IL NAPOLI
... M. de Chambrun, en étudiant l'homme dans ses rapports avec la civilisation des nations, trouve Tâme de Thumanité, qui remplit de son être les peuples de TOrient, la Grèce, Rome, le Moyen Age, les peuples modernes, dans les manifestations de la politique, de la science, de la littérature, de l'art; et ici, il convient de remarquer qu'étant croyant, et s'ingéniant de tout son pouvoir à s'écarter de la pente glissante du rationalisme, il ne s'aperçoit.pourtant pas qu'il s'en approche parfois, comme lorsqu'il fait ressortir la très grande valeur de la psychologie. Sans cela, le discours sur l'âme de l'humanité peut-être ne rappellerait-il pas la Philosophie de l'Esprit et la Phi-
losophie de THistoire de Hegel? Il est vrai cependant que Chambrun tempère les principes de Hegel par les principes des frères Schlegel et par la doctrine de saint Paul, chrétien panthéiste : « Nous sommes, nous vivons, nous nous mouvons en Dieu » ; doctrine que Ton inculque même dans les tendres mémoires des enfants quand les prédicateurs leur enseignent, en grossissant la voix et en déclamant : « Dieu est dans le ciel, sur la terre et partout ». Sauf saint Paul, aucun des auteurs susnommés n'est cité par Chambrun, qui néanmoins fait clairement voir qu'il les a étudiés, comme il a fait d'ailleurs de Platon, d'Aristote, de saint Thomas, de Vico, sans parler des autres...
Puisse le comte de Chambrun, puisse Fillustre aveugle vivre encore bien des années et imprimer d'autres jalons dans le. vaste champ du savoir!