‹ Le comte de ClermontChapitre 27 sur 33 · A HONCRIF SUR SA DISGRACE · texte numérisé non relu

A HONCRIF SUR SA DISGRACE

ùffnhn àa^to9f$ Httênm, MéUn ^pumnt en Tart de plaire, Ta R'is fos mêm à Vtlfhakl;

Clcrmoni te l'a bun ja'a connaître^ • Le premier poinl pour un valu

Cat dt savoir plaire à son malire, \

* Il avertit M^i^- la duchesse douairière de la liài&on de monseigneur le comte de Ciermoat avec la Camargo. {NoU du mniuait.)

(RicatU dt Maurefos.)

Cette nouvelle caus^ supposée de la disgrâce de Moncnf n'est guère plas probable que ^histoire du quatrain* La duchesse douairière, toute à son

cher Lassay, n'avait pas le droit de se montrer * sévère sur l'article des galanteries.

Juin et juillet 1733. — Le Journal de fiarbier rapporte à cette date une assez vilaine aventure où

le comte de Clermont ne figure pas personnellement , mais dont les héros, attachés à sa maison^ obtinrent de sa part une intervention d'autant plus regrettable qu'elle aboutit à leur entière impunité.-

. — Ces jours passés, le chevalier de Brèves, gentilhomme de M. !e comte de Ciermont, et le marquis de l'Aigle, colonel du régiment d'Enghien, tous deux étourdis et débauchés, dînaient

chez le îiiarquis de Samt-Supplis ; M"^^ de Samt-Supphs se

piaigoit de M<»c Hatte, sa voisine (femme du iermier-géaé-

SECONDE PARTIE

ral), qu'elle n'était pw ^enue lui rendre visite et qu'elle ne la Sfluatt pas. Nos jeunes gei», étant saouls, dirent : a II faut aller faire tapage chez cette carogne-là ( i ) I... » Ik «ortirent de ches M. de Saint Supplis, letfuel, par la fenèCrt* leur montra la porte. La icèM m au faubonf SaiM^crna. M«* Hatte bV était pas. Ils ne laissèrent pas que de monter à son appartement; ils trouvèreRt la femme de chambre seule, qi'Ut loro^ rent... m mumque partm. La fille se mit à crier fie tontes ses forces; cela assembla du monde. Les jeunes gens sortirent l'épée à la main. La ifle aHa icwife sa plainte chez le commia- 9m Otmk^ qm teniata, par la visile d'un cUrni^eii. Téliit noient. <A elle était. On éît poblîqaemenl que l'afeire eat a^mmodée ave^ la fille, à qui ils donnent trois mille livres ifargenl comptant..

^ L'aiûre du marquis de l'Ai^fle ftut ici grand bruit, quoique la partie civile se soît dénstée de sa plainte. M. le cardinal de Pleory a envoyé une lettre de cachet ii l'hôtel de Condé, au prince dont dépend le régiment d'Enghien, d'avoir la démis • sion du marquis de l'Aigle, de nommer un autre colonel dans quinze jours, sinon que le roi y pourvoira. On dit effectivement qu ils ont fait des choses af reuses à cette iemne de chambre

Aujûurd hui, le prucei»-verbai et l'information ne se trouvent

(i) c( CdU carognerlàn estuo neu vif. mais M>"« Hatte n'avait pas prédténieat des droits mpohes A la oooddératkMi pubfiqne.

« Hatte, — lisons -noot dans les Mémoires pour servir à l*histoire du pv.hUcanîsme moderne^ — passe pour être assez entendu dans le métier de fermier. Il est séparé de sa femme, qui était maîtresse déclarée dtt oiar^ de BrancM, avec leqnd elle vivait et denenrait; cela a continue jusqu'à ce que l'esprit de ce seigneur, qui en avait beaucoup^ lui a tourné tout d'un coup, de sorte qu'il est aujourd'hui à Sainr- Lazare. Mais le sieur Hatte, pour se consoler de l'infidélité de sa femme et se dédomnager. a pris pliisieaii «a inmu qui w aont pas pNs fidèki i ko» «ai» qne la dame, »

PREMIÈRE PÉRIODE

' plus... On a tancé crueUencnt le pnocnretir du roi, qui se Indît mal, disant ^'il ne savait pas comment ces pièces poit^ vaient être égarées... Arrêt de laTournelie qur, a attendu Ii négiigeDee des officiers du Châtelet d, s*est retenu le oomiai»» sance de cette affaire, ordonne qu'à la diligence éa procireap fÉoèiil il sera informé !<> de cniie; 2* de la seoflriclieii dtt procès-verbal et information...

Os dît aussi que M. le comte de Clermont a été voir M. le ffocafenr général pour le prier d'assoupir cela; que, œ magis* M ayaet réponde qoe le annistère die sa eiiarge m Id psp» BMttait ^de demeverdaBslesileiiee, M* le costte de Giermont le prit sur le hant ton, d lut dit qu'il devait entendre 4|ac Itt prièiès d'nn bonne conne Ini étaient, des ordres. M» le procnienrgMrsIy^ n'est pas bonne à se déférai lui a répondu qu'il était plein de respect pour MM. les princes du sangi awia^ttll ne recevait des ordres que dn roL

Celle affaire est des plus tristes pour le procaretf du roi| qui n'est pas en place pour tenir t^ de néme i nn prince du sang. Pem-être a4«il voulu le servir en snpprinant les pièces dn procès; peat^tre aussi, M. le conte de Qemont lut ayant deaôandéè les voir» les awa-t-ril mises dans sa poche, fit comnent laire» avec ce prince dn sang ?

Le procureur du roi au Qiâtelet était alors M. Moreau, et le procureur général au Parlemeat, M* Joly de Fleury. Le marquia de l'Aigle ne fut point cassé, il fit déiiut pour laisser agir ses «mis.

L'année suivante, « croyant son affaire en bon étaty » il se constitua prisomuer pour purger sa contumace ac pouvoir rqoindresoa r^iioeat qpi entrait en cufr»

SECONDE PA&TIp

jNigne. Mais la Tourneile se montra sévère et .ordonna un plus amfU mformé qui devait le retenir sous les verrous pcndani un an. Une lettre patente du roi atténua cet excès de rigueur en ordonnant sa mise en liberté immédiate pont les besoins dn service de Sa Majesté. *

Louis Gabriel des Acres, comte (et non marquis) de TAigle, ne quitta le riment d'Ëoghien qu'en 1744, poar passer maréchal de ounp* Il fut Mt lieutenant-général en 1748.

luiLLtT 1715. -*lf. le comte de Clenneat ae nioe pss« iiae coadttits 1^ régulière ; il est Mh et jont dé plus de deux cent mille livres de rente en béséfiees ; il est sans épée, mais ses cheYenx en bourse; et en habit brodé et galoimé; doit deux millions dans Paris et change tous les jours de maîtresse. 11 avait une fille nommée M"«Quoniam, jeune et jolie, qu'il avait reprise pour la troisième fois. Ces jours passés il prit M'^® Camargo, fameuse danseuse à l'Opéra; et, dans un souper, il donna U Quoniam au jeune prince de Conty, son neveu . nouvellement marié avec une princesse d Orléans ( i ). On s'est bien douté que cette intrigue ne conviendrait pas à

( 1 ) Le prince de Gontf mit I pehie seize ans alon, fattenent Pige

du comte de Clermont quand la dame Quoniam lui vendit, pour la première fois, si fille âgée de treize ans. « Le comte la garda un mois et, en la c|uitunt, voulut lui faire tenir cent louis par le marquis de l'Aigle (déjà nommé), qui garda pour loi la anoim de la somme.» (Vovez les excellentes notes jointes à l'éditîoiida joniMldeBailiieri pabUée dan la MliothiqMe ChurpuiUer,)

P&BMIÀBB PÉKIODS 129

Mm* la duchesse d'Orléans, douairière) ni au. dac d'Orléan/, qui sont dans Ja grande dévotion^ d'autant que cela empêche* rait ce jeune prince d'avoir lignée. Par lettre de cachot on a enfermé la jeune Quonîam dans un couvent, laquelle aurait bien mieux fait de faire son métier sur le pavé 4e Paris que de s'adresser ainsi à des princes du sang.

— Cette nouvelle était générale dans le beau monde c)e Paris; cependant elle n'était pas vraie. Dimanche ) de ce mois, MUe Quoniam alla à l'Opéra dans une loge. Aussitôt qu'elle fut aperçue des jeunes gens du parterre, ils claquèrent des mains pour marquer la )oie publique sur la fausseté de la nouvelle. Le soir elle alla aux Tuileries, où toutes les princesses de la maison de Condé étaient, ce qui faisait faire une haie des deux cOtés quand elle passait, et on lui faisait compliment générai par gestes. C'est la fille d'une belle rôtisseuse i la porte de Paris (i)y qui était plus belle que n'est sa fille quoique trèsjoliei qw, sous la*régence de M. le duc d'Oriéans, eut le créiUt de faire conduire son mari aux tles pour pouvoir profiter id plus librement de ses talents.

{Journal i€ Barbier )

Cette honnête fmme de mère éalt fille d'un

pâtissier du nom de Cottereau. Le crédit de Coche, valet de chambre, du duc d'Orléans, r^ent, suffît pour lui obtenir une lettre de cachet qui déportait

son mari au Mississipi. Elle-même le conduisit à Texempt chargé de l'exécution de l'ordre. Un di-

(t) L'appcrt-Paris. derrière le Gxand'Giiâtdet. Les riqppoits de police placent la i6iiaserle de Qqoniam rue Saint-Antoine.

CSGOll&E PAitTlB

manche y elle le décide à faire, en bon bourgeois, une promenade ans enTÎroûs de Paris. On prend un fiacre, et à peine hors barrières, les archers se présentent, font descendre le pauvre rôtisseur ébahi, lui mettent les meooctia et Temnitoent. Ses cottfirères ne trouvèrent que des chansons pouf répondre à cette câpiéglerie adminiâtrative :

Or sus pleurons tous le malhèur De cetdïmdbU rousseur

Lon lan la deriretu Parti pour le Mississipi

Lon lan la derirL

Les, rapports de police nous offrent sur les deux Quoniem mère et filk cette note ooa moins nré-* cise qu'édifiante :

— La demoiselle QaoBism est de Paris, ilgée d'eaviroo qna** rante ans(i)» giessefeaime de bonne mine, brnoe ; demeure me 4e Sarmci, tabonig Sains-Hanaié, depaîft^pMtieaBi; demevnit anpararant me de la Madeleine*

Sa mère était maltresse'rètissense rue Saint-Antoine et a pro* dnît sa ille an Régent {mm : k fik étmt frvf ftmu ifliat in jvnAHfd ^tu plat imQi qui aûit patfîr te pire ponr lcitles.iljpiès la mort du Régoit il est rmoadcmeaier dies sa fille. Il aan moins sobmnte^ ans. Sa femme prit te parti

(t] Cette note est datée d'octobre 17)2, dix-neuf aas après le tcandale t^Hriéj^Barite; la %amam nfnmitdsnc s«^FlM de vingt aaii cràeqg«VMi

Pi^MlBRE PKiUOlUS

de se retirer dans un couvent, et on a dit <)u'eUe éUit morte.

La fille a été à M. le maréchal de Saxe.

Le prince de Pons n'y va plus depuis trois ans.

Anciennement à M. Du Guay-Trouin, qui lui aiftit lO^ooo livres de rente. Elle est parfaitement ea bijoux.

On a voulu dire que depuis catte époque dit donnait dans une dévotion sincère ; il n'en est rien, elle a «ncorè chez elle un II* de Landiviseau qui 7 ot snr le pied de pensionnaire. C'est on liooime de trente-<inq à treite-six ans ; il y couche et il y mange. II était maréchal de cimp de M. ie maréchal de Saxe. ^ n l'a épeuiée* {N<^ éinu «mw iimm*)

Jomât ii Pohu (nédit).

Juillet lySS (i). — Extrait de la lutre pastorale di M. Pancrace PelUgfuif patriarche de l'Opéra, etc., à

l^mktfiMts des dm um dt son diocèu^

Q^d m vd Bomllon k Mme -

Dênnie au seigneur de Soardis

Km troc parVakbideduuSifJ^wmté^ OérnOnt).,

Sém rimoms et par feadrtsse,

Fmtrtkka9gtd$€amai§s,

Notre prilat os sonaa utot^

Cependaiu la teadrequadrUle

Va son traiOf le troc se nuiatient*

La inèce est de 174T environ, mnis Ir froc qu'elle iap|ltite fCmonte à 173}, date de VaUrit tu ciurg/t de Camargo.

SECONDE PARTIS

Sa constance surprend la nlU^ Edifie f et c*est un grand bien» * Tel exemple n'est pas facile A trouver en ce temps maudit.

SDurdis de la Bouillon jouit, Pour Vabbè seul Cémai^daiuef Seule participe à ss manu* , Voit on les abbés d'aujouriPhm - Foin S0ikkkU risidenett

Au demeurant, il pourrait Htn

Etre que le bref de dispena

EmaiU dilâ papauté,

Ponant comfûùhUki

De la cuirasse avec la manse.

Contiendrait aussi IHudulgeau - ^ ...

Di CaMgfd*mbtaati.

(Recueil de Paulmy.)

Li diKhease de Bouillon au marquis de Sourdis,

la Quoniam au prince de Conty : on voit que le comte de Clermont liquidait entièrement sa position avant de prendre la Camaigo, qui était en effet un morceau dé luxe, même pour un prince. (Quelques années après, nous le trouvons, entièrement miné par cette inÊEUite, réduit à vendre au coi ton duché de Châteauroux» Ifut valait 80,000 livres de rente. Le duc de Luynes donne, dans ses mémoires, tous les détatia du marché,

PRSMli&B PÉRIODE

ooiicla au mois de décemlm 1736. Sa Majesté gratifia plus tard de œ duché M"* de k Toiumelle sa

maîtresse, qui en porta le titre et en palpa les revenus; si bien qu'en fin de compte, ce beau fief ne fut point distrait de Fapanage de Cupidon.

Au reste, on ne saurait glisser sur cette pente dangereuse avec plus d'insouciance et d'abandon que ne le faisait le Prince, bien persuadé^ quoi qu'il pût advemr, qu'un cousin du rot finirait toujours par retomber sur ses pieds*

CUrmont de rien ne se soucie^ Pourvu qu*il carressc sa mUf Et bon, bon, boni Je t*en réponds.

SHî VtmàUnt des biens d^Êg/Uu^ Sanchez en uk l'autorise.

Et zoHy zony zonl Ah! voyez donc!

Un peu de tridutU

Dors la vie Eh tÊMf&Êfs de mm.

(RlCUBlL DS MAURIPAS.)

Camargo et Sallé divisaient en ce temps-là les aéepks Terpddiore : Sallé, la kuse de la danse

noble et contenue; Camargo, la prétresse, timide

encore^ de cette sauterie fantaisiste et déhanchée

que les dtssiques appelaient avec dédain le ^igoN t9$i de Camargo. Cette hérésie fitde rapides pnagiit; ks opposants la qualifièrent ensuite la garpwÊUde

de j^/"" Allard. De nos jours, où elle semble à son apogée, on l'a baptisée, avec une énergie qui eût Mt frémir Ménage et souriie Rabelais^ la fkge aphrodisiaéfue.

Camargo était assez mal faite et médiocrement jolie; aussi ciierdMiit-eUe à montrer eus aflaeerars tout autre chose que sa taille et son visage. Elle y réussissait, paraît-il, car les sottisiers du temps témoignent qu'on lui voyait plus que les jambes. La première, elle fit sentir l'urgence dn caleçon et inaugura sur le théâtre ce pudibond accessoire. Mais elle le supprimait volontiers à la ville^ témoin lafuneuse exhibition du magasin de Saint-Nicaise» qui désarçonna Gruer, à peine installé mAnpfenear ' de rOpéra, et défraya pendant huit jours la chronique scandaleuse de Paris.

HISTOIRE GALANTE ET DIVERTISSANTE AaaiVfB AU MAGASIN OB L*0PÉRA LB 4 JUIN I7JI

EN PLEIN MIDI, UëS F£fiJ&TR£S OUVERTES.

A Paris est la boutique Qu on appelle l'Opéra

PftEiU£K£ pi»10l»E l3S

Plus d'une chose on trafique Dans cetu\bùutique ià*

On comprend que nous ne pouvons en aucune façon reproduire cette relation de haut goût » trèsspiritudleaieiit et très-sempoleusenwtit détaillée en qumMtt couplets. Les curieux la tiouveront à sa date dans les recueils manuscrits.

La Camargo

Cette admirable gigotUiisc Grandi croqueuse d'entrechats,

y , tient son coin à côté de la Pélissier, de la Pctitpas, de Dui«l du Tilkt dite la Comtitiaiùnf et ▼is-à-yîsde Grruer, du vieux Campra et autres têtes

chenues qui lui auraient ce jour-là décerné la pOQune.

La pudeur publique s'émut en la personne de

M. Hérault, lieutenant de police. Gruer fut impi-toyablement sacrifié; mais les rieurs se rangèrent du côté des délinquentes et prcmoncéreut eu ces tenues leur acquittement motivé :

Au magasin de Saint-Ntcaise, Trois belles montrent à leur aise C... noir, c... blanc et c... vilain.

Hiraultf dit-on^ s'en scandalise:

l36 8BCONDE FAATIE

Elles sontiutt Uur magasin, Cat pour montw kar marduaUËu*

La Camargo gouverna pendant huit ans le cœur (à Ja mode de BonfHers) de monseigneur le comte de Clermont; elle mérite à ce titre une phce d'honneur dans notre galerie. Toutes les histoires du théâtre, tous les poètes contemporains, vous diront ses succès ses triomphes. Nous qui cherchons la -femme plutôt que l'artiste y nous aimons mieux demander aux chroniques secrètes de la Police des révélations encore ignorées.

SAPPORT DB LlMSPEGTBim MEUSNIBR

lÀ deawiselle Cvph de CaoutrgOi cndevant dsniente i l'Opéra» demeure me et porleSamt-Heac»^, près le boalevart*

Si on rat l'en croire, elle descend d'Une fnnille iUnUre en CastiRe; en tovt cas, la farsadie dont die est Issne a bien àègénéré en France, car le sienr Carmago son père n'a fanais été reconunaodable que dans les goinguettes m enfirons de Paris, où il allait racler du violon pendant la beUe saison ; et^ même depuis la fortune de sa fille, on l'a encore vu eieroer ses talents au bal de l'Opéra et dans diflérentes assemblées moins brillantes.

La demoiselle Camargo débuta pour la première fois â l'Opéra en 1726 mai], et par la ^upénonlé de ses talents elle

PREMIÈRE PÉRIODE

effaça toutes celles qui Tavaient précédée. En quoi l'on admirait les dispositions extraordinaires qu'elle avait pour ce genre, puisqu'elle dérobait h la vue les défauts de sa taille, et rendait supportable une figure aussi laide et aussi ingrate que la sienne.

Malgré tous ces défauts, elle a néanmoins fait de grandes passions. Le prince de Meiun, dernier de ce nom, est le premier amant en règle qu'on lui ait connu. Il s'en amouracha peu de temps après qu'elle fut entrée à l'Opéra; U lut &t im enfant et de grands biens.

{Masnur m dk pês^m h duc de Mtbui VcnUva di me fom, dUtitaitaM M»r, m nm 1728. Ct nfi émm Uuéikpmt dBpkiàuài rt^tiiu âdmsUMwMnâldiFhBrffm^. It ne dmottdûU rioè maîni fa'm ripartdon fâr U amîé^ EshU huin d^ûjmiUr qiu sa pkmU dmtm mju ?)

Uùt la demoiselle Canargo, qui passait pour la fHIé la plus iabrique de Paris» ne se cootenta pas de ce simple ordiiâire. Elle lui domm pour ad)oiiits les trois phu beass cavaliers de ee temps : le duc de Ridielieu, le marquis de Fimarcon et le* sieur Vitry, anden garde di roi» homme à bornes fortmes, surnommé U ha berger ^ lequel est mort fort jeune en 1746

de la. » étant capitaine des diasses dé la mafédmle d'Es-

trées, qui lui anit donné nne retraite à Nantevil.

La demoiselle Camargo, qui savait faire les honneurs de sa maison, laissait ainsi manger à ces messieurs la plus grande partie de ce qu'elle recevait de son amant, qui se lassa plutôt de cette multiplicité de concurrents que de l'accabler de biens, puisqu'en la quittant il lui fît encore 1,^00 livres de rente.

Le duc de Richelieu, se regardant comme l'auteur de cette disgrâce, voulut bien se charger d'y suppléer pendant quelque temps...

Après sa retraite, la demoîsdie Camargo et le marquis de Sourdis se prirent de bdle passion l'un pour i autre» et le

l38 SECONDE PASTIE

marquis acheva de dissiper avec elle le peu de bien qui lui restait; mais ce ne fut à proprement parler qu'im prêt qu'il lui fit, car par la suite elle paya bien les intérêts et le capital.

En 173), le comte de Clermont s'en empara, et, jaloux de ce que le public participait avec lui au plaisir de la voir dan scf, il lui^t quitter l'Opéra et se séquestra avec elle. Cette ncmvdle pa»ioii tyrannisa même tout le quartier où elle demeurait (me Nettn-des-Petits^hani|M)« eir les voisins n'osaient plus se mettre à leurs fenêtres» ni regarlef pour aiwî ém la Ktisoa ëc la denoiselle Cai'BSgs Hvummuuâ, pour eux que cela ne dura pv fcniglnips : k coaiti prit le paiti 4*' s'en aller confiner à BeOÊf mest iMttresse.

Il la garda hu'rt aM| m IM desquels il la quitta, après en avoir en deui enfants, pour prendre la demoiselle Le Duc, qu'il eiliva ai présidant de Rienx. Celoi-cty piqué du procédé du eoiMe, dont il ne pouvait se venger directOMlp iflUfifla de prendre par dépk la demoiseUe Cattargo, sa veuve, qui se consola d*aMal flv fKHeMnl qvt k président lui fit des biens immeiaaseti ponrlNse lepeotîr la Le Duc« envoya d'entrée de jen â il nonwelk nsHiease wtte lonii dans nae écneUe d'or eottvnrte de aiCMe nélil»

Cette intri^ cependant ne fnt pas da lonpid darée; ils s'eaanjFèrant bientAt Tnn de l'anlfe; néauMnoSp avant de la qatitar, le président hiiit encore prient de 40,000 écnselleoâft. Bnsnite U s'attacha à la demoiselle Dasinconrt» laquelle nonmt en 1 748 de la..*-, que le président lui donna.

Après cette aventnrei l'ancienne indtnation qoe la demoisdle Camargo avait ene pour le marquis de Sovrdis se réveilla et CCS asumts se réunirent Mais heoreosenent pour elle qu'elle avait déjà placé son argent, car sans cette sage précaation pentr-étre 'serait-elle maintenant à l'hôpital.

En 1 742| qui est ie temps qu'elle rentra à l'Opéra, elle en-

gvgea ses boades d'oreilles et son colGer pour faire Péqwpag^ ds' marquis; efTault d'ensuite, après l'avoir hébergé tont l'hiver! elle se défit de beaucoup de bijou pour le mettre en état de faire la camî>agne. Néanmoins ces dépenses réitérées commencèrent à l'en dégoftter, et cartes bien Im en prit, car...,*

La demoiselle Gamargo ne 6il pas plus Iftt débarmaée de Sonrdis qu'elle tomba entre les mains dn chevalier de Rnpière on Ripière, commandeur de l'ordre de Malte. Si cdtti-« ne ^enrichit pas plus que n'avait bk le marquis, an molat m nsi^ t-il plus cbrétienucmeot, ce qui it qne cette beUo passion se soutint pendant deux ans, an bout desquds die prit à ses gages le dievalier de la Guerche» frère d'André, famenx actiomaire dn temps dn système^*

Un 1751, c'était le 5 mars, la dam o i salle Cammfoaiiant essuyé une scène désagréable de la part dn pobliCi ce fiit la dernière fois qu'elle parut snr le théâtre de l'Opéra. Le lendemain elle demanda l'agrément de aentinr. BUtFoMitaiViela pension, de laquelle à la vérité eU'e n'a paa besoin, puisqu'elle jouit de douze mille Kvrea de rettea bien siè c tlTH et qn'eUe en aurait dix-huit mille, si la denrais^LeDuen'enipècAaH pas le comte de Clermont de lui payer une pension de six mille Kvna qu'il lui a faite en la quittant.

Agée de plus de quarante-quatre ans (fin de 175?), elle ne conserve présentement d'autre intrigue que celle du chevalier de La Guerche, qui demeure chez elle et qu'elle défraie de tout.

{Journal de Police, — IiUiiU)

La Cnmargp mounit ea 1770.

140 IBCOIIDB WJMm

ANNte 1733 BT 1734. ^ Autorisé à porter les

armes , malgré ses six abbayes , par un bref de Clément ^Lll^ le comte de Clermont entra en campagne'pour la première fois à la fin de 1733. Il prit part fl]ux actions' de cette guerre de cinq ans, entreprise pour soutenir les droits de Stanislas au trône de Pologne, et qui eut pour résultat de réunir définitivement la Lorraine A la France.

Il y conquit aisément le grade de lieutenant-gé néral) mais nous ne voyons pas qu'il y ait trouvé d'occasion sérieuse de se distinguer.

Octobre 17^. — Nos'prinees du smg lenmty cette cmpsgne, es Allemagne^ où il n'y s pourtant pas apparence qat " l'on fasse grande eipédHîon cette année. M» le Dnc reste tmqviUe et laisie aller la jenneise, et M* Je dnc d'Orléans se contente d^ailer i Sainte-Geneviève. M. le comte de Chavolaîs put ponr l'Allemagne, et M. le comte de Clermont, qaî devrait s'occoper A visiter ses bénéfices^ a demandé an roi la peramoa de servir» et, en conséquence, il a envoyé an coamer en cour de Rome ponr obtenir du pape une dispense. -

— Le public a perdu de ce que M. le comte de Clemiont, abbé et bénéficier, a pris le parti des armes. Il a pris depuis peu pour maîtresse la Camargo, fameuse danseuse de l'Opéra. Eiie n'a pas dansé depuis le départ du Prince, pour ne pas interrompre sa tristesse. On dit même qu'elle a demandé per- RUssiOQ de ne plus danser jusqu'à son retour, en sorte que le

PRF-MI1';RK PtRIODE

crime s'annonce ouvertement* Et, en faveur de ces beaux sentîments qu'elle affecte par air, le public se trouve privé d'une actrice qui est gagée pour lui. Cela parait indécent et ridicule*

{Journal de Barbier,)

Juin 1734. Les équipages de M. le comte de Clermbnt

sont partis pour l'Allemagne et avec grande magnificence ; ainsi le bruit était faux que les princes du sang ne serviraient pas cette année. Les équipages de tous les seigneurs sont très-beaux; on ne rencontre que cela depuis un mois*

{Jauniâl ii Barkier*)

FEVRIER 17^7. — îl y a toujours des gens oisifs qui se divertissent aux dépens des grands ; on a fait des applications de titres de comédie sur plusieurs personnes, et il y en a d'assez bien trouvées:

Le Prince travesti (comédie de Marivaux}. — M. le comte de C 1er mont.

Il est abbé et jouit de plus de trois cent mille livres de bénéfices; il est cependant en habits brodés et galonnés, avec une bourse à ses cheveux, et de plus est lieutenant général des armées du roi; à la vérité, avec dispense et permissioadu pope.

{Journal de Barbier.)

Joignons à cette a/plkatm l'annonce suivante^

I4t McoM»t mon

ntraite d'ini ciUtogtie ntinqne'dVMimg» non*

veaux:

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