XI PRÉFACE
des Franks, homme d’une imagination ardente et d'une foi vive, qui serait au besoin le martyr de sa cause, et ne doute pas que ce ne soit par un miracle exprès de Dieu, qu'il a découvert un chemin inconnu pour se rendre auprès de Charlemagne, et pour conduire Charlemagne et les Franks en Italie.
Quant aux trois peuples intéressés à la catastrophe d'Adelghis, M. Manzoni me parait n'avoir négligé aucun des moyens qu'admettait son plan de caractériser, soit directement, soit indirectement , la condition morale et politique de chacun d'eux.
Simples témoins-du bouleversement qui se prépare autour d'eux, et pour ainsi dire au-dessus d’eux , les Italiens ou Romains n'y interviennent en rien; et leur inaction , leur silence, leur absence dans des événemens d'où dépend:leur sort caractérisent mieux leur abaissement , leur dépendance et leur nullité, que ne le feraient des paroles prononcées par eux ou en leur nom. On se fait néanmoins quelque idée de leur position, on :entrevoit leurs craintes, leurs espérances, mais de loin, comme par hasard, et uniquement à ce que daignent dire d'eux les barbares qui se disputent le pouvoir de les traiter comme une proie, ou des prêtres romains, qui ne prennent à eux qu'un intérêt indirect et subordonné.
Les Franks forment une masse aussi compacte que possible, une nation en armes, concentrée dans un camp, ayant son chef dans son général, et pleinement dévouée à ce chef, à’ condition de finir par.