On trouvera cette lettre à l'appendice
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sens contraire. Non content d'aller contre les instructions royales, U les discutait et condamnait ayec dédain. Les Hémoires ne rapportent pas tout ce qu'il dit et écrivit alors, mais que de passages cependant y dénoncent le parti pris d'abaisser le Roi 1 N'est-ce pas, en effet, le Roi lui-même que frappe et veut frapper M. de Falloux quand , dans ses conseillers les plus intimes et les seuls écoutés, il dénonce des es« prits étroits et malfaisants, des aveugles parmi lesquels on peut rencontrer çà et là un borgne ? a Les bommes qui nous jugent si étrangement, écrivait-il à Berryer, ne sont coupables que par V intelligence,.. Quand Vincapacité s'élève par ses résultats, aux proportions de la trahison, trop de ménagement pour elle devient de la complicité » (t. II, p. 175). Et pour ne pas être complice, il ne ménageait ni <c l'entourage » ni le Prince qu'il accuse à mots peu couverts àHnfirmité de jugement. <c Vous avez probablement raison, lui répondait Berryer; oui, Monsieur le comte de Chambord a de grosses écailles sur les yeux. » Puis, le grand orateur, qui n'avait pas de haine et tenait plus à parler qu'à gouverner, ajoutait bien vite : <c Mais dès qu'il tou-
chera le sol de la patrie, ces écailles tomberont, et vous verrez un beau règne. )>
M. de Falloux n'avait pas de ces retours ou de ces remords ; il détestait le Prince, voyant en lui non seulement un homme qui ne rappréciait pas, mais aussi un roi qui voudrait être le maître. Ce dernier sentiment est marqué en maints endroits des Mémoires. M. de Falloux, qui s'était indigné qu'à trente ans le comte de Chambord eût voulu prendre la direction de son parti, le condamna définitivement comme un esprit inquiety exclusifs quand il désespéra de trouver jamais en lui l'homme du régime parle'mentaire. Cela est bien expliqué à la page 196 du second volume des Mémoires d'wn royaliste. C'est dès 1852 que M. de Falloux s'en prit définitivement au Roi. Jusqu'alors il n'avait vu en lui qu'un prince sans discernement, se laissant mener par des courtisans d'une « ignorance invincible » ; mais à partir de cette date, le comte de Chambord « sembla, dit-il, démasquer un certain absolutisme tenu en réserve, et il affecta de ne plus demander de conseil à personne, ce qui est pire que d'en demander/ quelquefois à de mauvais conseillers ».
Il n'est pas certain que le Prince ne voulut plus de conseils, mais il est certain que M. de Falloux voulait être conseilleur. Il cite de nombreuses pages des diverses consultations qu'il rédigea de 1850 à 1862, en vue d'éclairer son Roi. Toutes ont un cachet de suffisance et d'impertinence très inarqué. En même temps qu'il faisait passer à Frohsdorf des avis qu'on ne lui demandait pas, il continuait d'entraver de son mieux la politique royale. C'était le chef de la faction des royalistes parlementaires et insoumis. — Soyez candidats malgré le Roi, disait-il, en substance, à ses amis, et si vous êtes élus, prêtez serment de fidélité à l'empereur : cela n'engage à rien.
M. de Falloux n'eût pas été lui-même si, dès que l'on s'occupa de la fusion, il n'avait pas lâché le drapeau blanc. Nul, parmi les royalistes, n'accepta d'un cœur plus léger cet abandon. Aussi, lorsqu'en 1856 on travailla de nouveau à Tunion des deux branches de la maison de France, l'opinion en fit-elle l'entraîneur des légitimistes qui au panache blanc d'Henri lY voulaient substituer la cocorde tricolore, et on l'appela le chef des cocardiers. Il montre dans
ses Mémoires que ce sobriquet l'agaça. Mais il importait peu que M. de Falloux et nombre d'autres reniassent le drapeau blanc si le Roi prétendait le garder. Eh bien ! on sortirait de l'impasse en forçant la main au Roi ; xon l'engagerait malgré lui. Et cela fut tenté. On conta dans les salons, on écrivit dans les journaux que le comte de Chambord acceptait le drapeau tricolore. La Gazette de France releva ces bruits et y dénonça l'œuvre de M. de Falloux. De là une assez vive polémique. M. de Falloux nia qu'il eût écrit ou dicté l'article où un journal royaliste ^ avait dit : (c Le roi abandonne le drapeau blanc. )) La Gazette l'accusa d'équivoquer et maintint qu'il avait inspiré ce qu'il déclarait n'avoir pas fait.
Tant que le débat resta entre la Gazette et M. de Falloux, celui-ci, qui savait payer d'audace, fit bonne contenance. Mais un mot trop hardi donna la parole à M. Léo de Laborde, ancien député et ancien membre du comité royaliste central. C'était un homme ardent et d'une loyauté reconnue. II accusa formellement M. de