‹ Le comté de Clermont en BeauvaisisChapitre 12 sur 81 · LA FORÊT DE HEZ ' (P · texte numérisé non relu

LA FORÊT DE HEZ ' (P

« Ce est la desclaracion du nombre des arpenz de boz que la forest de Hezpuet contenir tant de haute forest, comme menu bos et taiUiz, arpentée et mesurée par Jehan Dangi, mesureur juré , et par Florot Dars mesureur, demeurant à Louviaucourt, en la paroisse de Baillenval, et par leurs aides, commençant le mardi 7*^ jour du mois de mars lan mcgclxxui, fait au commandement de M" Gilles, seigneur de Nedonchel, chevalier et gouverneur de Glermont, pour et au nom de très excellent, noble et puissant prince mons' Loys duc de Bourbonnois, comte de Glermont. A ce faire fu présent Hébert de Tm-queteville, escuyer et chastellain de ladite foresi ', laquelle est arpantée et mesurée

1 a La forêt de Hez en Beauvaisis s'étend entre les rivières de Terrain et de Bresche, entre Beauvais et Glermont ; elle a deux lieues de long, une lieue de large. » Expilly, Dictionnaire des Gaules et de la France. Elle est aujourd'hui circonscrite, à Test, par le village d'Agnetz et les hameaux de Gicourt, de Boulaincourt et de Ronquerolles ; au nord par les villages d'Etouy, de Litz, de la Neuville, du territoire duquel elle fait partie, et de Rue Saint-Pierre ; à l'ouest par les tourbières de Bresles et le hameau de Froidmont ; au sud par les hameaux des Maillets de Fay-sous-Bois, de Filerval, le village de Thury et le hameau du Plessis-Billebault. De Lépinois, Recherches historiques. Gette forêt, que certains Utres du xii« siècle dénomment de Haitz, Hais et Hers, et qui d'après Louvet, s'appela aussi de Hermès, est considérée par quelques géographes, notamment par d*Anville, comme ayant été le pays des Hassi, peuplade nommée par Pline à la suite des Bellovaci. Mais bien qu'on ait trouvé des haches en silex dans la forêt de Hez comme dans d'autres parties du département, cette opinion semble à M. Graves {Précis statistique) dénuée de preuves sérieuses. Quant à l'étymologie du mot Hez, Dom Grenier croit que ce mot pourrait représenter l'ancien nom du Dieu Mars, tel que les Celtes le prononçaient et auquel les Romains auraient donné la terminaison Hesus. {IntrodxAction à l'histoire de Picardie ^ p. 168.)

* C'était sons la direction de ce châtelain qu'était alors placée tonte l'administration de la forêt. On verra plus loin qu'il avait à la Neuville un hôtel qui n'existait plus en 1373. Les Comptes de Beaumanoir, édités par M. Bordier, font en outre mention d'un forestier ou garde à cheval qui touchait deux sous par jour, cinquante sous par an pour son habillement et avait une maison, ainsi que de quatre gardes ou sergents rémunérés à raison de six deniers par jour. Les droits d'usage de toutes sortes concédés aux riverains, dit M. de Lépinois {Recherches historiques y p. 86), ne tardèrent pas à causer à la forêt de tels dommages que les comtes durent chercher à y porter remède. La plus ancienne ordonnance rendue à ce sujet est celle du 4 juin 1384 (Ms. Fr. 4,663, fo 119), que l'auteur, que nous venons de citer, résume dans les termes suivants : « Attendu, y est-il dit, que la forétiest toute ravagée et perdue, le comte en remet la gestion à un verdier seul

par lesdiz mesureurs et leurs aides au plus justement que il a peu estre fait, sans faire routes ne haies damageables pour ledit Mons', dont lez ditz mesureurs sur ce ont fais leurs rapports en la manière qui cy après s'enssuiet :

Basses Ploies étant près de la Neufville-en-Hez, par devers le pavement qui va à Beauvais, taillis et menus bois, 65 arpents.

Hautes Ploies et Hautes Courroies tenant au grand chemin qui va de la Neufville-en-Hez à Clermont, ancienne haute futaie, 247 arpents et demi.

Taillis du grand quemin de Clermont, en allant de la Neufville-en-Hez à la Croix-le-Comte, 79 arpents 70 v.

Chemin de RonqueroUes et vente des Palis, 80 arpents,

Grippet d'Estoy, haut taillis, 244 arpents.

officier chargé de faire les délivrances aux usagers. Les arbres de futaie seront dorénavant marqués à deux marteaux, celui du verdier et celui du receveur du comté ; mais la surveillance des coupes appartiendra exclusivement au verdier. Un conseil composé du verdier, du bailli de Clermont, du châtelain de la Neuville, du receveur et du procureur du comté, déterminera chaque année les ventes à faire. Le verdier aura sous ses ordres quatre sergents aux gages annuels de huit livres chacun : le premier aura la garde des broches d'Auvillers, le second la garde de TÉpine, vers Saint-Félix, le troisième la garde de dessus les marais de Brêsles, le quatrième la garde des Ploies et du Grippet d'Etouy. Le verdier prêtera serment entre les mains du bailli et lui déposera un cautionnement de deux cents livres parisis ; il aura ainsi que le receveur, les droits accoutumés sur les marchands de bois, et en sus son chauffage et son bois d^usage. Cet officier connaîtra des menus délits forestiers, mais les forfaidures de chevaux, chars, carettes et autres de grand valeur seront jugées par un tribunal dont il fera partie avec les autres hauts fonctionnaires du comté. Il tiendra ses plaids à la Neuville, chaque dimanche à la porte de l'église, et les condamnés pourront en appeler devant le bailli de Clermont. Les fonctions du verdier s'exerceront de la même manière sur les forêts de RonqueroUes, de Jurequin et autres du comté. » Voici, toujours d'après M. de Lépinois, la liste des usagers de la forêt au xiv« siècle, autres que les habitants de la Neuville : L'abbaye de Froidmont (chartes de 1190, 1192, 1218, 1220 et 1243); le prieuré de Wariville (chartes de 1180, M97, 1201 et 1218); l'abbaye de Ressons en Thelles (charte de 1198) ; la maison Dieu Saint- Jean de Beauvais (chartes confirmatives de 1251 et 1261) ; les meseaux de Mouchy (charte de 1200) ; l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais (charte de 1281) ; Wamier d'Angicourt (charte de 1190); Gautier de Bury (charte de 1201); Ansous de RonqueroUes (charte de 1209); Mathieu de Trie, seigneur du Plessis-Billebault (charte de 1251); le maieur de Clermont (charte de 1255) ; le seigneur de Gicourt (charte de 1372) ; BiUebault de BreuU-le-Vert, et GuUlaume de Boulaincourt qui en jouissaient en 1350 déjà à titre ancien. Ces droits devaient être modifiés ultérieurement et réduits notamment par l'ordonnance de réformation de 1666, qui les transforma en rentes annueUes sur le domaine de Clermont.

Joine taillis du grand quemin de Glermont près la Croix-le- Comte, par devers Boulaincourt, y compris le lieudit la Fonlaine-aux-Hennites, 223 arpents et 60 v.

Les Arpents menuz boz là où pieça on a pris usage pour Téglise de Wariville, 24 arpents.

Le Quesnotoye du Buis-Bordel, qui est moyenne forêt ordonnée pour être haute forêt, tenant aux terres de Boulaincourt, 15 arpents et un quart.

La Haute-Forêt, commençant près du taillis du grand chemin de Glermont, par devers Boulaincourt, 208 arpents.

Les Estournelles, en avallant par le chemin du Galet droit au Ponchel, 253 arpents 48 verges.

Le Gloquier, les Urlitz, le Val de la Marlière, tous tenant Tun emprès Tautre, haulte forest ancienne, avec les haultes forests près du puys des Loges, et les haultes forests entre le pavement du chemin de Torigny et les taillis Saint-Lucien, environ eampaigne, près du Pommier Robin-le-Paige, 680 arpents.

Le Buisson-Pestel, haulte forest ancienne, 42 arpents.

La Fontaine-Gauderon dessus le chastel de la Neufville en allant par devers le lieu que Ton dit Les Payens, droit au Montde-Saint-Thibaud, 273 arpents.

La Haulte- Forest, depuis le fryez de Mirocourt jusqu'au taillis de la Groix-le-Ghâtelain, et passant tout oultre vers le chemin de Saint-Félix, 126 arpents.

La Haulte-Forest, par devers la Verrière, 105 arp. 46 v.

Les Joenes revenus des taillis qu'on dit St-Lucien de Gampaigne, 61 arpents 20 verges.

Le Joene Quennotoye des taillis tenant au chemin de Saint- Félix, 57 arpents 35 v.

La Haulte Forest, depuis la Verrière en ameillant la mare Madame et la haulte forest du quemin de Moncy, en comprenant la Groix-Wargnier, et en allant de la mare Madame droit au boz de Froidmont, 336 arpents 70 v.

Joene taillis et revenus enclavez dans la haulte forest,

22 arpents et demi.

Les boz qui sont en venant, depuis le lieu, que Ton dit le taillis de St-Lucien en Gampaigne , en descendant jusques au marais de Brêle et où sont compris les lieux que Ton dit une partie de Gampaigne, la Groix de Ghasteneuf, Merocourt, Go-

queverse elles boz de environ la Croix-de-Mi-Voie, 474 arp.

La Haulte forest qui est au fond de la vallée Bellefille pardevers le quemin de Moncy, 8 arpents.

Les taillis de la vallée Bellefille, de la mare Madame et les broches dessus Fay, 117 arpents.

La place du Sauloy dessus Fay, qui est place pour garenne à connins (lapins), et n'y a point de boz, mais est peuplée d'herbes comme genèvres.

Le taillis du puys des Loges, les menus boz du lieu dit le Colombier, et les taillis et menus boz de la Courbe de Thoiry, 483 arpents.

Les taillis du Buisson-Pestel, du Feu-Armé, la feutaye derrière Tostel M" Begnault de Trie au Plessis Billebaut, les broches d'Auvillé, les vaulx de Boulaincourt, tant ceux qui sont au dessus des dites broches, comme au dessus du lieu que Ton dit Morival, 551 arpents.

Au dessus les dites broches d'Auvillé et le lieu dit le Quesne Cuitart, est une place de terre en friche, enclose de toutes parts du boz de la foret, laquelle est bien duisant et ordonnée pour mettre connins.

En la Neuville-en-Hez, le parc au dessous du chastel joignant d'un costé aux courtieux de la Neufville, de l'autre costé à la forest, et au lieu que on nomme le Parc, aboutant d'un bout à la forest et d'autre au chemin et pavement dessous le chastel, 7 arpents 98 verges.

L'ostel du parc avec les gardins du dit lieu, 3 arpents et demi.

Lieu dit l'Ostel du Chapelain de l'ostel de la Neufville avec les gardins, tenant à l'ostel ci-dessus, 64 verges.

La Lavanderie, avec les gardins, lequel au temps passé soulait être Tostel du chastelain de la forest, tenant d'un costé près du pavement et au courtil qui fut Jehan d'Evry et d'autre au gardin du chastelain, d'un bout à la forest, et d'autre au parc, 6 arpents.

Le gland et faîne de la forest se vend aucune fois en gros, et quand on ne le peut bien vendre, on met porcs en empennage sur chascun son prix.

Connins de garenne en la forest.

L'addition des contenances des divers cantons donne un total

de 4,838 arpents ou 2,477 hectares environ, à compter l'arpent de Clermont pour 51 ares. C'est la superficie que l'intendant de la généralité de Soissons en 1698 et Expilly * au xvin® siècle, attribuaient à la forêt de Hez. C'est 187 hectares de moins que ce qu'au dire de Graves {Précis statistique, p. 171), cette forêt comprend aujourd'hui, mais l'excédant ainsi constaté s'explique et au delà par le fait des réunions prononcées en 1790 à la suite de la confiscation des biens des communautés ecclésiastiques. On peut donc dire qu'en réalité le massif domanial forestier de Hez demeure encore aujourd'hui tel qu'il était au xiv® siècle.

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