‹ Le comte de FoixChapitre 4 sur 26 · XII NOTE · texte numérisé non relu

XII NOTE

» Les œuvres de Frédéric Soulié ne périront pas. Ce qui leur manque quelquefois, p'est la correction, la perfection de la forme; mais la création, Tinvention de l'œuvre, rétude des caractères, l'agencement des scènes, la combinaison des effets, ce sont là des qualités que Frédéric Soulié réunissait au plus haut degré; ce sont ces qualités qui lui ont fait une réputation si populaire, si incontestée. Il prend son lecteur à Touverture du livre, il s'empare de son spectateur à l'exposition du drame; il le charme, il le captive, il le tient en suspens sous les poignantes impressions de la pitié et de la terreur pendant cinq actes, dans l'espace de dix volumes, et il ne le. quitte au dénoûment que rempli d'émotions profondes et ineffaçables. Dramaturge dans ses romans et romancier dans ses drames, il est toujours poëte, et l'on sent dans tous ses écrits comme le souffle de son âme rêveuse et mélancolique. On l'a comparé à Lewis, à Mathurin, ces deux poètes romanciers de l'Angleterre; mais Frédéric Soulié était essentiellement Français par l'esprit, qui est la langue universelle de notre pays à toutes les époques, et qui, dans la nôtre, par malheur, trouve plus de gens qui la parlent que de gens qui la comprennent.

» Honneur au poëte, au dramaturge, au romancier qui a consacré toutes ses pensées, tous ses instants aux lettres; qui s'est détourné des voies arides de l'ambition pour n'avoir qu'une seule ambition, celle du succès littéraire; qui a servi les mœurs publiques par

Page 1