‹ Le comte de FoixChapitre 6 sur 26 · XVI ROTE · texte numérisé non relu

XVI ROTE

le plus imposant spectacle que Thomaie puisse offrir à rhomme : celui d'une âme pure qui se ravive dans toute son éclatante lumière, qui semble rejeter loin d'elle tous les liens de la matière, d'une âme face à face avec son Dieu, empruntant d'en haut d'étonnantes paroles pour apprendre aux autres comment il faut mourir.

» Certes, après la lettre de mon digne et excellent Achille Collin, lettre qui est tout simplement un chefd'œuvre de délicatesse et de sentiment, de cette poésie déchirante qui part du cœur, je pourrais me taire, et vous relire seulement ce touchant récit. — Mais j'ai aussi un devoir à remplir, et peut-être écouterez-vous avec l'intérêt de l'amitié fraternelle quelques autres détails sur cette mort si digne d'une belle vie.

(Ici, M. Béraud raconte les détails de l'agonie de Frédéric Souhé, détails que nos lecteurs pourront lire dans la lettre de M. Collin, qu'ils trouveront plus loin, page XXI.)

» Alors, commença si je puis dire ainsi, continue M. Béraud, son agonie poétique, force miraculeuse qui se développait cinq minutes avant la mort, inconcevable puissance, récit presque incroyable auquel vous voudrez bien croire cependant, car j'en fais le serment, ceci est vrai, comme il est vrai que Frédéric était l'homme d'honneur par excellence.

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