‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 50 sur 168 · ACTE IV, SCÈNE I. | gi · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I. | gi

dons-nous de croire la république déchue à ce point, qu'un homme puisse la mettre en péril : laissons aux tyrans les soucis de cette espèce. Si la bravoure et la gloire peuvent être quelque part redoutables , que ce soit dans les états où tout est entre les mains d’un seul , et où il ne faut, pour ravir le sceptre, qu'un guerrier capable de persuader à ses compagnons d'armes qu'il en est plus digne que celui qui le porte. Que peut contre nous Carmagnola? Retourner au duc de Milan, dit-on, et entraîner nos troupes dans sa défection. Carmagnola retourner au duc de Milan ! à l'homme qui ne pardonne pas plus les services que les outrages , à l’homme qu'il a mis une fois surle trône , et qu'ilen a presque renversé une autre fois! Carmagnola redevenir l'ami de Philippe après l’avoir vaincu , lui qui s’attira la haine de ce prince ombrageux en combattant pour lui! Le comte irait de nouveau s'offrir au perfide qui, jusque dans nos murs, a loué des assassins pour le frapper! Il n’y a que la haine aveugle, seigneur, qui puisse croire de telles choses. Ah! quoi qu'il puisse m’arriver au sortir de ce lieu redoutable , c'est du moins un grand. bonheur pour moi d’avoir pu faire entendre la vérité une fois de plus; et je me flatte encore que ce n'aura pas été en vain. Il n’y a, je le répète, que.l’a-

veugle haine qui ait pujeter de si absurdes soupcons dans le sénatet les y accueillir. Le comte a, parminous, beaucoup d’ennemis : je ne demande point à ces ennemis pourquoi ils le sont ; mais enfin ils le sont, et c'est assez. En dévoilant ces haines privées qui se produisaient sous le voile de l'intérêt public, en conjurant le sénat de n'écouter que la voix de la justice, de ne voir que le bien de l'état, ce n’est pas un devoir"d'amitié que j'ai rempli, mais bien l’office d’un patricien fidèle. Je n’ai donc point à m’excuser de ce que j'ai dit. J'en conviendrai toutefois ; quand j'ai entendu proposer de mander le comte à Venise, de lui prodiguer plus d’honneurs que jamais, et eela pour l’attirer plus certainement dans le piége. alors.... nor MARINO.

Alors. .vous n'avez plus songé qu'à votreami.... MARCO.

J'ai senti alors toutes les forces de mon âme se soulever contre un avis qui... qui a prévalu. Ma pensée ne s'est pas arrêtée à une seule chose : j'ai vu l'honneur de ma patrie compromis ; j'ai entendu le cri désapprobateur de nos ennemis et de la postérité ; j'ai éprouvé le sentiment d’horreur qu'inspire une trahison à tout homme placé dans l'alternative de's’y opposer ou d'en être le

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