‹ Le comte de Clermont (volume 2)Chapitre 24 sur 51 · LES PORTRAITS DU COMTE DE CLERMONT · texte numérisé non relu

LES PORTRAITS DU COMTE DE CLERMONT

Maintenant que le rideau vient de tomber sur ce tableau final des obsèques, qui malheureusement ne ressemble guère à une apothéose, il nous reste à vous présenter l'acteur qui vient de jouer le rôle principal dans cette pièce héroï-comique. Nous connaissons assez le personnage pour nous intéresser à sa tournure et à l'air de son visage; interrogeons donc les portraits et voyons s'il avait bien ce que l'on appelle au théâtre le physique de son emploi.

Les portraits à la plume sont rares; le comte de Clermont ne figure pas, malheureusement, dans la merveilleuse galerie de Saint-Simon, qui ne le connut que trop jeune ; nous en sommes réduits à extraire des Mémoires secrets pcnir servir à l'histoire de la cour de Perse (généralement attribués à M"^^ de Vieux- Maisons) la pâle esquisse suivante, qui se rapporte à l'année 1745. Encore devons-nous protester contre les reproches d'inconstance et d'esprit borné que démentent suffisamm.ent une liaison continue de trente ans et le titre de membre de l'Académie française.

— c( Miram était beau, d'une tailleun peu épaisse.

« d'un esprit borné , aimant [la dépense , faisant « chercher de toutes parts des femmes pour peu- « pler son harem, voltigeant de l'une à l'autre, ne « donnant pas toujours la préférence à celles qui « l'auraient méritée, et capable de sacrifier toutes a ses richesses pour satisfaire son goût inconstant. »

Récoltons encore les deux notes suivantes dans le pamphlet anonyme de François Génard : l'École de l'homme, ou Parallèle des portraits du siècle^ etc. (Amsterdam, 1752.)

— c( Clarus adopte l'habit et les moeurs d'une « profession, et emprunte ses bénéfices et ses titres « d'une autre. Il est homme d'Église et homme « d'épée; en ville c'est Monsieur l'Abbé. Y a-t-il un (.( camp , Clarus est à l'armée , où il a du commande dément ; il va à l'ennemi, fait le coup de pisto- « let, force une brèche. C'est un guerrier, c'est un « héros. La paix fait rentrer les troupes en quar- « tier : il paroît, en plumes et l'épée au côté, à la « ville, à la cour, et dans une même berline, sur « le chemin de B...., avec Naïs, qu'il a soufflée à « Chrisippe, qui se ruinoit. » (Tome II, p. 36.)

• — a Clidamis (le comte de Clermont) aime les

Page 1