PAR MADEMOISELLE LE DUC
On doantra la premike repriscntation U mercredi saiiUt a i mn^
Aa nndrtdi sâuU U cioUtn
(depuis interrompu par L'iNDlSPÛSiTlOM U'UNE ACTHiCEj
Elle avait plusieurs bonnes raisons pour n'y point retourner le vendredi : un froid et an vent épouvantables qu'il fit ce jourlà, la scène de la veille, et par-cUssus cela nn petit avis charitable qu'elle avait reçu de n'y pas retourner, sinon qu'on la ferait culbuter avec sa calèche.
Toutes ces actrices mirent pied à terre dans l'allée de l'Étoile. La petite Coupet, qui était du nombre» dit assez plaisant ment en parlant d'elle et de ses compagnes^ qu'elles étaient les fiUesd'kùHntttr dt Le Duc.
(Milanga de Bois-'Jûurdaia,)
— Pendant la semaine sainte il a fait extêmement beau, ce qui a tavurisé le concoars ordinaire de tout Paris aux ténèbres de Longchamps, ou pour mieux dire à la promenade dans le bois de Boulogne. Le Duc y a paru le mercredi et le jeudi saint; elle y a été de Paris, avec deux compagnes, dans un carrosse à six chevaux ; et il y avait dans ie bois de Boulogne
i6t sBooMim FAvm
pour U jmMiMMttr» imë petite éalklie tonte nèQY^ qâe te Pri«eé^ • uvait fut faire, bleue et argent et es dedans.de velours bien > brodé tti argent ^ atteMe de ûx petits dievaux pas plus ' forts. <^ue ^ iaest Gelu était- de la dernière laagaificesoe; MU« Le Diic ptleîne de diamants; elle a été ûûà Ytie de tout ' paris. Cela «l nç{i*-settlemenC blessé l'auMur-propre de toutes « • les femoies, ntMs cela a fort scandalisé tout le public, et oèb a . donné lieu â des chansons trèsrvives çontre M* l'abbé, be foi
fait la plus jolie de toutes :
Un dur à ta taûn^ Me» ceoftSy Cê n'eù pas son dlars; liWsJUk Paladm (i),
Mon amsin, Et un kabk de bure* Ah voi/é taUart, Pallun, Mon cousin, Ah voilà son allure !
(Journal de Barbier.)
Le couplet est piquant, et nous ne demandons pas mieux que d'en laisser Thonneur à Sa
Majesté Louis XV. Remarquons toutefois qu'il rend plus invraisemblable encore l'histoire du ca* priée du roi pour cette fille. * .
(I) u dticcite de l'Upital oà 1*00 enftm te^
• ' Il ■ . I l ■» . n r III II
CHANSON
90K hk DKMOISBLLB.LE 0DG
QUI rAHUT VV JCVDI 8AUCT A LOMGCKAMPS MMS UM CAMOWB 9VfWM
quK bui mné ui comti os cuwmrr
Qtt'mMiciHlMliMi
Pw lê entsi MU
St fait plus defmât
f|y» |tmil«i (i).
qui n'a goèVB de piquant quekiMry inrlaqiietmi
la chantait.
(i) A dater de i7|7, toutes les iotrignes aalaateide b Cour et de Paris forent chansonnées sur le refrain de la BequiUe du père Barnabas. « Il y avait plus de cinqu^te ans, dit Bois-Jourdain, que l'on chantait, parmi le peuple, Mt dhMMMto i tteaéoad^ amnda^ui avait été chez les filles et 7 avait laissé sa béauille, lorsqu'eUe se répandit parmi les gens du monde et devint à la mode. Ce fut vers le mois d'octobre 1737 qu'un nommé Cliarpentiery musioea de l'Opéra, «I it eaoMÉitniir, quH avait appilidte diaMne 4Mt laintt... Totttitait â la BiquiÛe; les étrcnncs de 17)8 furent toutes chargé de béquines : les couvertures d'almanacbs, les tabatières, et jusqu'aux iDorceauz de pain d'épice, poftaicnt os capscin tenant une béqiùUe. »
104 " ' " seconde paxtie
CHANSON
Sar Tulr : Faites décrotter vot souliers^ Monsieur l'abbé,
. TmA U public vous rit au nez, Monsuur l'Abbé; Tout U public vous rit au nu.. ' .
, C'est une faru^ • De voir une g.,..
Dâns le btauchar ohvous la promaia» ' Tost U public vous rit au nti^ MmUiur UkU.
(Recueil de Paulmy.)
Celle-ci du moiiis rie manque pokrt Nous ia gazons et nous la gâtons, par force maym^xm^ ks im muidm$ rétablhoat aisément le mot propié.
Riez avec Clermontj nez-vous de Rieax ;
Tout U monde dira : c'est bien fait et tant mieux !
Mais venir avec impudence Etaler dans un char votre ho nU à vos jeux Cest manquer au public^ blesser la bitnsima^ Et vous nre à la fois dis hommes et des dieux, . .
(RECUEIL DB PAULNY»)
Si le comte de Clermont se miiiftit en équipages,
il cherchait d'autre part à faire des économies ; témoin l'anecdote suivante :
Mars 1745. — J'appris, il y a quelques jours, une préteation des princes du sang qui n'avait pas réussi ; c'est au sujet des ports de lettres qn'ib prétendaient ne deyotr point payer. M. le comte de Clermont étant venu ici (à Versailles), le roi lui dit qu'il avait entendu dire qu'il ne voulait point payer de ports de lettres, nais qu'il avait txHt parce qu'il devait payer comme les autres.
{Mimoim du duc de Lwfnts.)
— La permission accordée aux actrices par l'article XXII d'a- ^ voir un ou plusieurs amants, suivant leurs besoins, rappelle une importante question agitée il y a quelque temps dans la grande loge des danseuses , à l'occasion de Le Duc , dont l'éclat importun offusquait !e<; yeux de quelques filles du même ordre. On examinait les avantages et les inconvénients d'une fortune rapide; quand on eut bien disserté sur cette matière, la demoiselle Cartou, qui est d'excellent conseil et très- utile à l'Opéra pour diriger la conduite de ses compagnes, prit la parole, et, s'adressant aux envieuses deMii« Le Duc: « Hé, mes pau- « vres filles, s'écria-t-elle, vous n'entendez rien à votre bon- «heur: au métier que nous faisons toutes tant que nous sommes, R il est mille fois plus agréable de faire sa fortune sou à sou a que d'un seul coup. 9
{Le Codé l)riquéf ou RigUmcnt pour l*Opira (i^j^^).
— MV* Lie Doc, à qui le comte de Qemont faisait la oofur et qu'on croit qs'il a époufée lecrètenent daas les dernières années de sa vie , était encore au lit à onze heures du matin» qnand sa femme de chambre l'évdile en sursaut en Inî annonçât qne le Prince arrive, c Donnez-moi vite, dit-^Ue» mon ean de fleur d'orange qui est sur la cheminée, et n'ouvrez les fenêtres qne quand Son Altesse entrera. » Elle se dépêche de se laver le visage, la gorge et les bras : les fenêtres s'ouvrent, le Prin^ se présente et recule d'eflroî en la regardant* Par une méprise involontaire, la femme de chambre avait donné une bouteille d'encre au lieu de celle de fleur d'orange^ et l'on jugç dans quel état mademoiselle Le Duc s'oflfrait aux yeux de son
{Paris i VmuUlts U les Pfovtnm.)
1742, 16 OCTOBRE -* L'on assure que les princes qui partent pour la Flandre ontpris congé avant-hier du roi; que Sa Majesté a cédé aux importunités du comte de Glermont, et qne ce prince servira aussi en Flandre.
19 OCTOBRE. ~ L'on dit que M>ie Le Duc se prépare i suivre le comte de Clermont à l'armée, habillée en hommes et que cette princesse a beaucoup mieux joué son rôle lorsqu'à fut question du départ d&son amant, qu'elle ne le joue à l'Opéra. Les beaux sentiments ont eu lieu; la scène était touchante ; les pleurs ont imbibé Je parquet; on s'est juré de ne se quitter jamais. Cependant on prétend que le voyage n'aura pas lieu; qu'il y a eu des avis donnés â la Cour i ce sujet, ejt des représentations faites pour ne point donner ce cadeau à l'arméie. M. le président de Rieux se ûm» de bien des choses ; il a eu l'in-
prudence d'en parler, et Ton dit qui! est recomnlBdé de la bonne manière, et que, si la demoiselle reste â Parts, il y aura des gens alertes pour donner les etrivières à ceux qui vpudratent manquer de respect.
{Journal de police,)
CHANSON
A MABCHOianXl LU DUO
Que Vautevr «vnt vue «i habit de oomette de cavalerie, et qui avait depuis peu, dÎBtit-oii, raeelé aix bomoMs au roi
Tantôt on vous prend pour l' Amour,
Et tantôt pour sa mire :
Pour vous je change en même jour
De goât, de caractère; Sous mille formes tour à tour
Vous avez l'art de plaire,
Votn iph^ 4^imabU guerrUr,
Me cam pat d* alarmes; Vous aveZf gentil tavalier,
De plus puissantes armes; Et cê sont, mon brave offder.
Vos jeux rempUs de charmes.
Mon beau Cornette ^ enrô lez-moi; Je suis prit d'y souscrire ;
lift tmOOKM FAlffiB
Car vous avez Pair, sur ma joiy Quoi qu'on (n puisu dire,
De faire da homnus au Roi, Piutôl que d'en détruire.
(Poésies de l'abbé de Lattaignant.)
FEVRIER 1743. — Quoique le pubKc doive être lulntaé â voir pkartottt IfUe Le Duc et le prince qui l'honore de soo aidear, on a été fort surpris, hier, à la sortie de la Comédie^Italienne, que ce prince fasse éclairer avec quatre bougies cette fille, et qu'il marche devant elle comme un écuyer.
3 MARS. — M. le comte de Clermont est dans la désolation et ronge son frein à Berny. 11 est positif que la petite Le Duc lui a donné son congé. Le motif de la querelle vient de ce que le Prince voulait qu'elle quittât l'Opéra, et la petite fille lui a signifie qu'elle voulait y rester. Les reproches de la part de l'amant ont suivi ce refus ; la demoiselle s'est retranchée sur l'ennui, dont elle était dévorée depuis qu'elle était sa maîtresse. Les gros mots et les menaces ont succédé. Ces procédés ont aigri U demoiselle; elle a profite de l'abicnce du Prince pour renvoyer tous les domestiques qu'elle tenait de lui et pour lui mander qu'elle ne voulait jamais le revoir. On dit que la petite Clairon pourra bien consoler M. de Clermont des riguews de Mlle Le Duc.
4 MARS. — On dit que M. de Clermont a fait la paix avec M**« Le Duc, et que tout est raccommodé.
29 MARS. — On disait hier à l'Opéra que M. le comte de Clermont ayant été en danger, une personne qui lui est fort attachée l'avait mvité à songer à sa conscience et i faire venir un
confesseur. Ce prince avait répondu qu'il y consentait et qu'il en allait donner Tordre. Un moment après, il parla à l'oreille de
l*un de ses pens, et au lieu de confesseur, l'entrée de son appartement fut donnée à la demoiselle Le Duc, à qui il dit qu'elle lui tiendrait Heu du confesseur qu'on lui avait proposé. Toutes CCS anecdotes qui se débitent, vraies ou fausseS| font le plus , mauvais effet du monde.
4 AVRIL. — Les fdles de l'Opéra donnent pour cause de la maladie de M. le comte de Clermont qu'il s'est épuisé avec sa maîtresse; étant bien informées, disent-elles, qu'il a poussé Teffort amoureux jusqu'à la caresser deux fois dans un mois, ce qui ne lui était jamais arrivé.
26 AVRIL. — M. le comte de Clermont n'est pas encore à la veille d'être guéri, dit-on, parce que la maladie se trouve compliquée par un soupçon de virus qui s'est répandu dans la masse du sang et qui demande du temps pour s'expulser entièrement.
9 Mai. — Mlle Le Duc a été hier à la Comédie-Française avec son amant. Le public ne s'accoutume point à voir qu'un prince du sang se donne ainsi en spectacle ; les étrangers en badinent tout bas, et l'on cst étonné quô le roi n'en dise pas son sentiment.
[Jauraal de police — 1 745 •)
GRAXo*** AITRS L'OUDKB HAÇOKHIQUB
décembre 1743).
Après la mort du duc d'Antîn, premier Grand- Maître, le comte de Clermont fut élu, par les
sëconûë pastis
Loges de Pam assemblées, chef suprême de la Franc-Mftfoimerie française.
Nous réunissons de suite les notes relatives &
son administration, qui ne païaît pas avoir été des plus florissantes. Son successeur, le duc de Char» très, dut opérer une réorganisation compidte d*a-
près laquelle s'est constitué définitivement le Grand Orient de France.
DÉCEMBRE 174^ — Paris étant la métropole de la Franc- Maçonnerie, la mort du duc d'Antin rendit nécessaire la nom!-nation d un nouveau Grand-Maitrc. Le 1 1 décembre (^74?), les Loges de Paris s'assemblent et fixent leur choix sur un prince du sang royal, Louis de Bourbon, comte de Clermont. Quelques suffrages s'étaient portés sur le prince de Conty et stir !e maréchal der-Saxe.Le Grand-Maitre accepte son électioa qui avajt été confirmée par les Loges des provinces.
^ Le 27 décembre, le Qouveau Grand-Maitre est instailê dans
une réunion solennelle.
C'est â cette époque qu'on peut rapporter l'existence légale i et authentique de la GrandeLoge de France (jui s'intitula Grande Loge anglaise de France.
1744. — Le prince de Clermont, Grand-Maître de Tordre en France, abandonne les Loges à elles-mêmes ; il néglige les assemblées, et nomme pour le remplacer M. Banre, banquier. Ce substitut cesse de réunir les membres de la GrandeLoge; il en résulte des désordres qui se prolongent pendant quelques années. Cette période est celle des constitutions illégales, des faux titres , des chartes antidatées délivrées par de prétendus Maîtres des Loges OttiabriqnéespardesLégesqais'sttnbaà-
PREMIÈRE PÉRiODB
rent une origine extraordifijiire qu'elles ârent remonter à i ^oc ou à 1600.
1745. — La Grande Loge institut? le 20 octobre un Atelier sous le titre de LogB ât k Chambre du Roy, Orient de Paris* Elle était exclusivement composée des officiers attachés a» personnel de Sa Majesté. On remarquait parmi les membres un aumônier du roi et plusieurs capucins,
1754. — L'état âcheui où se trouve l'institution par Padmission dans nos différents grades d'une foule d'individus sans mérite détermine le chevalier Bonneville à instituer un chapitre de hauts grades sons le titre de Châj^i de CkrmiU. Bientôt un grand nombre de Maçons distingués s'y réunissent. Li'rfitlmt Templier devient le régime du nouveau chcpHre.
1756. — L'ordre franc-maçonnique en France était déjà tourmenté et envahi par les systèmes de rites et de grades étrangers. Dans l'espérance d'arrêter cette dangereuse influence, la Grande Loge, malgré l'état de stupeur où l a jetée l'administration de Lacorne (substitut du comte de Clermont), fait solennellement l'abandon du titre de Grande Loge anglaise de France pour prendre et porter uniquement celui de Grande Loge de France. Ce changement de titre ne modifia en rien la situation fâcheuse de la Maçonnerie; Tindépendance des Maçons turbulents continue
762. — Le Grand-Maitre écoute enfin les plaintes qui lui étaient portées contre son représentant Lacorne. Il le destitue de ses fonctions de Substitut particulier et nomme pour le remplacer en qualité de Substitut général M. Chailiou de Joinvîlle. Ce choix est génémlcment approuvé. La réorganisation des travaux amène de nouveaux règlements, de nouvelles constitutions pour rétablir runion, et un perfectionnement général du système maçonnique.
177a. <^ (Jd grand et éoutoaim événement va changer
IJ^ SKCONDE PARTIE
réut des choses. Le comte de Geraiont éUBt mort, k grande Loge se réunit. Les assemblées se passait en projets de réorganisation. On procède à l'élection du GrawMilaltre, et le duc de Chartres est nommé â l'anammitè. Ce prince succède à son cousin.
{Précis chronologique de la Franc-MaionnerU en FranuJ)