‹ Le comte de Falloux et ses mémoiresChapitre 6 sur 30 · XVIII 1 INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII 1 INTRODUCTION

grande que fût son aadace, jamais il ne songea, jamais il n'aarait pu songer à publier cette œuvre déloyale quand le comte de Chambord, Louis Yeuillot et le cardinal Pie vivaient. Et même, après leur mort k tous trois, il continua de rester muet. Non, non, le comte de Falloux ne voulut pas répondre de son livre, et il en chargea sa mémoire pour n'en pas charger les dernières années de sa vie. Si des questions personnelles, touchant, d'ailleurs, à des intérêts d'ordre général, occupent une assez grande place dans mon travail, il s'en faut de beaucoup qu'elles y dominent. Je mV étends particulièrement sur les affaires de Rome, à l'époque où M. de Falloux fut ministre, et sur la loi de l'enseignement, dite loi de 1850. J'y montre aussi quels furent le rôle et l'action de l'auteur des Mémoires au double titre de royaliste parlementaire, contempteur du comte de Chambord, et de catholique libéral, fier de la pleine défaveur du Pape comme de la pleine disgrâce du Roi. Ce n'est pas M. de Falloux qui eût renié l'école du libéralisme impénitent ! Il a , au contraire, partagé jusqu'à la fin cet avis de Montalembert : (c Je dirais volontiers des entreprises engagées par les catholiques libéraux, depuis Chateaubriand

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jusqu'à nos jours/ ce qu'on a dit des croisades : chacune prise en soi a échoué, mais toutes ont réussi. Une opinion catholique et libérale s'est fondée ; elle existe partout , elle grandit chaque jour un peu ; elle envisage avec fierté les luttes passées, avec fermeté les orages du présent, les efforts et les sacrifices que nous imposera l'avenir*. »

M. le marquis de Castellane a tort néanmoins de faire du comte de Falloux le chef de cette école, orgueilleuse et insidieuse, douce à Terreur et toujours armée contre les catholiques qu'elle qualifiait d'intransigeants. Il en fut seulement le meneur sans scrupules et le fauteur passionné. Je l'ai montré au cours de ce volume ; j'en donne à l'appendice une preuve de plus, et j'y complète la physionomie du royaliste parlementaire. On y apprendra que M. de Falloux, sûr de la pureté de son intention, comptait sur ses erreurs elleslùèmes pour se faire ouvrir la porte du ciel.

On voit, par les Mémoires, que M. de Falloux les rédigea ou les revisa après que le comte de Chambord lui eut définitivement fermé sa porte.

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