‹ Le comte de ClermontChapitre 16 sur 33 · I- ■ ■ I. III I II · texte numérisé non relu

I- ■ ■ I. III I II

Vînmes j après un long travail, à la dernière retraite du renard, tentât orv aperçut sa queue, on la saisit, ensuite son col /ormida^ ble; f animal fut tivré à la meute impatiente , qui, en peu de temps, lui fit perdre une vie qu'il avait si bien défendue et que ses adversaires avaient attaquée avec tant d* ardeur et de courage.

Voilà le récit exact de la célèbre journée où ma meute a vaincu son ennemi rusé et furieux. Vous auriei joui d'un plaisir bien vif si vous aviei été témoin de cet exploit, surtout ayant eu, ainsi que nous, la pluie sur le corps pendant six heures, glissant toujours, tombant facilement et nous ramassant avec peine.

Tay chargé d'Aiguirandes, qui commande mon équipage, de rendre compte à mes chiens du [èle que vous témoignei pour eux. Ils lui ont répondu avec reconnoissauce pour vous : l'un a aboyé en hautecontre, tautre en basse-taille, celui-cy en

64 PREMIÈRE PARTIE

basse-contre, celui-là en cromorne; et tous ouvrant de grandes gueules, couchant les oreilles, s* asseyant sur leurs culs, ils ont enfin démontré, à ce que dit d*Aiguirandes, qui les entend beaucoup mieux que si c étoit des humains, la joye qu'ils auront de pous voir, de sauter sur vous, de déchirer vos manchettes, de vous lécher, et même de bayer sur votre auguste physionomie.

Cette amusante et spirituelle relation est écrite dans le style spécial des Cilles niais. On sait que la

parade, fort en vogue à cette époque, ne comportait, ainsi que les canevas italiens dont elle procède, qu'un petit nombre de personnages aux types et costumes consacrés ; le vieux Cassandre, sa fille Zirzabelle, le beau Léandre, Arlequin, Colombine et Gille ou Pierrot, y étaient les pro* tagonistes. Ce dernier, le plus populaire de tous, et dont le niasquc cnfarinc taisait naL;ucre encore la joie de nos Boulevards, se subdivisait en Gille braillard et Gille niais. Le jargon du Gille niais

Limvft ufiD'RBft ' 65

était de mode chez les gens du monde, comme de nos jours l'argot des ateliers et des couUsses« Le comte de Clermont nous en donne un agréable spécimen, et M^e Le Duc un assez sot échantillon. Ce Gille niais, descendant direct du fameux La Palisse, fut lui-même père de Jeannot, lequel engendra Jocrisse qui donna le jour au rapin Calino , actuellement régnant. Ce qui prouve bien que l'esprit Êrançais n'a cessé de marcher dans la voie du progrès.

Les termes forestiers énumérés dans ce récit n'ont pas besoin d'explication , à l'exception peutêtre des péîrons (genévriers), des rachées (bouquets

. de bois racbemCj c'est-à-dire noueux et tordus), des botttis (terres fouilléef par les boutoirs des san-

. gliers).

M, Martin, si glorieusement mis en parallèle avec Alexandre, Hercule et la meute poursuivant

le renard, ne peut être que le directeur du Combat du taureau , alors situé hors de la barrière de Sèvres (rue de Sèvres, à la hauteur de la* rue Barouillère), transféré depuis dans le faubourg Saint-Martin et

à la barrière du Combat. Cette arène de bas étage n'était tréquentée que par les bouchers et la lie

du peuple. Noos regrettons de voir le comte de Qq-mont en parler comme un habitué.

Le nom de trio (sans majusGule)| très lisibtemeat écrit dans la lettre, ne figure pas sur la liste des

Maisîres en Farî et science de cluriiriiie de la l'/Z/f de Pans $n 1749* Serait-ce un sobriquet de Du Fouart, chi* rurgien ordinaire de Son Altesse, qui épousa la sœur de Laufon?

« Les chiens arrivèrent, ainsi que Danchet, grands yeu ouverts, bouche béante, » allusion 4 la fittoeiise chanso^i qui fit exiler JeanrBapliste

Je u MCI, mnmm Dauhtt^ Cmdt ymx wcrti , isacfte Hânkf

Comme un sot pris an fributhetf

Ecouter Us vers que chanu

Antoine Danchet, enfant de l'Auvergne et membre de 1 Académie française, venait de mourir Tannée précédente*

M. d'Aigoirandes, capitaine des chasses de

Berny, était en même temps capitaine de cavalerie dans k régiment du Prince, et l'un des acteurs de sa Troupe comique.

DU COMTE DE CLERMONT AU COMTE DE BILLY

L>c Bcrny, ce y août 1749.

/ je ne pous ay point fait sur le champ compliment sur la mort \de votre grand père, cest que fay cru y Cupidon, que je pouvois avec vous mettre les compliments d'usage de côté, et que vous deve^ asse^ connoître mon armtié pour être sûr y sans que je vous le dise, que toutes les choses qui vous intéressent m'intéressent aussi beaucoup.

Vous faites très-bien de regretter votre grand père : c'étoii un bon homme et qui avoit bien de [amitié pour vous. T approuve fort tinquiétude dans laquelle vous

êtes de la douleur de votre grànd'mère.

Je crois bien qu'elle ne trouvera pas autant de consolations dans ses propres enfants qu'elle en avoit trouvé en vous , surtout de M, Du Plessis, qui est un bien maupais sujet, et qui certainement ne ménagera pas sa mère, pour peu que son intérêt l'exige.

Je voudrms donc pouvoir luy procurer la douceur de vous voir, et à vous celle de luy rendre des soins; mais votre intérêt per* sonnel ta déterminée à trouver .plus de consolation dans votre absence que dans votre présence,

Tay résisté à toutes les sollicitations vives quelle m'a fait faire par quelqu'un qui s'intéresse bien à vous, pour votre retour. Cette personne-là est, ainsi que votre grand'mère,, un peu mie à votre égard. Vous êtes un enfant gâté que Vune et l'autre veulent continuer de gâter. Pour moy, vieux coquin de militaire, je ne suis pas absolument tendre dans ce genre-

LRTKBt mium 69

là; je veux votre bien, mordieu! Malgré vous, malgré potre grand mère et malgré tous ceux qui sont si mollement atttendris à votre sujet. Je dois cela à la tendre amitié qui régnoit entre votre père çt moy et à celle qu'il ma transmise pour vous. Oui, vous aurei beau dire que j'ay bien le diable au corps de vouloir plus que vous ne vaule{; malgré cela, le diable restera dans mon individu^ Je veux faire du Jils de mon ami un grand et bon sujet, et luy procurer les avantages que mérite quelqu'un que * jauray élevé et que je regarde comme mon Jils .

Partant de ce principe,} ay prouvé à la grand' mère et à celle qui m'a tant tourmenté pour votre retour/ qu'il étoit essentiel que vous passiez exactement vos trois mois â poire régiment, parce que le Roy l'exige des colonels avec la dernière sévé-rité; que le mois dans lequel on pourroit vom faire revenir, qui est à présent, est

70 MklMlkMB 9AXm

celuy ùù tes corps se rassemblent pour faire des exercices et des époluiions, que ce temps-là est par conséquent celuy oùlecolonei a le plus besoin d'être à son régiment pour le bien faire manœuvrer et pour apprendre huy-même les manœuyres et à les bien commander; qu ainsi vous ne sauriez dans le moment présent montrer trop de Xèle et d" assiduité , pour me mettre à portée de parler avec force quand il se trouvera roccasion d'obtenir les agréments annexés au métier que vous faites. Par exemple, jay demandé, il y a près de trois semaines, la croix de Saint- Louis pour pous, et je t ay fait avec la plus grande vivacité. Je vais avoir à citer votre attachement et votre lèle pour le service qui vous a empêché de demander à revenir, malgré la mort de votre grand-père, les affaires que vous avei et qui périclitent faute de votre présence^ et la satisfaction que vous auriez eue d'être auprès de votre gramt mère, que

uirran miinm 71

I ■ HH W > I . W l .11 1 11 ■ I I ■ 1 !■■ I I

pom aime( fort et que vous auriez consolée dans m événement ans» fâcheux. Voilà donc une position touchante de plus à dter à Ut cùurpoÊtr obtenir ce que je demande^

1 ray pour vous.

Malgré toutes ce$ bomm raisons, je n*ay

* Y^Jus^T^ sollicitations de la personne

dont je vous ai parlé cy-dessus, de Sre à M. d'Argenson que la mort de votre grand'père poupoit vous donner des affaires si sérieuses, que vous seriez forcé de revenir de votre régiment pour ne pas perdre les Oê^antages quil vous a faits. M. dArgenson fk'a répondu que jétois le nuAtre de vous faire revenir et que je nayois quà luy écrire quand je le désirerois; que ce^ pendant le dernier mois que vous avie{ à passer à votre régiment étoit le plus essentiel, à cause des évolutions que les troupes doivent faire dans ce temps-là ; qu^ ainsi il me prioit de ne demander votre rappel que dam le cas que cela fût fort essentiel

7* FlBMtàU fASTtI

pour vous; quil lïétoit point inquiété que je pous fisse repenir sans nécessité, parce qu'il savoit combien j'aimois quon servît exactement. Vous voyei que je me suis rencontré avec M. d'Argenson dans ce que fay dit à ceux qui m'ont tant tour^ menté pous vous faire revenir. Vous voye{ aussi que je suis le nuàtre de votre rappel, et je vous feray rappeler si vous le voule^ absolument; mais pous apes[ de f esprit et du jugement; ainsi, auparavant que de prendre un party sur cela, combine^ si la petite satisfaction de revenir trois semaines plus tôt doit Remporter jsur t avantage que

POUS rctirerei en restant, par votre {èle que je puis citer, et qui donnera de la force aux grâces que je demanderay suecessipement pour pous*

D'ailleurs, naure^-vous pas une satisfaction personnelle de remplir vos devoirs comyne tout le monde, même mieux que tout le monde, et enfin, de prendre une

LETTRES IMÉDiTES 'fl

consistance et (têtre regardé avec Vestime

que doit vous attirer votre état et votre situation ?

Voilà les réflexions que je ferais faire à

mon Jîls si j'en avais un^ et les conseils que

je luy donnerois; vous aimant de piéme,

ie fais pour vous la même chose que jefe* rois pour luy.

Le grand -père maternel du comte de Billy»

Guillaume Favière» reçu Maître des Comptes le 24 avril f6g2y venait de mourir le 25 juillet 1749. Nous avons dit que sa femme , cette grand'mère qui aimait si tendrement son petit-ûls, était née Cadierîne de Feu de Charmoîs; Quant à cette autre personne qui est un peu mie à l'égard du jeune colonel et dont les sollicitations sont d'un si grand poids auprès du comte de Clermoht qu'elles le décident à faire tout le contraire de ce qu'il avait résolu, il est aisé de deviner que c'est la toutepuissante M"' Le Duc en personne.

Le bonhomme Favière laissait deux fils avec

PR£MlkKE PABTIE

Ifliquelt le comte de Billy, avantagé dans sa succession^ aurait eu, parait-il, maille à partir* Celui dont il est question ici comme d*un assez mauvais sujet, M. Favière du Pkssis, était major dans CUrmitt-Frimci.

Le comte de Clermont disposait, en qualité de

colonel propriétaire , des deux régiments d'Enghien infanterie et de Clermont-Prince cavalerie. LHntérêt que nous portons au comte de Billy nous a engagé à recueillir quelques renseignements sur le régiment qu'il commandait.

Enghien inômterie fut créé par Louis XIV en février 1706 pour la maison de Coodé. Il appartint

d'abord à l'aîné des trois frères^ le duc d'Enghien,

depuis duc de Bourbon. Le comte de Charriais le reçut en 1709, et le céda le 4 mars S71P au comte

de Clermont, qui avait déjà bien près de neuf mois.

Le comte de Saim^^ulaire en fut le premier colooel-lieutenant. A cet officier, tué à Romeraheim

en 1709, succéda le marquis de Lassay (promotion de la dudiesse de Bourbon sans doute), lequel fut remplacé en 1726 par le comte de L*Aigle dont nous aurons tout à 1 heure à enregistrer les exploits. Le majquis d'Autichamp vint ensuite, et itkf en 1747, notre comte de Billy» qui eut pour

LSfTsit mtent 75

successeurs le comte de Polignac et le chevalier de Montagct.

L'unifimne du r^gisient d'Enghicn ifiàt mm réglé : Habit et culotte blancs; veste, collet et parements ranges; boutons blancs; dçubUs poches garnies chacune de dmf houUm, et maa/d m la mmuJii; dutpeau horâi àfm Urge ga!<m d^argiia. Le drapeau cokmel était blanc, et les cinq drapeaux d'ordonnance portaient une croix blanche cantonnée de feuille morte, de bleu, de noir et de rouge.

DU COMTE DE CLERMONT AU COMTE DE BILLY

De Berny, ce i8 Aoust 1749.

e réponds, Ciipidon, à trois de vos lettres à la fois.

Tay donné les mémoires que vous m^envoyei par votre lettre du lo Aoust, Le billet que vous a répondu votre oncle Favière et que vous m'envqyei par votre lettre du 1 1 est impertinent,

La morale et la philosophie que vous établisse^ dans votre lettre seroient superbes, si elles étoient bien placées. La morale et la philosophie sont deux choses très-estimables, mais pour quelles le soient, il faut quelles aient pour base des principes solides. Quand, au contraire.

LBTTIkSft INiDITtS 77

elles sont fondées sur du sable, elles de^ iriennent châteaux branlants et ne sont plus que des écarts de cerveau. Telle est la philosophie de votre lettre. Vous voule^^ dites-vous, abandonner votre bien, pour mettre de t union entre vous et des oncles qui vous maltraitent, qui prennent avec vous un ton d autorité qu un père sage ne voudroit pas prendre avec son fils, et qui ' n*ont d'autre but que d envahir votre bien ! Vous voyei que ce sentiment là, de votre part, est une enfance mal concertée.

Malgré le mal qu'ils veulent vous faire, que vous ne poulie^ pas leur rendre , que vous désiriez les mettre dans leur tort, cela est bien. Mais il ne faut pas pour cela renoncerau bien que vous a fmt votre grandpère et qui vous est légitimement acquis.

Défendre son bien est le droit de t humanité; l'abandonner à des ravisseurs, c'est foiblesse.

Vous prétende^ aussi que ce qui vous

engagerait à ce procédé envers vos oncles, seroit le désir éviter le chagrin à votre grand* mère de voir des discussions entre vous et vos oncles, et peut-être même entre elle et ses enfants. Connaissant l'amitié que cette mère tendre a pour vous, ne deve\vous pas penser que de vous voir abandonner vos avantages luy feroit mille fois plus de peine que ne pourraient luy en causer les discussions qu'il pourra y avoir pour que vous les gardie[?

Votre mépris pour la fortune n'est pas plus conséquent que ces pensées cy-dessus.

Vous dites que vous aure^ toujours asses^ de bien; cela pourrait être si vous étiei né pour vivre dans t obscurité et passer votre vie dans votre campagne à fesser votre lièvre. Mais, au contraire, il y a longtemps que vous servei le Roy, vous ave[ eu le bonheur de vous trouver à beaucoup d* affaires oii vous ave^ montré de la valeur, vous êtes colonel presque au sortir de

la jaquette, et vous depe{ avoir un état. Or, ton n'a peint d'état que ton ne soit che. Malheureusen\ent dans ce siècle-cy Ton passe à un homme bien des défauts, mais on ne luy passe point d*étre pauvre t ainsi, la philosophie de ce siècle est de -dé^ sirer les richesses, pourvu qu elles ne soient point mal acquises. Apec du tien, tan est de tout; avec de la pauvreté, ton n'est de riem. Un Poitou, méprisable par sés sentie ments, est un dieu encensé quand il a des millions; un homme de naissance, riche de vertus et de pritKipes, mais maltraité par la fortune, se trouve enterré dans toubU, et est bien heureux encore quand il n'essuye pas des mépris. De là il faut conclure que la vraie philosophie est de tâcher de joindre la naissance et les sentiments à la fortune, et de penser que nous ne sommes plus dans k temps oit quelques écervetés faisaient attention à la stupidité, à tindéi, cence et à la bassesse de sentiment de quel-

PRBHIBmE PAftTIB

ques £hilûwj?hes cyniques.

Je suis ravy. de pdr, par votre lettre du

i 3 de ce ?nois, que vous rende[ justice à l atnitié que fay pour pous, ainsi qu'à celle de pos amis de ce pays-cy, Soye^ bien persuadé que, malgré tous vos défauts.

Ion vous aime à la rage; peut-être plus

que vous ne voulez, mais non pas plus que

vous ne poudre^ quand votre cerveau se sera^ un. peu réglé et que vous serei parvenu à épurer votre philosophie, et à ne la pas habiller selon les différentes mascarades qui réjouissent successivement vos différentes idées. Dans ce temps-là^ vous ne serei plus se?2tencieux, vous ne vous piquerez plus d'être philosophe, vous croire^ même ne l être pas, et c'est alors que vous le serei véritablement \ mais philosophe aimable^ conséquent ^ sociable, aimé et recherché de tout le monde. Vous ave[ en vous tout ce qu'il faut pour cela : un bon coeur, des principes, des connaissances, des.

LETTRES INÉDITES 8

talents; il ne s'agit que de bien économiser tout cela, de ne donner à chaque chose que son étendue; apec de l esprit et de la réflexion on en vient à bout; vous ape{ le premier, qui mous fera acquérir f autre quand vous le voudre^.

Je finis pour aller manger ma soupe qu'on dît être aux choux et délicieuse; ainsi je me dépêche de vous dire que vous deve{ toujours compter sur une amitié bien sincère de ma part.

Louis de Bourbon.

Diablef fùuMie que je ne fait que parafer mes lettres à Qupidon (i}.

Voilà de la morale pxatique, sinon de la saine

morale, et lord Chesterfield ne morigénait pas plus sagement son cher Philippe Stanhope. Voilà surtout de beaux principes d'économie dont le comte

(t) Voyex au ftrso de Paotogiaphe cte M^* Le Dnc te fac^lmlle de ce poei-iciipCiim qai ett de It propre main du prince et Tunique k^ntiOooqtteMM xgau letcontrè^de ion écrînie ec de loaoïtiMgnpllc. -

de Omnont «nndt Uen dû liii*fliéiiie Utt ton

profit. Mais il prêchait mieux de pBLT<Àc que d^exem* pie. Au moment où il écrit ces lignes si mesurées, il s'était une foii déjà par&it^ent ruiné wec la Camargo, et il était en train de redoubtaritvec la Le Duc. Heureusement pour lui le roi était là, et aus&i la sainte Église catholique.

Ce qu'il dit du comte de BiUy « oobndau sortir de la jaquette )^ mérite d'attirer notre attention : « Le Roy — lisons-nous dans le Mercure de juillet 1 747 — a accordé le r^iment d'Enghien inknterie, que commandoit feu M. le marquis d'Autichamp, à M. le comte de ^illy, capitaine dans le régiment de Cleqnont-Prince, et l'un d^ aides de camp de M. le comte de Qermont. » Or, s^il avait eu, comme l'écrit le Prince à M. d'Argenson , cinq ans seùîementàlamortde sonpèreeni739i Fran^oîs-Louis de Billy n'aurait eu que treise ans en 1747» quand on le fit colonel, et quinze ans, par conséquent, à Tépoque oCi nous sommes arrivés et où on veut le marier. Il nous parait de toute évidence que ces lettres ne sont pas adressées à un enfent de quinzeans, mais à un jeune homme de dix-sept ou dix-huit ans pour le moins. Q.ueUe que fût sa précocité, en amour comme en guerre, on ne saurait expliquer autrement ses brillants états de service sous Tun et l'autre drapeau. C'était du reste un brave ccsui

et un aimable garçon qui nous est fort sympatbiquei quoique iibertia et musicien. Qu'en ditesvous, ami lecteur? et vous surtôut» lectrice amie?

A cette lettre est jointe la suivante, adressée  Bachaumont.

Page 1