‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 81 sur 168 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DIDIER, ADELGHIS.

DIDIER

Quelle était donc ta pensée, Adelghis? Quoi! tu voulais rendre tout Pavie témoin de notre affront! Tu voulais donner notre malheur en spectacle à une multitude perverse! As-tu donc oublié qu'ils vivent encore ceux qui ont soutenu contre moi les prétentions de Ratghis au trône? Ignores-tu qu'ils nous entourent et nous épient, transformés d'ennemis déclarés en ennemis secrets? Et ne songes-tu pas que l’aspect de nos fronts consternés serait pour eux une vengeance et une fête ?

| ADELGHIS.

O couronne trop chèrement achetée, 6 condition des rois pire que celle des sujets , s’il nous faut craindre jusqu’aux regards du vulgaire, si c'est pour nous une honte de laisser paraître notre douleur , et s'il ne nous est pas permis d'honorer à la face du jour l'innocence et l’infortune d’un objet chéri !

DIDIER

Quand la punition aura égalé l’offense. quand notre tache aura été lavée dans le sang, alors, mais alors seulement. déposant le deuil, Her-

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