‹ Le Comte de Cavour et son confesseur;Chapitre 4 sur 47 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

L'abbé, l'ayant alors exhorté à mieux chercher, il finit par se découvrir un péché : la gourmandise. Mais quelques instants plus tard, s 'épanchant dans le sein de sa mère, il ne peut se défendrî de quelque inquiétude en songeant à ce qui l'attend : « On va certainement m'imposer comme pénitence de faire maigre pendant plusieurs jours. »

Tout ce qui a trait à la dernière confession du comte de Cavour, qui eut lieu le 5 juin 1861, la veille de sa mort, et à json dernier confesseur, le Père Jacques, de Poirino, se trouve exposé dans le livre, dans lequel le sénateur Matteo Mazziotti ne s'est pas contenté de relever ce qu'il a su si bien retrouver dans des publications, devenues pour la plupart fort rares aujourd'hui, et dans les journaux de cette époque, mais qu'il a de plus réussi à enrichir de documents nouveaux et inédits de la plus grande valeur. Tel est, par exemple, le rapport dans lequel le consul d'Italie à Rome enregistre tout ce que le Père Jacques vient de lui dire au sortir de l'audience dans laquelle le Saint-

vili LE COMTE DE CAVOUR

Père l'avait mis en demeure de lui rendre compte et de se justifier de l'absolution qu'il avait donnée au grand ministre moribond. Telle est encore la relation rédigée par cet ecclésiastique en 1884, dans le courant de l'année qui précéda sa mort, relation succincte, mais complète, des événements marquants de sa vie, de ses relations avec le comte de Cavour, de laconfession et des dernières heures du grand homme d'État, enfin des dures épreuves qu'il eut à supporter pour lui avoir donné l'absolution. La richesse des faits et la multiplicité des documents historiques suffiraient, à elles seules, pour appeler sur ce livre l'attention de ceux qui se proposent d'étudier la vie du comte, même si l'auteur n'avait pas eu le mérite d'y introduire un élément d'importance capitale en pareille matière : l'objectivité de l'historien. D'un épisode qui jusque-là n'avait provoqué que des récriminations inspirées par les rancunes et les haines de parti, que des polémiques d'une écœurante violence, il a su faire une vraie question historique en traitant son sujet avec la plus scrupuleuse impartialité.

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