XIV LE COMTE DE CAVOUR
La scène tragique qui se déroula, au mois d'août 1850, autour du lit de mort du pieux Pietro di Santarosa, l'un des plus chers amis de Cavour, l'inébranlable obstination avec laquelle on lui refusa les secours de la religion parce que, quelques mois auparavant, il ne s'était pas, en sa qualité de ministre, opposé à la loi abolissant le privilège judiciaire du clergé, ce refus qui, comme on le sait, provoqua des troubles à Turin et causa au comte de Cavour une si vive indignation qu'il ne put s'empêcher de laisser libre cours à ses sentiments, donnèrent à ce dilemme un caractère dramatique inattendu et réellement déconcertant. Mais loin de se laisser abattre, de s'abandonner à une crise de conscience aussi stérile qu'énervante, Cavour se montra alors sous son véritable jour. Sans perdre une minute il ne pensa plus qu'à la défense, qu'à la riposte. Son regard s'arrêta sur un prêtre, dont les sentiments patriotiques, la reconnaissance qu'il avait vouée à toute sa famille et à lui en particulier, le caractère droit et ferme lui offraient toutes les garanties désirables. Certain qu'un tel homme ne manque-