‹ Le comte de Chambrun: ses études politiques et littérairesChapitre 28 sur 43 · LANDES ZEITUNG D' AL SAGE-LORRAINE · texte numérisé non relu

LANDES ZEITUNG D' AL SAGE-LORRAINE

3o SEPTEMBRE 1889.

Dans ce fort volume de luxe, orné du portrait du comte de Chambrun, M"^ Clarisse Bader, l'auteur de la Comtesse Jeanne, publie une étude générale des oeuvres de celui-ci. L'esquisse de la vie du comte qui y est intercalée témoigne de la profonde vénération que ce penseur, maintenant aveugle, inspire à son entourage. Le comte de Chambrun, né à Paris en 1821, a été, sous le second Empire, préfet du département du Jura ; plus tard , il fut nommé député, puis sénateur. Comme écrivain dans le domaine historique et philosophique — et dans ce dernier il se montre dis-

ciple enthousiaste de Descartes — le comte de Chambrun ne pouvait pas trouver dans ses concitoyens l'attention que méritent sa manière de penser absolument personnelle, ses efforts sincères pour atteindre à la vérité et à la justice. L'homme qui a eu le courage de déclarer : « La Révolution française n'est pas finie; elle dévore la substance, la réalité de la France, la réduisant à une puissance de second ordre, ne lui laissant que des idéalités, que son génie », ne pouvait que partager le sort de ses collègues en conservatisme. Si d'ailleurs le style de Chambrun, par sa trop grande concision, tombe quelquefois dans l'obscurité, cependant ses Fragments politiques et ses Nos historiens, méritent spécialement d'être aussi lus à l'étranger. Il est une chose que l'on ne pourra pas refuser à ces ouvrages ainsi qu'à toutes les productions intellectuelles de l'auteur : ce mérite d'exciter la propension à réfléchir et penser.

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