‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 44 sur 168 · ACTE Ill, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE Ill, SCENE IL

soldat obscur, ton armure l’annonce , ton visage le dit plus sûrement encore; et cependant tu restes confondu dans la foule, et tu gardes le silence !

PERGOLA FILS

O général! les vaincus n'ont rien à dire.

A voir comment tu supportes la mauvaise fortune, on s'assure que tu en méritais une meilleure. Ton nom, je te prie?

PERGOLA FILS

Mon nom est un de ces noms glorieux qui imposent de grands devoirs à qui en hérite: je me nomme Pergola.

di LE COMTE.

Quoi! tu serais le fils de ce guerrier illustre? PERGOLA FILS.

Je le suis.

Viens, jeune homme, embrasse l’ancien ami de ton père. J'avais ton âge dans les premiers temps où je le connus, et ta vue me rappelle les heureux jours de la vie, les jours de l'espérance. Va, prends courage. La fortune doit aujourd'hui te. sembler bien cruelle ; mais elle promet tout aux hommés de cœur, et tôt ou. tard elle. leur tient parole. Adieu, porte mes saluts d'amitié à

ton père ; et dis dui que, sans avoir eu besoin de te questionner là-dessus , j'ai affinmé qu'il n'était point d’avis de livrer bataille.

PERGOLA FILS

Non certes, il n'était pas de cet avis; mais ses conseils ont été jetés aux vents.

Console-toi : la honte de votre défaite retombe tout entière sur votre général ; et le guerrier qui a vaillamment combattu à son poste a fait tout ce qu'il fallait pour vaincre. Viens , suismoi (HE le prend parlamain. ) : je veux te présenter à mes géneraux et te faire rendre ton épée. (Aux commissaires.) Adieu, seigneurs commissaires ; je vous donne ma parole de n’avoir jamais compassion de vos ennemis qu'après les avoir vaincus.

Page 1