PREMIÈRE PARTIE
Tapais bien prépu que pas anciennes fredaines, le peu de circonspectiofi que vous ape^, et la manie d'une philosophie que pous sabrei à votre guise, pous feraient tort dans t étabUssement apontageux que je traitais pour pous, M. Moufle via apporté, il y a quelques jours, un libelle contre pous qui lui a été donné par toute sa famille, afin de lui faire pair combien il y aurait de cruauté à un père éC abandonner sa fille au paupoir de quelqu'un si extraordinaire, si mal pensant et si irrégulier dans sa conduite que pous. Dans ce bel écrit, on fait le détail circonstancié de potre répugnance pour la guerre, et de tout ce que pous ape^ fait pour quitter ce métier afin de pous abandonner à une pie obscure et crapuleuse, d'ail ton conclut que si tôt que pous pourre:^ vaincre votre attachement pour moy, seule chose qui vous co?î tienne, vous vous abandonnerez à ce même genre de pie, que pous y entrai-
LETTRES INÉDITES
nerei( votre femme, et que vous [abandon-
nerei si elle pense asseï bien pour ne pas vouloir se prêter à votre volonté sur cela; ensuite, que vous ne connaisse^ en femmes que des filles, en gens de condition que des écerpelés, et en bourgeois que des musiciens, lesquels seuls ont votre vénération et votre estime; que vous êtes toujours mis , comme un fol et comme un bandit, sans contenance, sans considération, vous piquant d'être extraordinaire, et faisant gloire d'être hué partout ; qu'enfin vous aime( à saisir les ridicules de tout le monde, à en faire des gorges-chaudes, et que ceux qui s'allieront à vous seront les premiers à essuyer vos coups de patte.
Voilà, en gros, ce que contiennent les réflexions que l'on a fait faire à M. Moufle, et ce que sa famille a dit, pour faire voir que son éloignement pour vous étoit fondé. Ils ont même ajouté à cela quil était inconcevable tous les chagrins que