‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 126 sur 168 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

doit étre dans les vues d’une miséricorde plus profonde que celle qu'il est donné. à l’homme de souhaiter et de comprendre ; dis-leur enfin que je les bénissaisen mourant. Maintenant, une autre prière, ma sœur, üne prière que je te conjure de ne pas rejeter. Choisis un vassal, un serviteur dévoué qui, comme il pourra, camme il voudra, n'importe le temps, n'importe le lieu, se reride auprès du féroce ennemi de notre race... | | HANSBERGHE.

De Charles?

HERMANGARDE

Oui, de celui que tu nomines; et qu'on lui porte, de ma part, ces paroles : Hermangarde est morte; elle est morte sans ressentiment contre qui que ce soit sur la terre; elle a prié Dieu de ne demander compte à personne de ce qu'elle a souffert, ayant tout reçu, tout accepté des mains de Dieu même. Qu'il sache bien cela ; et si son cœur superbe pouvait n'être pas trop blessé d'une parole plus hardie, on lui dirait aussi que je lui pardonne. Voilà ce que je désire : le feras-tu ?

Puissent mes derniers souhaits être aussi favorablement accueillis du ciel que les tiens seront sacrés pour moi! ‘ |

216 ADELGHIS.

| HERMANGARDE. ©

Ce n’est pas tout, chère sceur.... Aussi longtemps que ce corps périssable fut animé d’un souffle de vie, tu lui fus prodigue de soins : n’aie pas horreur de lui rendre aussi les derniers de tous, et de l’ajuster pour le lieu de paix. ‘Cet anneau que je porte à la main gauche est celui qui me fut donné à l’autel, en présence de Dieu: il doit être enseveli avec moi. Que ma tombe soit modeste. Nous ne sommes tous que poussière ; et moi, de quoi pourrais-je tirer la moindre vaine gloire ? Je veux toutefois qu’elle porte les marques de la royauté. Un nœud sacré me fit reine ; or, ce que Dieu a donné, nul, tu le sais, ne peut l'ôter, et ce que je fus dans la vie mon tombeau doit l’attester.

HANSBERGHE.

Oh! écarte, je t'en conjure, ces images de douleur. Consomme le sacrifice ! Passagère dans cette pieuse retraite où Dieu t’amena, deviens-en citoyenne, fais-en ton lieu de refuge ; prends les vêtemens sacrés, adopte les sentimens qui les font porter avec joie; oublie toutes les choses humaines. |

HERMANGARDE

Que me proposes-tu , Hansberghe? De mentir

à Dieu? Songe donc que je suis épouse , épouse

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