GOURNAY-SUR-ARONDE
Messire Loys duc de Bourbonnais et comte de Clermont tient de son domaine de sa dite conté sofi chastel de Gournay, avec ses cens, rentes et prou/fits mis en prévosté par la manière qui s* ensuit (f* 135 et suiv.) :
Nous avons déjà, à l'article de Raoul, parlé de cette seigneurie, dont un échange avec Albéric de Hangest et un accommodement avec l'abbaye de Saint-Quentin lui avaient assuré une partie considérable. Par une charte de 1165, que nous reproduisons aux pièces justificatives, le comte avait accordé exemption de toute taxe et charge, moyennant une redevance annuelle de quatre muids d'avoine et quatre chapons, à ceux qui viendraient se fixer dans le bourg situé en dehors des murs de la ville proprement dite. C'est par l'énumération de ces redevances que débute la déclaration. Les censitaires commençaient en la rue qu'on disait la grande rue, laquelle aboutissait au grand chemin de Montdidier à Compiègne, et finissaient en la rue du Four. Y étaient soumises les masures de la dite rue du Four, celles au bourg de Goumay en commençant à la porte du marchié en avalant droit au chatel, en finissant à la rue des Quarrières ;
^ La forêt de Hez contient 4,900 arpents de bois. EzpiUy, Dictionnaire des Gaules et de la France, vo Clermont.
* Canton de Ressons. En tête du dénombrement de Gournay est placée une miniature, en bon état de conserration, représentant son château.
enfin celles de la rue des Quarrières en commençant au long devers le chatel et finissant devers Neuvy. Plusieurs masures étaient indiquées comme « wastes desquelles aucun ne se dit hoir, ne n'y a aucuns possesseurs. »
Certains prés devaient au jour de Noël une rente en foin et en chapons.
Item en ladite prévosté et ville de Goumay y avait un four auquel tous les habitants de ladite ville étaient banniers, au profit duquel four le comte prenait la sixième partie et messire Etienne de la Grange le surplus, et soloit valoir anciennement six livres par an et à présent n'était baillé que pour 48 sols.
Item en toutes les rues et masures dessus déclarées avait le comte toute justice et seigneurie haute, moyenne et basse, seul et pour le tout, roage, tonelieu et vente, quand ce échiet.
Les petites amendes comme de deffaut et lettres mises à replainte étaient de 7 sous 6 deniers et les grosses amendes de 60 livres. Le sergent dudit comte avait saisies et bornages.
Champarts : à la Couture de Peremont le comte avait le quart, Gauvain de Goumay le quart, l'église de Sainte-Marguerite d'Ellincourt (canton de Lassigny) moitié ; au chemin de Porte, le comte avait un quart, messire Aubert-le-Bon un quart et ladite église moitié. Au Valsauvechon, au chemin d'Antrevaux, le comte touchait un tiers, le seigneur d'Auffemont un tiers et Gauvain de Gournay un tiers.
Es terrouoirs et lieux dessus dits le sergent de la prévosté prenait sur chaque champ une gerbe de don.
Item les bois de Perremont audit comte contenaient quarante arpents, et se coppaient par chacun an six arpents, et soloit-on vendre l'arpent 6 livres, et à présent n'était plus vendu que 3 livres \
Le comte avoit garenne pour toutes bestes es lesdits bois de Peremont, et le sergent avoit pour les garder 20 sols par chacun an.
* De même à rarticle des champarts il est déclaré que là où le comte touchait autrefois deux muids de grain, il n'en recevait plus qu'un.