SUR FREDERIC SOULIÉ XXIX
> avez froid. —Non, je suis mort. > Voilà son dernier mot, et ce que la mort a permis pour nous consoler et pour nous persuader de l'immortalité de cette âme.
> Les biographies vont commencer pour l'histoire de cette vie laborieuse, qui a débuté par Roméo et Juliette, et qui finit par des vers à son dernier soupir, et nous recueillons aussi cet enseignement, à cette heure toute troublée, que la France vient de perdre sans doute un grand poëte qui n'a pu l'être.
> Ses souvenirs de Bornéo et Juliette lui ont fait écrire les Amants de Murcie; plus tard, à quarante ans, il était fidèle à sa poésie et à ses amours de jeunesse; et, s'il n'a pas été le poëte qu'il voulait, il l'a dit dans les Mémoires du Diable, c^est qu'il avait eu horreur de la misère^ et que sa plume était trop riche pour mourir de faim.
» Adolphe Dumas. »
Nous n'avons rien à ajouter à ces lettres touchantes, écrites sous l'impression des derniers adieux. Qu'on nous permette quelques lignes biographiques.
Frédéric Soulié est né avec ce siècle, qui sera fier de le compter au nombre de ses plus glorieux enfants. Il était fils de M. Melchior Soulié, tour à tour directeur de l'enregistrement et des domaines à Rennes et à Nantes, où le jeune Frédéric fit ses études. Son père le fit entrer en qualité de commis dans l'administrais.