‹ Le comte de CavourChapitre 4 sur 9 · LK COMTE DE C.VVOI H · texte numérisé non relu

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longtemps et ne tarda pas à surmonter le premier dégoût. — n J’ai sur les bras, écrit-il à mon père en 1835, de très-vastes exploitations agricoles à diriger, ce qui me prend beaucoup de temps et me donne assez de soucis. D’ailleurs, comme il est naturel à l’homme de ne pas se contenter de ce qu’il est strictement obligé à faire, je me suis laissé entraîner peu à i>eu par le goût de l’agriculture, et maintenant je suis en train de faire de grandes spéculations champêtres; et, comme il ne s’agit pas d’accroître le superflu , mais de conserver le nécessaire, je suis obligé de mettre beaucoup de soins aux opérations que j’ai entreprises et d’y consacrer un temps que je préférerais consacrer à des travaux purement intellectuels. »

I 11 faut, écrit-il dans le même temps à M. Naville , que vous sachiez d’abord que je suis devenu agriculteur pour tout de bon ; c’est maintenant mon état. A mon retour d’Angleterre, j’ai trouvé mon père définitivement engagé dans les affaires publiques et ne pouvant plus par conséquent vaquer aux siennes; il m’a proposé de m’en charger et j’ai accepté avec empressement, car lorsqu’on a entrepris de faire valoir soi-même toutes ses terres, il y va de sa fortune à ne pas en soigner l'administration. Les occu-

pations que j’ai entreprises d'abord par raison, je les suis maintenant par goût; peu à peu je me suis attaché aux travaux agricoles et ce ne serait pas sans un vif chagrin que je me verrais obligé d’y renoncer. Mais je puis être tranquille à cet égard ; rien ne viendra me troubler dans la carrière que j’ai entreprise. Quand je conserverais encore le même goût pour la politique que j’avais il y a quelques années, li me serait impossible de me mêler d’une manière active des affaires publiques sous un gouvernement dont mes opinions et mes circonstances personnelles m’éloignent également. Car quelque modéré, quelque juste milieu que je sois devenu, je suis bien loin encore de pouvoir approuver le système suivi chez nous. Ainsi donc, la nécessité aussi bien que mon goût me fixent désormais aux occupations agricoles, qui me suffiront certainement pour employer mes facultés intellectuelles et satisfaire au besoin que tout homme honnête épfouve de se rendre utile à la société dont il fait partie. »

Un an plus tard, en 1836 : « Je suis presque entièrement absorbé par mes occupations agricoles, écrit-il à mon père; j’ai entrepris de vastes spéculations qui exigent de grands soins et une surveillance de tous les instants. En agriculture il n’y a de

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