‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 106 sur 168 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

CHARLES, LEs CONTES, LES ÉVÊQUERS.

CHARLES, aux comtes.

Je vous ai mis à une dure épreuve, 6 mes braves, je vous ai exposés à des dangers stériles, à des fatigues qui ne semblaient point glorieuses. Mais vous vous êtes confiés en votre roi, et vous lui avez obéi, comme vous’auriez fait un jour de bataille. L'épreuve est terminée ; et les Franks vont en recevoir une première récompense , une récompensè digne d'eux. Au lever du soleil , une partie du camp se mettra en marche ; elle ira chercher l'ennemi, et le joindra bientôt du côté : par où nous sommes le moins attendus. Ce corps d’armée.sera sous tes ordres , Ekhart , et tu recevras de moi tout à l’heure des ordres plus précis. J'ai beaucoup d'amis dans le camp des Lombards ; je te dirai comment tu pourras les recon-

naître, et te servir d'eux. Vous aurez bientôt attiré de derrière ces murs la portion de l’armée ennemie qui les garde : nous les franchirons alors sans peine, et nous nous rejoindrons tous en plaine campagne. Réjouissez-vous donc, amis.

La guerre contre les rochers , les murailles et les tours est finie; ce n'est plus d’inaccessibles créneaux que les flèchés vont pleuvoir sur vos têtes, et que va fondre sur vous un ennemi toujours le maître de se cacher. Vous allez combattre au large, sous des enseignes qui marcheront, librement déployées à l'air, fantassin contre fantassin, cavalier contre cavalier. Vous allez voir vos adversaires épars dans la plaine, pas plus loin de vous que vos lances ne sont longues. Annoncez cette nouvelle à l’armée : dites-lui que ‘ous avez trouvé votre roi joyeux, joyeux comme vous le vîtes à Heresburg, lorsqu'avantde combattre il vous prédit la victoire: Que chacun se tienne prêt pour la bataille : on parlera de retour après la conquête et après le partage du butin. Encore trois jours de patience ; le quatrième sera celui du combat . et de la défaite de nos ennemis : tous les autres seront des jours de plaisir et de repos, au sein de la belle Italie, dans ces campagnes ondoyantes de moissons, dans les vergers où mürissent tous

ces fruits délicieux inconnus à nos pères, parmi.

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