezilles.
(3) Yonne, Joigny, Bléneau.
(4) Yonne, Joigny, Saint-Fargeau.
(5) Yonne, Auxerre, Saint-Sauveur en Puisaye. (6) Seine-et-Marne, Fontainebleau, Montereau. Acte du 11 janvier 1318. Cf. plus loin.
(7) Bazarnes, Yonne, Auxerre, Vermenton.
8) Yonne, Avallon, Vézelay.
9) Yonne, Auxerre, chef-lieu de cantou.
{10) Duchesne, Hist. de la maison de Bar, pr.. p. 30. 11) Commune de Treigny, Yonne, Auxerre, Saint-Sauveur. 12) B. N.,fr. 11853, f° 273 et 274. La vente est garantie par l’official d'Auxerre (10 janv. 1266).
13) B. N., Coll. de Lorr. 236, n°2 et 199, n° 14; N. de Wailly, Not. des mss., t. 28, n° 109.
AMP AN TASER 75:
15) Duchesne, ist. de la maison de Bar, pr., DA50:
de Guy de Toucy-Bazarnes la terre de Migé (1) à Henri le Veer @®). Nous n'avons pas d’autres actes concernant Toucy et la Puisaye au temps de Thiébaut.
Jeanne survécut longtemps à son mari et nous verrons le rôle important qu'elle joua au cours du règne de son fils Henri III. Dans les dernières années de sa vie, elle se retira dans sa terre de Puisaye qu'elle avait donnée à son fils Jean mort avant elle. Elle s’éteignit en 1317, à la fin de l’année 3".
3. — De ce mariage étaient nés de nombreux enfants, outre Henri qui succéda à son père dans le comté de Bar, cinq fils et plusieurs filles.
Aussi le partage de la succession de Thiébaut présentait-il quelques difficultés. Henri, ses frères et sœurs s’accordèrent le 7 novembre 1291 pour remettre le soin de ce partage à la décision de leur mère (4). Celle-ci le 1° décembre renonça à tous les acquêts qu'elle avait faits en commun avec son mari et au douaire que celui-ci lui avait assigné à Clermonten-Argonne et à Saint-Mihiel, moyennant quoi son fils Henri lui donna Vienne et toutes les dépendances jusqu’à concurrence de six-cent-soixante-deux livres de terre et trois-cent trente-huit livres à Sormery, à l'estimation de Philippe, chàtelain de Bar et Thomas de Blâmont, princier de Verdun. Toutefois le comte Henri se réserva sur la châtellenie de Vienne la garde de Beaulieu, la terre de Montfaucon et un acquêt fait par le comte de Grandpré ).
Jean de Bar, le second des enfants de Thiébaut est connu sous le nom de seigneur de Puisaye. Il avait été stipulé au partage qu'après la mort de sa mère la terre de Puisaye lui reviendrait en totalité. En attendant, ïl recut des terres à Souilly, Stenay, Beaumont, Ranzières, Auzéville, trois cents livres en Flandre et des bois dans la
(1) Yonne, Auxerre, Coulanges.
(2) B. N., fr. 11853, f° 87.
(3) L'acte de partage de ses biens est du 11 janvier 1318. A. Duchesne, op.-cit., p. 47.
(4) N. de Wailly, Not. des mss., t. 28, n° 308.
(5) Orig. Chantilly, Condé E. 4, édit. en partie, A. Lesort, Chartes du Clermontotis, n° 109. k
châtellenie de Bar : il vendit tous ces biens à son neveu le comte de Bar, Edouard I‘, le 10 septembre 1311 (1). Nous verrons son rôle au cours du règne de son frère. Après la mort de celui-ci, il reçut le 3 avril 1303, de sa mère trois cents livres à prendre dans la terre de Puisaye ou dans celle de Clermont, à condition que sa vie durant il ne demandera rien dans la terre de Puysaie (2). Jeanne se ravisa plus tard et le 28 janvier 1306 elle lui abandonnait toute sa terre de Puisaye ). Cet abandon fut confirmé par le roi de France (4) et par l’évêque d'Auxerre 65); à partir de ce jour, Jean prit le titre de seigneur de Puisaye. Il laissait à sa mère, par un accord conclu à l’abbaye Saint- Maur de Verdun, en juin 1306, une rente annuelle de sept mille livres (6. La même année en juillet il achetait en Puisaye les bois de la Genetière et de Pallenay appartenant à Guillemin de Ratilly et à Isabeau de Chenevières (7. Jean de Bar était alorsle maître du Barroiïs.Investi au départ du comte de Bar en 1302, de la tutelle d' Edouard 1° et de la régence du comté, il était en fait le véritable souverain, d’ailleurs fort énergique. C’est lui qui négocia, le 13 juin 1306, le mariage de son neveu avec Marie de Bourgogne (8). En 1311, le comte Edouard, ayant atteint l’âge de quinze ans, demanda à Jean que celui-ci lui remette le comté de Bar exempt de toutes charges et de toutes dettes. Mais Jean était peu pressé d'abandonner la régence. Il répondit que la coutume de France recule l’âge de la majorité jusqu'à vingt ans et que s'il avait fait des dettes, c'était pour la défense du comté contre le comte de Luxembourg, le duc de Lorraine et ceux de Metz. Néanmoins, il consentit en avril 1311, sur le conseil du duc de Bourgogne et
) B. N., fr. 11853, fo 108.
) Inventaire de Lorr., t. 7, Layettes mariages.
) Duchesne, Hist. de la Maison de Bar, pr., p. 43. ) Chantilly, Condé, Cartulaire 14-711, fo 20.
) Tbidem, fo 22.
) A. M. B., 228, fo 96.
) Inventaire de Lorraine, t. 6, p. 462.
) Ibidem, t. 7. Layettes mariages.
de plusieurs nobles de Bourgogne et de Bar à rendre le comté à son neveu, celui-ci par ailleurs prenant à sa charge les dettes. Il est probable que Jean se retira ensuite à Saint-Fargeau, à partir de 1311, on ne le voit plus dans le comté de Bar (1). Il avait épousé Jeanne de Dreux, comtesse de Roucy (2. Celle-ci avait reçu, en janvier 1308 à Boulogne de son frère, le comte Jean de Dreux, la terre de Longueval () et celle de Quincy en Tardenois (4) que Thiébaut tenait déjà en fief de la maison de Dreux. Elle déclare qu'à sa mort ces terres doivent revenir au comté de Dreux 5). Malgré cet engagement la terre de Longueval resta au comte de Bar, .qui, le 21 février 1313, rendait hommage au comte de Dreux à Braisne (5). Cependant à la mort de Jeanne, le comte de Dreux, Robert V, en contesta la propriété au comte de Bar, il y eut un procès où Aubert de Narcy plaida pour le comte de Bar en 1322. Celui-ci obtint gain de cause (7). Jean de Bar n'eut pas d'enfant, il mourut au début de 1317, et le 7 avril de cette année-là Erard de Bar-Pierrepont désigna Pierre de Narcy, son procureur, pour plaider contre Jeanne de Dreux. Jeanne obtint néanmoins l’usufruit de la terre de Puisaye sa vie: durant (8). Elle mourut en 1321 et la Puisaye retourna pour moitié à Erard et pour moitié au comte de Bar.
Les historiens du Barrois donnent à Thiébaut comme
‘* (1) En 1311, Jean soutint encore un procès contre les habitants de Laneuville, Vienne et des villages voisins qui prétendaient au droit d'usage dans les bois. Louis de France, fils de Philippe le Bel comme comte de Champagne, commit Guillaume de Balham et Guillaume de Hangest pour juger le différend. A. Lesort, Chartes du Clermontois, n° 109. En juillet 1307, Jean avait affranchi les habitants de Vienne et de Saint-Thomas. A. Affaires étrangères. Corr. Lorraine, IL, f° 72.
2) Aisne, Laon, Neufchatel.
8) Aïsne, Soissons, Braisne.
(4) Au. Quincy-sous-le-Mont, même canton.
5) A. Duchesne, Hist. de la Maison de Bar, p. 288.
6) Inv. de Lorraine, t. II, f° 1101.
8) B. N., Lorr., 236, f° 8. Les stres de Narcy, p. 67.
troisième fils un prince mort enfant nommé Charles, nous ne l'avons pas retrouvé dans les documents (1).
Le quatrième fils du comte de Bar, Thiébaut, fut destiné à l'église et fort jeune encore il était déjà pourvu de canonicats et de prébendes à Paris, Reims, Langres, Liége, Beauvais, Troyes, Verdun, Toul, Metz et au Mans *). Quand, à la mort de l’évêque de Metz Bouchard, il fut élu par quelquesuns de ses confrères, l'élection fut contestée et le jeune Thiébaut se démit spontanément entre les mains du pape Boniface VII (3). Le 8 juillet 1297, le pape l’autorisa, quoique simple sous-diacre, à accepter la cure de Pagavaham (4 dans le diocèse de Cantorbury, et ce, malgré le récent concile de Lyon qui avait interdit de pourvoir d'un bénéfice avec charge d’âmes un ecclésiastique qui ne fût pas prêtre 5). Ayant sans doute abandonné quelques-unes de ses prébendes, Thiébaut n'était plus le 17 janvier 1301, que chanoine et trésorier d'Evreux (6), chanoine de Paris, Reims, Troyes, Beauvais, Verdun, Toul, Liége et Lincoln quand il obtint la prébende et le canonicat de Nicolas du Chesnois (7) à Metz (7. En 1305, il fut élu évêque de Liége après la mort d’Adolphe et vit son élection confirmée par Boniface VIIL le 13 mars 1303 (8). Il avait été écarté de la régence du Barrois; cependant à plusieurs reprises, il intervint aux côtés de son frère Jean pour surveiller les intérêts de leur neveu, il fut un des garants du mariage (9). Enfin, il avait conservé dans le Barrois des intérêts, ayant recu des reve-
(1) De Maillet, G. Renard.
(2) Sauerland, Vatikanische Urk, n° 29; Digard, RE de Boniface VIII, n° 1943.
(3) Bulle du pape confirmant l'élection de Gérald de Metz; Sauerland, n° 98; Digard, n° 1820.
(4) Parham lès Brighton.
(5) Sauerland, n° 29; Digard, n° 1943.
(6) Sauerland, n° 31 ; Digard, n° 1942. Acte du 18 juillet 1297.
(7) Le Chesnois, arrondissement de Château-Salins, canton de Delme, Sauerland, n° 58.
(8) Sauerland, n° 75.
(9) A. Duchesne, Hist. de la maison de Bar, pr., p. 41.
nus sur les terres de Condé, Génicourt, Vavincourt, Sarney, Laheycourt, Auzécourt et Sommeilles en héritage de son père. Il les engagea en janvier 1305 à son frère Érard pour paiement d'une somme de douze cents livres dont il avait eu besoin pour son évêché de Liége fort endetté (1). Le 8 septembre 1304, il s’allia au roi de France, Philippé le Bel et lui promit, chaque fois qu'il en serait requis, un secours de deux cents hommes d’armes moyennant quoi le roi lui donna les châteaux de Conflans, Lamarche et Châtillon dont il rendait hommage (®). En 1310, il céda ses châteaux à son neveu, le comte de Bar avec la permission du roi contre les terres de Condé, Sarney, Vavincourt, Laheycourt, Sommeilles et toutes leurs dépendances que désormais il reprendrait du roi 6). Thiébaut mourut en 1312 à Rome. Renaud de Bar qui vient ensuite fut aussi destiné à l’Église et recueillit autant de bénéfices que son frère Thiébaut. Bien qu'il fut déjà chanoine de Reims, Beauvais, Laon, de la cathédrale et de la Madeleine de Verdun, chanoine de Cambrai et dans ce diocèse, archidiacre de Bruxelles, le. pape Boniface VIII promit le 19 juillet 1298 de le pourvoir de la première prébende qui serait vacante dans le diocèse de Besancon (4. Nommé archidiacre de Besançon il se démit de l’archidiaconé de Bruxelles. Le 11 juin 1301, il fut nommé chanoine et princier de Metz à la place de Jacques de Savelli qui devint archidiacre de Bruxelles (6). Le 18 février 1302, il fut élu prévôt de la Madeleine de Verdun et le pape lui permit d'occuper ces charges sans se démettre de celles qu'il possédait déjà (6). Quelques semaines après, à la mort de l’évêque Gérald, il était élu au siège de Metz. Cette élection était irrégulière, le pape s'étant réservé de pourvoir lui-même au siège de Metz. Boniface VIIT cassa donc l'élection, mais seulement pour la forme, et le 9 sep-
(1) nv. de Lorr., t. 2, f° 275.
(2) A. Duchesne, op. cit., p. 41.
(3) A. Duchesne, op. cit., p. 42.
(4) Sauerland, Vatikanische Urk, n° 42.
(5) Sauerland, n° 59.
(6) Sauerland, n° 63.
tembre 1302, en considération de la noblesse, de la science « litterarum Scientia », de l'honnêteté des mœurs et des vertus de l'élu, il confirma Renaud dans l'évêché de Metz (). Renaud demeura en excellents termes avec le Saint-Siège qui lui permit à plusieurs reprises d'emprunter pour les besoins de son église @), et il fut le seul des évêques de la province de Trèves pour assister sous Clément V au Concile de Vienne en 1312 6). Il y a eu peu de rapports entre Renaud et le comte de Bar. Il a cependant, au début, partagé avec son frère Jean la tutelle du comte Edouard (4). En septembre 1304, Philippe le Bel qui poursuit une active politique sur les frontières de l'Empire, prie Thiébaut déjà son allié et Jean de s’entremettre pour que l'évêque de Metz entre dans l'alliance de la France; il donne à l’évêque de Liège le château de Gondrecourt et déclare qu'après la mort de Thiébaut le château, pris au Barroiïs en 1301, reviendra aux comtes, si l'alliance désirée est obtenue ). Renaud mourut empoisonné le 4 mai 1316 (6).
Erard de Bar recut, à la mort de son père, six cents livres de terres à Érize Saint-Dizier, Érize-la-Brûlée, Rumont, Naives, Pierrefitte, Rozières, Lignères, Loisey, Saudrupt et Marinval. L'acte par lequel il tient quitte son frère Henri, scellé de Thiébaut, est du début de septembre 1292 (7). De la vient qu'il est quelquefois appelé seigneur de Pierrefitte. Son principal apanage, la seigneurie de Pierrepont, sous le nom de laquelle il est connu lui fut donné en mai 1302. Ce jour là, le comte Henri refait son apanage : il lui donne le chàteau de Pierrepont à tenir de lui, des biens à Bazeille (8),
(1) Sauerland, n° 66.
(2) Sauerland, passim.
(3) Sauerland, n° 201.
(4) Il est déclaré « mainbour de la comté de Bar » avec Jean. Lainé,. Généalogie de la maison de Briey, p. 128.
(5) B. N. fr. 11853, fs 5 et 6. — Inv. de Lorraine, t. 6, fes 565 et 462.
(6) Meurisse, Hist. des évêques de Metz. — Renaud de Bar.
(7) Inv.' de Lorraine, t. II. f° 298.
(8) Meuse, arrondissement et canton Montmédy.
Luzy (1), Beuveille, Doncourt lès Longuion (2), Han (), Réchicourt 6), Preutin (f), Saint-Supplet(4), Mer Due Haut (4 he le-Bas (4), Xivry-le-Franc (4), Hagny 5), Serrouville (6 ), Cléry (7
Rumont (8), Pierrefitte (8), a (8), Belrain (8), we drupt Érize-la-Brûlée ( , Loisey (1), Rozières (4, Naives (12), Érize-Saint- se (2), Aulnois (13), Haironville (B), Cet ee (#3), et enfin la seigneurie d’Ancerville avec toutes ses dépendances, après la mort de Jean de Joinville qui en est l’usufruitier par son mariage avec Marie de Quiévrain, veuve de Renaud de Bar(f#). Pour toutes ces donations, Érard acquitta son frère de l'héritage de ses parents, mais conserva ses droits sur l'héritage de ses frères vivants. Nous savons qu'à la mort de son frère Jean il obtint quelques biens dans la terre de Puisaye 15).En janvier 1297, il avait déclaré accompagner le chapitre de la Madeleine à Érize-la-Brûlée, Pierrefitte, Seigneulles et Culey (6). Érard se maria avec Isabelle de Lorraine, fille du futur duc Thiébaut II et d'Isabelle de Rumigny. Érard mourut en 1335. Il avait eu plusieurs enfants; Thiébaut de Bar fut seigneur de Pierrepont (7) après son père et obtint dispense
(1) Meuse, Montmédy, Spincourt.
(2) Commune Beuveille et Doncourt. Meurthe-et-Moselle, Briey, Longuyon.
(3) Meuse, Montmédy, Spincourt.
4) Meurthe-et-Moselle, Briey, Audun-le-Roman. ) Meurthe-et-Moselle, Conflans en Jarnisy.
Meurthe-et-Moselle, Briey, Audun-le-Roman. Meuse, Montmédy, Dun.
Meuse, Commercy, Pierrefitte.
6) 7) 8) 9) Meuse, Bar-le-Duc, Ancerville.
(10) Meuse, Bar-le-Duc, Vavincourt.
(11) Meuse, Bar-le-Duc, Ligny.
(12) Meuse, Bar-le-Duc, Vavincourt,
(13) Meuse, Bar-le-Duc, Ancerville.
(14) A. M. B. 228, f° 367. B. N., fr. 11853, f° 112. Il faut y ajouter 3 mainies d'hommes à Stainville.
(15) Inv. de Lorraine, t. 3, f° 11. B. N. Lorr., 236, f 5
(16) A. M. G. Madeleine.
(17) I rendit hommage en 1340 au comte de Bar. B. N., fr. 11853,
M. Grosoinier pe MarTons. 30
du pape, le9 septembre 1342, pour épouser sa parente Marie de Flandre, fille de Jean de Flandre, comte de Namur et divorcée d'Henri, comte de Vianden (1). A la mort du comte Édouard de Bar, survenue à Famagouste de Chypre le 11 novembre 1336, il se chargea comme le plus proche parent du comte, de recueillir les sommes que celui-ci avait laissées (2). De son mariage avec Marie de Flandre, Thiébaut a une fille Yolande mariée à Eudes, sire de Grancey ). Eudes été marié en premières noces à Mabhaut de Noyers (4); il prit le titre de seigneur de Pierrepont qu : garda sa vie durant après son mariage avec Yolande 5. Le second fils d'Érard, Le de Bar, fut chanoine de Re le 21 janvier 1323 (6 ere de Verdun et de Saint-Maxe de Bar le 17 mai ee . En 1341, le chanoine Renaud de Bar fut enlevé par ts ne de Verdun qui s'étaient disputés avec le chapitre et emprisonné par n. le pape Benoit XII ordonna une enquête sur ces faits (8. Deux ans après, Renaud avait ER tous ses He et était redevenu laïque et chevalier (*). Le troisième fils d’ Érard, Ferry, fut en 1323 pourvu d'un canonicat à Liége et à Cambrai, chanoine et prévôt de la collégiale de Nivelles-en-Brabant en 1361, sur l'intervention d'Henri de Bar-Pierrepont, son cousin, il reçut d’'Innocent VI une prébende de chanoine à Toul). Érard et Isabelle eurent aussi une fille Marie qui épousa Jean de Dampierre,
(1) Sauerland , n° 844-845. Sauerland dont les erreurs d'identification sont fort nombreuses traduit Viennensis comes par comte de Vienne en Dauphiné.
(2) Inv. de Lorraine, t. 2, f° 139.
(3) A. Duchesne, Hist. de la maison de Luxembourg, p. 95. (4) Delaborde, Jean de Joinville, Cat. d'actes, n° 858. (5) Delaborde, op. ctt., n° 985.
(6) Sauerland, n° 370. à 7) Sauerland, n° 384.
8) Sauerland, n° 781.
9) Sauerland, n° 890.
10) Sauerland, n°5 369, 385, 1402.
eu
LE RÈGNE DE THIÉBAUT DE 1270 a 1291. 467
seigneur de Saint-Dizier et de Vignory, queux de France ().
Pierre, le plus jeune des fils du comte Thiébaut, ne reçut son apanage que le 20 juillet 1300 (); il se composait de onze cents livres de terre à Bouconville (@), Gironville (3), Seichepry 6), Mandres (4), Beaumont (1, Woinville 5), Girauvoisin (6), Fremerevile (6) An . Raulecourt (1), Flirey $), Limey (8), Regnéville (8), Fey (8), Menonville (%), Essey et M sera (10) ), Saint- Érusant 10), Vignot (11), Chonville (11), Malaumont(fi)}, Pont (1), Foot (11), Saint- Julien (11), Sommedieuel!?)et Mar éceurtt (13), Au Milieu de ces terres à Martincourt, ilconstruisit le château de Pierrefort dont ilprit le nom. Le 8 avril 1306, Pierre de Bar complétait ses possessions en achetant à Gobert d'Apremont divers biens dans les villages de Bouconville, Woinville, Broussey et Gironville (14). Malgré cet arrangement, les deux voisins se firent la guerre; elle fut terminée par un traité de paix conclu en août 1314 sur l'intervention de Renaud de Bar, évêque de Metz (5). Le 3 juin 1311, Pierre de Bar obtint de Nicolas de Neuville, évêque de Verdun, l’une des plus importantes forteresses de cet évêché, celle de Mussey-les- Longuion, que l'évêque lui céda en fief, avec tout le domaine et l’arrière-fief ainsi que les fiefs de Neuville en Verdunois. Pierre de Bar fut la tige de cette maison de Bar-Pierrefort,
(1) Duchesne, Hist. de la maison de Vergy. Inv. de Lorr., t. 2, f 306, A. M. B. 253, fo 10. :
(2) Inv. de Lorr., t. 3, f° 543.
) Meuse, Commercy, Saint-Mihiel.
) Meurthe et Moselle, Toul, Domèvre.
) Meuse, Commercy, Saint-Mihiel.
6) Meuse, arrondissement et canton de Commercy. 7) Meuse, Commercy, Saint-Mihiel. 8) Meurthe-et-Moselle, Toul, Thiaucourt.
(9) Écart de Chauvoncourt, canton de Saint-Mihiel. (10) Meurthe-et-Moselle, Toul, Thiaucourt.
(11) Meuse, arrondissement et canton de Commercy. (12) Meuse, arrondissement et canton de Verdun. (13; Meurthe et Moselle, Toul, Domèvre.
(14) Inv. de Lorr., t. 3, fo 544.- (15) Inv. de Lorr., t. 3, f° 521.
de rudes batailleurs qui remplirent, au xiv° siècle, les Évéchés, du bruit de leurs querelles. L'histoire en a été écrite, nous n’y reviendrons pas ici (1). Pierre de Bar épousa en premières noces Jeanne de Vienne, fille de Hugue, comte de Vienne, sire de Montmorot et de Saint-Aubin et de Gille de Longwy (2. Jeanne étant morte en 1325, Pierre épousa alors Eléonore de Poitiers, fille d'’Adémar de Poitiers, seigneur du Valentinois et du Diois, et sœur de l'évêque de Metz, Louis de Poitiers qui négocia le mariage (3). Pierre de Bar était mort avant 1349, où sa femme dût entamer un procès avec ses beaux-fils. Pierre avait eu, en effet, de sa première femme, Henri de Bar qui lui succéda dans la seigneurie de Pierrefort, Hugue qui, après avoir été simple chevalier fut élu évêque de Verdun, en 1552. Hugue occupa le siège de Verdun jusqu'en 1361; il partit alors pour les lieux-saints, il n'y put parvenir, surpris par la maladie, il fit son testament et mourut « ons desers qui sunt entre le Caire de Babilonne (# et l’église de Sainte- . Caterine dou Mont de Sinay », le 13 août 1361 (5). Il laissait tous ses biens à son frère Henri, père du trop fameux Pierre II de Bar-Pierrefort qui fut tué en 1385, dans les guerres qui désolaient l'évêché de Verdun (6).
On ne s'entend guère sur le nombre des filles de Thiébaut II. L’aînée fut sans doute Philippe, promise en avril
12570) à Otton de Bourgogne, fils d'Hugue de Chalon et
(1) H. Lefebvre, Les sires de Pierrefort de la maison de Bar, dans Mém. Soc. Arch. Lorr., 1902, p. 209-487, avec pièces justificatives.
(2) Chapellier, Essai historique sur Bauffremont, p. 164. Longwy en Bourgogne, Jura, Dôle, Chenin.
(3) Inv. de Lorr., t. 3, fo 345.
(4) Auj. Masr el’Atiqâ oule Vieux Caire.
(5) Dom Calmet, t. II, pr.; p. 632.
(6) Henri avait épousé Isabelle de Vergy, il mourut en 1380. Lui et son frère Hugue avaient eu en outre deux sœurs, Gisèle de Bar, qui épousa Jean de Saarbrück, seigneur de Commercy et Jeanne qui épousa Eberard de Wittelbach, comte de Deux-Ponts.
(7) Nous ne possédons qu’une analyse de cet acte, Inv. de Lorraine, t. 7, Layeltes, Mariages, B. N. fr. 4883, fo 7195. En revanche nous pos-
d'Agnès II de Méranie, comtesse palatine de Bourgogne. Thiébaut donne à sa fille les fiefs de Châtillon et de Conflans, sauf les fiefs que les seigneurs de Joinville, Faucogney (1), Chauvirey (2, Roye 6%), Apremont-sur-Saône (4) et Vergy tiennent de lui; il y ajoute ses droits à Salins après sa mort, le fief que le sire de Choiseul tient de lui à la Fertésur-Amance, la garde de Luxeuil et dix mille livres stephanois payables le jour du mariage. De son côté, le comte de Bourgogne devait asseoir à la princesse de Bar les terres de Montbozon (®), de Fontenay (f), de Colonne (7) pour mille livres et après la mort d'Agnès la châtellenie de Jussey pour quinze cents livres. Au cas où Otton viendrait à mourir, Philippe épouserait l’autre fils du comte de Bourgogne qui obtiendrait le comté à la mort de Hugue et au cas où la fille de Thiébaut viendrait à mourir, Otton devrait épouser une autre princesse de Bar. Le mariage eut sans doute lieu en mai 1263 où les mêmes conditions sont renouvelées (9. Philippe de Bourgogne mourut avant son père; en janvier 1290, Otton rendit à Thiébaut, après la mort de sa femme, les huit cents livres que le comte de Bar lui avait assignées sur le puits de Salins(®). De ce mariage était née une fille Alix; qui ne vécut pas, car, dans le partage des biens de Thiébaut en 1291, les enfants du comte comprennent dans sa succession les héritages de Philippe, leur sœur et d’Alix leur nièce (10).
sédons les cautions fournies pour le comte de Bar, par Hugue de Vergy (100 marcs), Thiébaut de Neufchatel (500 marcs), Hugue duc de Bourgogne (500 marcs), Arch. Doubs, B. 21, n° 9, 10 et 11 et les sires de Choiseul, Jean et Robert (1000 marcs), Arch. Doubs, B. 65, n° 4.
(1) Haute-Saône, Lure, chef-lieu de canton.
(2) Haute-Saône, Vesoul, Vitrey.
(3) Haute-Saône, arrondissement et canton de Lure.
(4) Haute-Saône, arrondissement et canton de Gray.
(5) Haute-Saône, Vesoul, chef-lieu de canton.
(6) Fontenois les Montbozon, même canton.
(7) Jura, arrondissement et canton Poligny.
(8) A. M. B. 2910, f° 1. A. Doubs, B. 21, n° 18.
(9) B. N. Lorr., 184, n° 7.
(10) B. N. Lorr. 234, f° 2.
Yolande inconnue de tous les historiens du Barrois a été signalée pour la première fois par M. le Mercier de Morière (t). Yolande fut fiancée le 3 juillet 1265 à Albert de Habsbourg, futur roi des Romains. Nous n'avons plus le texte, mais seulement l'analyse des lettres par lesquelles Rodolfe de Habsbourg, landgrave d'Alsace, déclare que son fils Albert épousera, quand elle aura dix ans, Yolande, fille de Thiébaut, comte de Bar. Le comte Henri de Salm et Richard d’Auxelle sont garants de la promesse de Thiébaut qui assigne à sa fille deux mille marcs d'argent en dot{?. Nous ne savons : ce qu'est devenue Yolande, mais il faut penser avec M. Le Mercier de Morière que le mariage ne fut jamais réalisé précisément parce que cette princesse mourut avant l’âge de dix ans.
La troisième fille de Thiébaut s'appelait Alix. Elle est bien connue. Son mariage avec Mathieu, second fils de Ferry IL, duc de Lorraine, fut décidé en 1278. Le 28 avril, le duc Ferry promet d’indemniser le comte de Luxembourg qui s’est porté pleige pour lui de cette promesse de mariage (3). Le contrat fut signé le 14 juin ; Ferry donne comme douaire à Alix des biens dans la châtellenie de Longwy, laquelle châtellenie a été cédée le 24 mai précédent à Henri, fils aîné du comte de Bar qui doit le tenir en fief de Mathieu de Lorraine (4). Ferry y joint Gondreville tandis que le comte de Bar donne à sa fille quinze mille livres de fors 5). Le mariage fut célébré au château de Trognon(6). En 1282, Mathieu de Lorraine se noya dans son étang. Alix reçut, au partage de l’héritage paternel, dix mille livres que son frère Henri promit de lui payer en dix annuités. En octobre 1292,
(1) Le Mercier de Morière, Note sur la date du décès de Thiébaut IT et sur une de ses filles fiancée à Albert de Habsbourg, Mém.S. L. A. Barle-Duc, p. 231 et sq.
(2) Inv. de Lorraine, t. 1, f° 621, d’après la layette Bar, Seigneulles, n° 1 en déficit dans cette layette auj. A. Meurthe-et-Moselle, B. 439.
) N. de Wailly, Not. des mss.,t. 28, n° 189 et 190.
) B. N:, fr. 11853,.1°269;
J'BN.; fr. 11858, :P269:
(3 (4 (5 (6 N., fr. 11853, f 267 et 269.
elle renonça à son douaire de Longwy qui venait d'être vendu en franc alleu au comte de Bar déjà possesseur du fief comme vassal du défunt Mathieu. En échange, Alix reçut du duc de Lorraine Montfort (1) et Dompaire (2) sauf les forteresses pour trois cents livres annuelles (3),
La quatrième fille de Thiébaut fut Marie dont le nom apparaît pour la première fois dans le partage de biens de son père en 1291. En 1295, elle fut fiancée à Gobert VIII, fils aîné de (Geoffroy, seigneur d’Apremont et de Dun, et d'Isabelle de Quiévrain. Geoffroy promet que lorsque son fils sera en âge, il épousera Marie qui reçoit en douaire deux mille livres dans la terre de Quiévrain; en retour Henri assigne en dot à sa sœur dix mille livres tournois (4. Le 23 août 1296, Marie donna quittance à son frère d’une somme de deux mille livres, premier acompte sur sa dot (5), et déclara devant l'official de Verdun renoncer à la succession de ses père et mère (6): Le 16 septembre, le sire d’Apremont promit de faire ratifier le mariage par le comte Jean de Haïnaut de qui dépendait la terre de Quiévrain (1). Marie eut de Gobert deux fils, Geoffroy et Jean, qui après la mort de leur père survenue le 10 décembre 1325 (8) assignèrent à leur mère en douaire la châtellenie de Dun (®).
Nous avons peu de renseignements sur la cinquième fille de Thiébaut, Marguerite qui fut abbesse de Saint-Maur de Verdun après 1288. Elle aurait introduit dans son abbaye une règle plus large et mourut en 1304 (10).
Enfin Duchesne signale une sixième fille de Thiébaut, Isabelle, que nous n’avons pas retrouvée. Isabelle aurait été
(1) Commune Magniers, Meurthe-et-Moselle, Lunéville, Gerbéviller. (2) Vosges, Mirecourt, chef-lieu de canton.
(4) A. Lesort, Les chartes du Clermontois, n° 113.
(5) B. N., fr. 4883, f° 7197.
(6) Znv. Lorr., t. 2, f° 1073.
(8) Dom Calmet, I, pr., p. 502.
(9) A. Duchesne, Hist. de la maison de Bar, p. 43.
(10) Roussel, Æist. de Verdun, t. II, p. 281.
mariée à Guy de Flandre, seigneur de Richebourg et en aurait eu Alix de Flandre mariée à Jean de Luxembourg, fils de Valeran II, seigneur de Ligny ().
Thiébaut IT aurait donc eu treize enfants.
(1) A. Duchesne, Æist. de la maison de Luxembourg, p. 106. D'après Moréri la fille du comte de Bar se serait appelée Alix et n'aurait pas eu d'enfants.