‹ Le comte de FrontenacChapitre 16 sur 358 · Margry, 1, 102 ss · texte numérisé non relu

Margry, 1, 102 ss

sances scientifiques pouvaient servir à guider rexpédition. Gallinée, historiographe du voyage, assure que La Salle s'engageait u à Tétourdie, sans savoir quasi où il allait », ignorant la langue iroquoise qu'il prétendait connaître *. Cette exploration a un caractère tout privé; La Salle veut trouver une route vers la Chine; les Sulpiciens sont heureux de participer à une découverte où, peutêtre, ils devanceront les Jésuites; mais Gallinée nous dit lui-même que, dans la précipitation de son départ, il ne put avertir ni Tévèque, ni le gouverneur, et peut-être ceux-ci ne connurent-ils que plus tard les projets de La Salle et de Dollier; en novembre 1669, Patoulet, qui remplaçait Talon absent *, écrit à Colbert à leur sujet : « l'entreprise est aussi difficile que douteuse, mais le bon est que le roi ne fait point de dépense pour cette prétendue découverte ». Le gouvernement du Canada n'avait donc ni préparé, ni encouragé cette expédition, que Ton doit distinguer avec soin du voyage commencé par La Salle en 1670, sous les auspices de Talon '. Ce n'est pas ici le lieu d'étudier en détail Titinéraire de La Salle et des Sulpiciens; il suffira de rappeler que ceux-ci laissèrent leur compagnon, malade, vers Textrémité occidentale du lac Ontario*, puis, après avoir pris possession au nom du roi des terres du lac Érié (octobre 1669), remontèrent avec Jolliet au Saut-Sainte-Marie, d'où ils descendirent sur Montréal au milieu de 1670. C'est par eux, sans doute, que Talon fut édifié sur les causes du retard de Péré.

Qu'avait fait La Salle, pendant cette année? Nous n'avons de précis sur lui qu'un mot de Nicolas Perrot % qui déclare l'avoir rencontré dans Tété de 1670, chassant sur l'Ottawa, avec cinq ou six Français et dix ou douze Iroquois. Ce témoignage, très digne de foi, nous permet d'emprunter quelques renseignements en concordance à un document, d'ailleurs suspect, que Margry n'a point voulu publier ^ sans noter ses scrupules. Après avoir quitté les

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