‹ Le comte de Clermont (volume 2)Chapitre 21 sur 51 · DERNIERS MOMENTS DU COMTE DE CLERMONT · texte numérisé non relu

DERNIERS MOMENTS DU COMTE DE CLERMONT

Après cet échec retentissant, démonétisé de toute manière, chansonné, ruiné et démoralisé, travaillé de la goutte et sérieusement inquiété par les prodromes menaçants de l'apoplexie, le comte de Clermont devint misanthrope. — On le serait à m.oins. — Il s'ensevelit dans une retraite absolue à Berny et à la Roquette, fit sa paix avec Dieu, épousa, en manière

de pénitence^ sa fidèle marquise de Tourvoie, et tous deux, voués, comme Louis XIV et M'"^ de Maintenon, aux pratiques austères de la haute dévotion, abordèrent avec componction cette dernière phase ordinaire de la sottise et de la faiblesse humaines (i).

Devenu rigoriste à son tour, le comte de Clermont ne vit pas sans répugnance l'avènement de la Du Barry et du triumvirat qui renversait le duc de Choiseul. Son âge et l'éclat de sa conversion lui donnaient sur les autres princes du sang une influence dont il usa dans le sens de l'opposition : ce fut chez lui, et sous sa direction, que fut rédigée la fameuse protestation des princes contre la dissolution des parlements et les réformes du chancelier Maupeou.

Cette révolution civile, qui n'avait d'autre but que de dégager de tout contrôle le despotisme royal, parut d'autant plus odieuse, que jamais le gouvernement n'avait offert moins de titres à la soumission

(0 si nous en croyions le Gazetier cuirassé^ cette conversion n'aurait pas été bien rigoureuse ; mais le plat libelle de Morande ne mérite aucune créance, et nous ne le citons que pour le démentir:

« Le prince de Clermont, croyant sa conscience intéressée au com- « merce qui restait entre lui etM'i*^ Le Duc (devenue marquise), a cessé « tout à coup de la voir pour s'attacher à une fille de quinze ans que « lui a procurée son aumônier , ce bon prêtre pensant que les plus « grands péchés, aux yeux de Dieu, sont les péchés d'habitude » (1771.)

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