Défense de M. de Frontenac
FRONTENAC ET DUGHESNEAU 165
est dans l'attitude même de l'intendant Duchesneau, dont la violence et la jalousie se voilaient sous des affectations de dévouement.
La Hontan * s'exprime en termes très vifs sur la manière dont a une ligue ecclésiastique » se serait servie de Duchesneau contre Frontenac. Nicolas Perrot, dont le témoignage est assurément impartial, déclare aussi que l'intendant, comme d'ailleurs le gouverneur, fut victime « des mauvais avis qu*on lui donna » ' : nous pouvons nous demander de qui Frontenac acceptait les conseils; mais pour ce qui concerne Duchesneau, le doute n'est pas possible; il suffit de lire la lettre où l'abbé Dudouyt parle de son retour en France : « Gomme il n'a agi et souffert, en tout ce qui s*est passé, que pour satisfaire aux devoirs de sa charge, il eu est d'autant plus louable devant Dieu et devant les hommes^. » Iln'y a pas à s'y tromper; c'est l'oraison funèbre d'un ami, d'un ftmi qui fut docile autant que l'adversaire était récalcitrant. £n révoquant Duchesneau, le ministre a voulu, déclare le grand vicaire, sauver le principe d^autorité, mais le fait seul du rappel du gouverneur justifie la conduite de l'intendant. — Ce fait pourrait encore prouver deux choses : l'inclairvoyance de l'intendant et l'habileté supérieure de ceux qui jouaient de lui : le parti du Canada-mission venait de gagner une nouvelle bataille.