XXVIII NOTE
près de lui, d'avoir été de moitié dans ses secrets, et de me dire : Il m'a traité comme un ami, il m'a toujours nommé son frère.
> Achille Gollin. >
Un autre poète , car la lettre que vous venez de lire est tout empreinte de poésie, — la poésie n'estelle pas la langue du cœur ! — Adolphe Dumas, qui a eu le douloureux privilège d'assister aux derniers moments de Frédéric Soulié, rend compte de son agonie on quelques mots adressés, peu d'heures après la mort du poète, à l'un des journaux du soir :
c Soulié s'est vu mourir, ou plutôt son âme a vu mourir son corps avec une tranquillité lucide, qui ressemble à tout ce qu'on a écrit sur la mort des justes. Voici ses dernières paroles : < J'aurais bien besoin » de vivre pour être reconnaisisant; Béraud, ayez soin » de mon vieux père. Voici des vers que je compose » pour vous tous ; écrivez-les, CoUin. Faites approcher » cet enfant, faites-le mettre à genoux; c'est un en- » seignement pour lui. Je n'ai jamais écrit contre la » religion; si je l'ai fait quelque part, c'est par légè- » reté. Merci, mes bons amis! vous êtes tous là, je » vous vois bien tous. J'ai les pieds trop chauds. — » Mais, mon ami, vous aurez froid. — Tant mieux, la » mort viendra plus vite. — Vous voyez bien que vous