ACTE V, SCENE IV
que j'aurais voulu mourir loin d’elles! La nouvelle fatale aurait été, il est vrai, un horrible coup pour elles ; mais nous aurions échappé tous les trois à cette heure solennelle de douleur qui nous attend, et dont il nous reste à savourer ensemble , à savourer une à une les angoisses sans nom. O plaines campagnes, è soleil radieux, 6 tumulte des armes, ò charme des hasards, ò trompettes , 6 cris de la mêlée , Ô mon destrier, c'était parmi vous, avec vous, qu'il était beau de mourir! Mais que dis-je là? Vais-je me roidir contre mon destin ? Vais-je me traîner lâchement à la mort, comme un coupable condamné, exhalant en chemin des vœux superflus et de vaines plaintes?... Et Marco... m'aurait-il trahi aussi, Jui ?.. O soupçon atroce , à doute insupportable, laisse - moi, ne m'accompagne pas jusqu'à la tombe. Mais à quoi bon revenir ainsi sur la vie? pourquoi laisser aller encore ma pensée là où je n'ai plus rien à faire? Et toi, Philippe! oh! quelle joie va être la tienne ! Eh! quem'importe? je les ai goûtées aussi les joies de cette espèce, et je sais maintenant ce qu'elles valent. Mais mon épouse ! mais ma fille! è ciel! lesrevoir! entendre leurs sanglots! recevoir leur dernier adieu! me retrouver dans leurs bras pour m'en arracher à | Jamals!... Les voici.... O mon Dieu! laisse tom-
ber sur elles, du haut du ciel, un rayon de ta pitié. | SCÈNE V.