‹ Le comte de BizemontChapitre 11 sur 88 · L. III. O. IL Ad Pueros · texte numérisé non relu

L. III. O. IL Ad Pueros

Dulce et décorum est pro palrid mori.

« Qu’il est doux, qu’il est beau de mourir pour la patrie! »

Ü. III. Ad Ccesarem Augudum :

Justum ac tenacem propositi virum Xon civium ardor prava jubentium.

Non vultus inslantis tyranni Mente quatit solida

« Un homme irréprochable et solidement vertueux n’est ébranlé ni par la fureur d’un peuple qui le presse d’autoriser d’injustes lois, ni par les instances d’un tyran qui le menace. »

O. XVI. Ad C. Cilnium Mæcenaitm :

Cresceniem sequitur cura pecuniam Majorutnque famés.

« A mesure que les richesses augmentent, les inquiétudes et Ternie d’en avoir augmentent aussi. »

Milita petentibus

Desunt multa..

« C’est manquer de mille choses que de les souhaiter. »

Bctie est , cui deus obtulil

P area, quod satis est, manu.

« Celui-là est heureux à qui les dieux n’accordent que ce qui suffit pour vivre honnêtement. »

O. XXIX. Ad C. Ciînium Mœcenatem :

Quoi adest, memento

Componere œquus

« Ne songez qu’à régler en paix le présent. »

llle potens sui

Lœlusque deget, cui licet in diem Dixisse : Vixi !

« Celui-là sera véritablement maître de lui-même et vivra content, qui pourra dire à chaque fin de jour : J’ai passé gaîment ma journée (i) ! »

Si les écrits qu’a laissés après lui le comte de . Bizemont sont l’image parfaite de sa nature, de son caractère et de ses goûts, il est possible en même temps de se représenter le personnage, car ses contemporains ont pris le soin de fixer ses traits sur la toile, la pierre ou le papier.

Il existe en effet plusieurs bons et intéressants portraits du comte de Bizemont.

Au musée d’Orléans, d’abord, un excellent buste en marbre blanc, par J. -Auguste Barre, élève de J.-J. Barre, son père, et du célèbre Cortot.

A la première page de l’album qui renferme la

(i) Notes manuscrites du comte de Bizemont. (Archives du château de Noriou.)

collection des gravures de Bizemont, un portrait dessiné et lithographié par A. Collin, d’une fort habile exécution.

De plus, dans la galerie des dessins, au milieu du panneau composé des dessins originaux de l’artiste, d’une partie de ses dons, et des dessins ayant fait partie de sa collection, dont ils portent la marque et provenant du legs de Mme l’amirale de Candé, sa petite-fille, une bonne copie d’après le portrait à l’huile de Gounod.

Enfin dans ce même panneau, une spirituelle et charmante aquarelle due au pinceau d’Henry Monnier, et signée H. Monnier, avec cette dédicace : Aux amis Gontier , Orléans, août i833. Les traits, l’attitude du comte de Bizemont, âgé de 81 ans, sont saisis sur le vif. Les yeux sont protégés par de larges lunettes; la barbe est rasée ; la bouche, mobile, semble répéter à haute voix les réflexions qui occupent l’esprit. Le profil est sec et fin ; les lignes du nez et du menton, correctes et aristocratiques. L’attitude est d’un vieillard, mais le corps reste droit, à peine appuyé sur la longue canne à bec de corbin, moins un soutien pour le directeur du musée qu’une compagne dans ses promenades d’exploration journalières ; les jambes sont d’aplomb, les mol-

lets saillants comme à l’époque brillante de la jeunesse.

Le costume ajoute encore au caractère de cette physionomie originale.

Le comte de Bizemont est coiffé du chapeau noir, de basse forme, à larges bords ; il est vêtu de l’habit bleu barbeau, aux longs pans, orné de boutons d’or ; à la boutonnière le large ruban rouge de chevalier de Saint-Louis; il porte la culotte noire étroitement serrée sous le genou, les bas gris soigneusement tirés et les souliers recouverts par de courtes guêtres noires.

Cette tenue, à la fois correcte et soignée, semble un souvenir de l’autre siècle, qui fait oublier chez celui qui la porte la vieillesse et les infirmités.

Comment cette aquarelle de Monnier représentant le comte de Bizemont fut-elle dédiée aux Amis Gontier, et revint-elle au musée ? Quels sont ces amis Gonthier? Gonthier, celui-là même dont il est question, était le célèbre acteur du Gymnase dont la réputation fut si populaire dans les rôles de colonel des comédies de Scribe. Lorsqu’il se retira du théâtre, il se fixa à Orléans avec sa femme, vers l’extrémité du faubourg Saint-Vincent, et c’est là que Monnier,

son ami, venait souvent le visiter. H. Monnier avait été frappé par la physionomie du comte de Bizemont, et avec l’esprit et la facilité qui le caractérisaient, il fixa sur le papier les traits du vénérable directeur du musée, comme ceux d’un type Orléanais, et l’offrit à ses hôtes.

Gonthier, dans la suite, fit don de cette aquarelle à son médecin et ami le docteur Payen, qui la comprit dans le legs généreux qu’il fit à la ville.

Dans la famille du comte de Bizemont est conservé pieusement le joli portrait à l’huile peint par F. Gounod en 1811. Ce portrait a été dessiné et lithographié par C. Pensée.

Mme de Troussure, arrière-petite-fille par alliance du comte de Bizemont, possède un charmant dessin à la mine de plomb, rehaussé de blanc, représentant son aïeul; ce dessin est l’œuvre de MUe Cécile de Bizemont, devenue Mme Gabrielle de Bizemont, qui fut, comme son père, une artiste de talent et douée de la plus grande facilité.

Enfin, parmi les innombrables pièces qui composent la précieuse collection de M. l’abbé Desnoyers, figure un portrait en miniature de M. de Bizemont. Ce portrait, sans signature, est du

commencement du siècle. Il est dessiné et peint avec talent, mais il ne rappelle qu’imparfaitement les traits du modèle. Il n’a point la vie, la physionomie, la finesse, des portraits précédents.

Le souvenir du comte de Bizemont n’est donc point près de s’effacer parmi nous; car si le talent de l’artiste a été consacré par la plume des iconophiles, l’État, la ville d’Orléans et quelques amateurs conservent précieusement ses œuvres dans leurs collections.

En retraçant les grandes lignes de cette longue existence, nous avons voulu rendre un nouvel hommage à celui que notre cité peut compter au nombre de ses plus dévoués serviteurs.

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