L* Union de V Ouest
VOUS. Elle nous oblige, en outre, à vous répondre et par conséquent à nous défendre en vous attaquant un peu aussi ; car nous ne pouvons pas ou passer silencieusement condamnation, comme nous l'avions fait sur votre première semonce indirecte, soit discuter des noms propres, mettre en jeu des amours-propres, ou publier l'adhésion de l'évêque et les lettres confidentielles des curés sur les personnages et en faveur des personnages mêmes que vous croyez peut-être les plus éloignés de vous. Croyez bien que le 24 Février, qui a bouleversé tant de choses, a plus probablement ramené à la vérité et à la liberté M. Tissié ou M. Dutié, qu'il n'en a éloigné M. de Quatrebarbes ou moi-même.
Veuillez donc ne pas juger de trop loin et par conséquent trop injustement, cher Monsieur, les difficultés que nous déplorons comme vous, et que nous ne cherchons à combattre autrement que vous, que parce que nous sommes sur le terrain même de la lutte, et que nous en avons étudié les plis avec un immense désir d'en tirer le plus de ressources possible.
Votre bien dévoué de cœur,
A. DE FALLOUX
Les faussetés abondent dans cette lettre :
1* L'accord n'était pas aussi complet que le disait M. de Falloux entre lui et le comte Théodore de Quatrebarbes ;
2* 11 affirmait avoir Yadhésion de Tévèque, et il en avait, au contraire, essuyé un refus ;
3^ Il donnait ï, entendre que d'anciens libéraux libres penseurs avaient pris des engagements qui leur mériteraient la confiance des catholiquesi et il n'en était rien.
Dans sa lettre du 8 avril 1848, à Louis Veuillot, M. de Falloux parle de manière à faire croire que le comte Théodore de Quatrebarbes et lui avaient alors, au sujet de la République et de la campagne électorale, une attitude identique. C'était faux. M. de Quatrebarbes acceptait momentanément le fait accompli, mais restait ouvertement royaliste et affirmait ses principes religieux. M. de Falloux, au contraire, se déclarait républicain et mettait en poche le drapeau catholique.
Cette différence fut très marquée d'abord dans la réunion électorale oii tous deux posèrent leur candidature, ensuite dans l'appel aux électeurs que publia leur comité, et dont chacun d'eux avait rédigé ou revu la partie qui le concernait.
La note suivante, que je tiens de bonne source et sous la garantie de deux auditeurs, dit quel effet produisit, sur les royalistes et les républicains clairvoyants, le
discours que prononça M. de Falloux à la réunion électorale.
... J'ai suivi Falloux de très près en Anjou depuis 1848 et entendu son discours au Palais des Marchands, après le magnifique exposé de Théodore de Quatrebarbes en faveur de la monarchie, exposé dont Falloux, dans ses Mémoires, rend un compte des plus obscurs et des plus mensongers. Quatrebarbes fut vivement applaudi, et les républicains eux-mêmes étaient charmés de la franchise de son langage. Falloux parla le second, afin de corriger ^ disait-il, le royalisme trop apparent contenu dans ce discours, et le dernier passage de sa harangue fut celui-ci : Si jamais le Roi revenait^ il ne serait que le président de la République.
Derrière moi se trouvait Bordillon ( préfet de la République) qui dit à haute voix : (c Au moins M. de Quatrebarbes parle avec franchise et ses convictions méritent l'estime ; quant à Tautre, c'est un saltimbanque. »
M. de Falloux, auquel on rapporta certainement que Bordillon, après l'avoir entendu au Palais des Marchands, l'avait traité de oc saltimbanque », dut en outre, une fois ministre, connaître le rapport où ce préfet.
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homme d'esprit, mais d'allures peu civilisées^ faisait de lui le portrait que j'ai donné dans mon introduction. On n'en peut guère douter quand on a lu, dans les Mémoires éTun royaliste, les lignes où il se venge du citoyen-préfet Bordillon.
Voici maintenant les notices par lesquelles le comité qui portait M. de Quatrebarbes et M. de Falloux les recommanda aux électeurs :