‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 7 sur 168 · DU TRADUCTEUR. XIII · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR. XIII

trouver sous lui des terres, du butin et des jouissances. L'unité d'intérêt et de but, le concert qui règnent dans une telle masse n'y laissent que le moindre jeu possible aux intéréts privés, aux passions individuelles. Elle ne peut être plus simplement , plus clairement représentée que par le chef qui la commande ; mieux caractérisée que par les projets dans lesquels ce chef l’entraine, que par les discours qu'il lui tient pour l’exciter. Il restait donc peu ou point de place, à côté de Charlemagne, pour d'autres personnages franks d'une importance individuelle. Il n’y a que celui de Roland qui fasse une exception à remarquer. La brusque indignation avec laquelle ce modèle des preux'se retire de la mêlée, au troisième acte, et refuse de combattre des ennemis qui veulent être vaincus, est d'un effet très dramatique, bien qu'incidentel et rapide. Il y a quelque chose de vif et de frappant dans le contraste qui éclate à l’improviste entre le héros chevaleresque, qui dédaigne une victoire sans honneur, et le conquérant calculateur pour lequel il n’y a pas de moyen honteux de vaincre et de s’agrandir. On pourrait seulement douter si le caractère de Roland a ou représente quelque chose d'historique au huitième siècle.

Rien de plus différent de l'état des Franks que celui des Lombards : tout est désunion et faction chez ces derniers. Des chefs qui peuvent décider des mouvemens et du sort de la masse, quelques-uns sont braves et dévoués à leurs rois ; mais la plupart sont

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