ACTE IV; SCÈNE I
sans tache , mais d'un mortel. Oh ! ‘que vous êtes heureuses ici, et qu'heureuses sont toutes celles qui ont pu offrir au Roi des rois un cœur exempt de souvenirs, qui ont pu couvrir leurs yeux du voile saint avant de les avoir arrêtés sur le. front de l’homme! C'est à un homme que jé me suis donnée, moi! | | HANSBERGHE.
Ah! plût à Dieu que tu n’eusses jamais connu celui que tu veux dire !
HERMANGARDE
Trop heureuse alors! mais quand le ciel nous a imposé une tâche, il faut, quelle qu'elle soit, la remplir tout entière. Si jamais, à la nouvelle de ma mort, une émotion de pitié, un regret, venaient à surprendre le cœur féroce qui m'a rejetée vivante ; si, pour me faire une réparation chère encore, bien que tardive, il réclamait, comme lui appartenant , ma dépouille ensevelie, pour la déposer dans la tombe royale.... O Hansberghe, les morts ont quelquefois plus de pouvoir que les vivans....
HANSBERGHE' Il ne la réclamera pas.
HERMANGARDE, Que dis-tu? c'est toi, ma sœur, toi si pieuse et si sage, qui voudrais mettre un frein injurieux
248 ADBLGRIS, à la bonte de celui qui touche les âmes , qui , dans sa miséricorde , excite l'ofenseur à réparer l'offense ? | | HANSBERGHE.
Non, non, infortunée, il ne fora pas ce que tu espères : il ne le peut.
HERMANGARDE
Comment? et pourquoi ne le peut-il pas ?
O ma sœur , ne m interroge pas davantage : oublie.
HERMANGARDE
Parle : ne m'envoie pas à la tombe avec un doute pare
HANSBERGHE.
Li impie ! il a consommé son délit.
HERMANGARDE
‘ Achève. E HANSRERGHE,.
Chasse-te tout-à-fait de ton ‘coemr : il a contracté d’autres liens. A la face de Dieu et des hommes, l’impudent traîne avec lui, dans ses camps, cette Hildegarde,' sa nouvelle... (Rermengarde s’évanouit.) Mais tu ‘pâlis, Hermangarde ; tu ne m'entends plus? O ciel!’ qu’aisje fait? Au sécours ! accouréz , tnes ' sœurs | ( Les! deux femmes