LES PORTRAITS
« femmes publiques , fêtées et connues de tout le c( monde. Il est charmé qu'on voie sauter ses maî- « tresses, au risque de partager leurs bonnes grâces « avec les musiciens et les danseurs. Il se plaît à « recevoir des compliments sur leur légèreté dans « les entrechats, leurs grâces dans la danse, la « justesse de leur oreille, leur pied mignon, leur (c jambe fine; je ne sais pas même s'il haïrait qu'on tt lui haussât le compliment jusqu'au-dessus de la « jarretière.» (Tome II, p. 84.)
Quoi qu'en dise la clef contemporaine, ce second portrait ne nous paraît pas applicable à notre comte de Clermont prince, qui, s'il aimait les danseuses, s'en montrait au contraire fort jaloux et ne les laissait pas volontiers sur les planches. Il s'agit sans doute de l'un de ses homonymes.
Nous ne sommes pas beaucoup plus riches en portraits figurés. Il est presque incroyable, et pourtant très-réel, qu'il n'existe aucun portrait gravé du comte de Clermont, pas même dans la grande publication des Galeries de Versailles. Ce musée possède pourtant deux portraits peints du personnage, l'un et l'autre se ressemblant fort, ce qui est déjà une bonne garantie.
Le premier (n° 2996 du catalogue) faisait partie de la collection de l'Académie française. Il a été exécuté, par conséquent, vers 1754, date de la réception du Prince. C'est une très-médiocre peinture. Le comte est représenté en buste, la tête découverte, portant par-dessus sa cuirasse une espèce de surtout à la polonaise, de velours ponceau, fourré de martre.
Le second (n° 3760) est un très- beau portrait en pied de grandeur naturelle, peint par H. Drouais, en 1 77 1 , dans la dernière année de la vie du Prince, au moment même où son attitude anîi-Maupeou réveillait en sa faveur l'attention du public. Aussi cette belle peinture, exposée immédiatement après la mort du héros, fit-elle sensation au salon de 1771, à côté du portrait de M'"^ Du Barry en Muse.
Si vous vous êtes figuré le comte de Clermont avec le type bourbonien, l'attitude hautaine, lamine fière et même tant soit peu brutale des Condés, vous aurez peine à le reconnaître dans cet excellent vieux à mine débonnaire, à l'allure pesante, à l'encolure épaisse, qui s'avance d'un pas mesuré, appuyé sur sa haute canne à pomme d'or et tenant de la main gauche, relevée sur la hanche, son ample chapeau galonné; c'est ce type à la fois bonasse et