‹ Le comte de ChambrunChapitre 26 sur 30 · JUIN I · texte numérisé non relu

JUIN I

Dans un des coins les plus paisibles de Paris, au faubourg Saint-Germain, entouré d'admirateurs et des plus affectueux dévouements, le comte de Chambrun, un noble de race, passe les jours de sa glorieuse vieillesse.

La cécité Tayant écarté de la politique depuis 1 871, ses travaux se sont concentrés sur la philosophie et la littérature. Il a produit des œuvres de la plus haute portée, dans lesquelles les mérites de la pensée s'allient étroitement aux plus rares qualités de Thomme de lettres.

Le comte de Chambrun est un véritable polygrapheila politique, Thistoire, la sociologie, la poésie, la musique, la peinture, tous les grands sujets lui sont familiers, il s'occupe de

tout avec une très grande largeur de vues et un jugement parfait.

Au moyen de Texposé critique de M"" Bader, il est aisé de reconstituer ou de synthétiser le caractèrephilosophique et littéraire de Fœuvre du comte de Chambrun.

M. de Chambrun est essentiellement un philosophe: il étudie à fond Tâme humaine en suivant sa marche à travers tous les temps et toutes les civilisations, en attribuant enfin son perfectionnement à la puissante influence du christianisme.

En esthétique, il a des conceptions aussi hardies que lumineuses; il laisse pressentir ce qu'est la musique scientifique, descriptive et historique; la peinture et la sculpture prennent vie et forme sous sa plume « cosmopopolite », si j'ose m'exprimer ainsi; la poésie se montre à nous sous une face nouvelle, et nous étudions dans Shakespeare non seulement la représentation de la société anglaise du temps de la reine Elisabeth, mais la manifestation de ïâme de V humanité dans ce siècle, comme la poésie de Musset représente Tâme

de rhumanité au xix"* siècle, avec toutes ses incertitudes, ses efféminations et ses névroses.

Le comte de Chambrun défend ses thèses avec une lucidité extraordinaire, et dans un langage qui associe adorablement le savoir et la poésie.

Bien que vastes et d'une complexité redoutable, les travaux philosophiques et littéraires du vieux comte ne sont pas encore finis, et nous pourrons sous peu apprécier les longues études qu'il s'occupe de terminer sur David, sur les tragiques grecs, sur Dante, Cervantes et Gœthe, sur la philosophie et sur l'histoire, dans laquelle, grâce à sa méthode psychologique, il découvre une fois de plus l'âme éternelle et progressive de l'humanité.

Le comte de Chambrun est un des rares écrivains qui, sachant beaucoup, savent aussi se faire lire, par la sincérité de la pensée et par le charme d'un style où la simplicité s'unit à la noblesse, ce qui a toujours été le secret des écrivains artistes.

Nous croyons devoir suspendre ici ces extraits : une inévitable monotonie se dégagerait d'unq suite prolongée d'articles de journaux pivotant autour d'un sujet unique. Ceux qui précèdent ont été choisis, avec impartialité et un respect trop rare de la représentation proportionnelle des minorités, commeTexpression la plus fidèle et la plus générale de l'opinion de la presse, formulée dans les comptes-rendus de quelques cinquante journaux parisiens, départementaux et étrangers, du Journal de Kronstadt au Miinkener Tageblatt, de la Turquie au Glascojp Herald^ de V Argus soissonnais aux Tablettes des Deux-Charentes

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